Decas prima , i652, n
L’ŒUVRE
les désirs de lame éprise de son Dieu1, et il serait facile de réunir d’autres témoignages de l’admiration que ses compatriotes eurent, pour ces concerts, dès qu’ils parurent.
Il faudrait étudier longuement ces recueils, où, bien souvent, l'invention du musicien se répand comme à la source, sans que les exigences de la technique la troublent ou la ralentissent. Certaines pièces ont la même fraîcheur que s’il les avait tirées telles quelles d’un « cahier d’esquisses », où il eût noté à la hâte les improvisations de son génie. Cependant, meme dans les eilusions les plus libres, on reconnaît la préméditation d’un plan. En beaucoup de « concerts », elle se trahit non seulement par ces évolutions déterminées de la tonalité, que nous avons déjà signalées, mais par une division très précise du discours ; soit que le changement de rythme en indique le partage, soit qu’une sorte de refrain soit placé entre les différentes périodes. Lorsque, à l’exemple des Italiens *, Schiitz répète après chaque strophe, en plusieurs de cescompositions, un alléluia , cet alléluia sert non seulement à l’expansion du lyrisme purement musical, mais
X. Deuterolohos, i656, n» n. Cf. Schütz, 6° vol., ie partie, u° 3o ( Quemadmodum desiderat cervus).
2 Yiadana, dans ses « concerts sacrés », Caprioli, dans scs Sacrae cantiones, 1618. J. Brusco (cité par Schonsleder), Al. Grandi, divisent ainsi leurs motets.
assure l’équilibre de Fédifice musical. Ce goût de la symétrie se manifeste, également, dans la première et dans la seconde partie des « petits concerts spirituels » ; et Ton dirait qu’il est aussi naturel à l’auteur de les ordonner selon de justes proportions, que de les animer par des mélodies alertes ou Louchantes1.
Plusieurs années s’écoulèrent avant que des œuvres plus considérables parussent à la suite de ces compositions où Schütz ne prétendait montrer que les « avant-coureurs »2 de ses grandes publications. Il ne put donner la seconde partie de ses « symphonies sacrées »3 4, qu’en 1647 ; jusque-là, il avait été contraint, à cause du « malheur des temps », de les garder manuscrites, et on ne les connaissait que par des copies inexactes \
1. Il importe de signaler encore le Sei gegriisset, Maria (2e p., u° 28), où les instruments jouent une symphonie. Comparez cette pièce avec la scène d’oratorio que Grandi donne dans son Missus est Gabriel Angélus a Deo [Il primo libro de Motetti).