‹ SchützChapitre 10 sur 146 · Ibid. y p · texte numérisé non relu

Ibid. y p

5. C. von Roimnel, ouvr. cité, p. 4°8, et Forkel, Allgemeine Geschichte der Musik , I, pp. 348 et 35o.

LA VIE

clcr Gelehrte. Il n est point de difficulté de métier, cjui, sous su direction, ne soit considérée connue un problème, et traitée par raison. Les parents de Schütz, qui ne l’avaient accordé à l’art, que par amour de la science, devaient se réjouir de voir que la musique était enseignée à leur fils, comme une partie des mathématiques. De plus, on lui apprenait les langues anciennes, et les langues modernes. Georg Cruciger était maître de latin et de grec ; un certain le Doux, né auprès de Genève, était maître de français1. Les élèves de l’école de la cour témoignaient en public de l'excellence des leçons qu’ils avaient reçues. En 1602, ils jouèrent une comédie écrite en latin, en allemand, en grec, en italien, en français, et en esclavon2: ce fut sans doute par eux aussi que fut représentée en 1604 la pièce française de le Doux, Tobie 3. Dans le même temps, Maurice avait une troupe d’acteurs anglais: dès 1094, ils avaient séjourné à Cassel ; en 159O,

1. C. von Roramel, ouvr. cité, p. 4;5 et p. 477. Il y avait des chœurs et de la musique instrumentale dans les pièces que le landgrave faisait jouer. Voyez la préface de YEsther de Hermann Fabronius (1600) et l’étude citée de M. Zulauf p. 92 et p. 93.

2. A oyez 1 art. d Alb. Duncker, Landgraf Morilz von Iles sen und die englischen KomOdianten ( Deutsche Rundschau , XLVIII, 1886, p. 262).

3. C. von Roramel, ouvr. cité, p. 477. En i6o5, Maurice eut un théâtre, construit à l’antique (C. von Roramel, p. 3gq, Duncker, p. 268).

quand la reine Élisabeth fut marraine de la fille du landgrave, le comte Lincoln, qui la représentait, était accompagné des comédiens Robert Browne et John Webster. Depuis 1692, ces artistes anglais parcouraient l’Allemagne : comme leurs devanciers de 1 586, qui étaient venus par le Danemark, ils entremêlaient leurs spectacles de musique et de voltige, voyageant pour « exercer leurs qualité/ en faict de musique, agilitez et jœuz de commedies, tragédies et histoires » i. C’étaient sans doute les pièces de Marlowe, peut-être de Kyd et de Robert Greene qu’ils représentaient. Leur musique était lame use. Quand Richard Machin 2 s’annonce, avec ses confrères au magistrat de Strasbourg, en mai t6o5, il a bien soin de dire qu’ils ont servi Maurice pendant quatre ans, et que cette longue faveur a été due, pour beaucoup, à leur musique, « telle qu’il faudra longtemps pour trouver la pareille ». Les musiciens étaient nombreux dans ces compagnies ambulantes. On avait admiré, à Münster, la richesse de l'orchestre que l'on entendit au spectacle donné par les Anglais, en

1. C. H. Diesch, Die Inszenierung des deutschen Drainas an der IVende des sechzehnten und siehzehnten Jahrhunderts , 1905, p. 33.

2. Une pavane de Machin est dans le livre de luth de Joannes Thysius ; voy. l'art, de Land [Tijdschrift der Vereeniging voor Noord-Nederlands Muziekgeschiedenis , 11. 1887, p. 309).

LA VIL

1601. Il y avait des luths, des cithares, des violes et des flûtes, et d’autres instruments encore1 : il semble que, dans cette diversité, s’annonce déjà ce que Michael Praetorius décrira sous le nom de « Consort anglais », agréable symphonie où sont associés « le clavecin, la lyre, la harpe double, les luths, théorbes, pandores, cithares, le penorcon, la viole de gambe, le dessus de viole, la flûte, et un trombone doux ou le Racket1 ». C’est une harmonie bigarrée que nous retrouverons dans certaines œuvres de Schütz : les musiciens anglais du landgrave lui en avaient peut-être, les premiers, donné le goût8.

D’autre part, les maîtres de la chapelle du landgrave formaient leurs élèves à la pratique d’une musique plus sobre, vigoureuse cependant, et retentissante. Valentin Geuck avait laissé une collection de motets à 5, 6 et 8 voix, qui fut publiée après sa mort \ Georg Otto, son succès-

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