‹ SchützChapitre 26 sur 146 · c. von Rommel, ouvr. cité, p · texte numérisé non relu

c. von Rommel, ouvr. cité, p

2. Victor de Montbuysson était d’Avignon. Une Gaillard a de sa composition se trouve dans le Thesavrvs harmomcvs divini Lavrencini publ. par J.-B. Bcsard en i6o3 (fol. n4 a). Maurice n’admirait pas beaucoup la musique des français . la musique anglaise lui paraissait meilleure, et il mettait au premier rang la musique italienne (Zulauf, ouvr. cite, p, 08).

3 C. von Winterfeld, Dcr evangelische Kir chenge sang, 11, 1845, p. 199. Kn 1602, Hieronymus Praetorius avait dédié à Maurice sa composition sur le Magnificat. M Zulaut (ouvr. cité p. 9?) donne le titre d’un certain nombre de compositions dédiées au landgrave (Il s’y trouve une œuvre de Charles lessier, Paris, 1604 ; M. Zulauf ajoute, à cette mention, une note intéressante sur ce musicien peu connu p. 94. M. expert a fait revivre une partie de ces Airs et Villanellcs, d apres un exemplaire conservé à Paris).

LA VIE

A Cassel, on avait aussi de la curiosité pour les recherches des faiseurs d’instruments : en 1604, Hans von Ende, l’organiste de la cour, avait reçu l’ordre de mettre en bon état un Geigen werk , sorte de clavecin où les sons étaient prolongés1, et le condisciple de Schütz, Christoph Cornet, s’intéressait aux tentatives des savants et des artisans qui prétendaient constituer des instruments parfaits, dont le clavier comprît les trois genres, le diatonique, le chromatique et l'enharmonique 2.

Il ne fut pas donné à Schiitz de se partager longtemps entre la musique et la jurisprudence. Bientôt, il reçut, nous dit-il, l’avertissement décisif de Dieu, et cessa de se dérober à sa vocation. Le message lui vint de l’Électeur de Saxe. Jean-Georges Iür voulait célébrer magnifiquement le baptême de son fils Auguste ; mais sa chapelle, que l’on venait de rétablir en bon ordre, manquait de chef. Rogier Michael, compositeur

1. C. von Rommel, ouvr. cité, p. 406. Il s’agit sans doute de l’instrument inventé par llans Heyden de Nuremberg (même ouvr., p . 404) et décrit par Mich. Praetorius ( Syntagmatis musici... tomus secundus , p. 67) sous le nom de Geigcn-Cla vicymbel : pour Praetorius, cet instrument a le grand avantage d’être expressif (il faut lire tout ce passage). Un tel « clavecin de violes » a été retrouvé dans les collections de l’Escorial (E. Van der Straeten, La musique aux Pays-Bas avant le XIX e siècle , 6° vol., 1882, p. 302).

2. Cornet avait vu cet instrument en Italie (Praetorius, Syntagma niusicum , t. II, p. 66). Praetorius connaissait le « clavecin universel » de Cari Luython (p. 63).

de mérite1 2, qui en avait le gouvernement, était trop vieux pour la diriger: Michel Praetorius le secondait un peu, à la vérité, et paraissait aux grandes fêtes, mais il servait le duc de Brunswick et ne pouvait, ainsi, présider aux exercices réguliers qui sont nécessaires pour discipliner un chœur et un orchestre. Quelqu un ~ désigna Schütz à l Électeur pour préparer ses musiciens à la fête, et les commander. Le 27 août 1614, Jean-Georges écrivait au landgrave Maurice, lui demandant qu’il lui prêtât son organiste ; Maurice répondit tout aussitôt qu'il y consentait (3 septembre), et Schütz pourvut à la « musique de table », tandis que Praetorius avait la haute main sur la musique d’église. Le prince lut baptisé au mois de septembre. Schütz regagna Cassel tout après la cérémonie, laissant l Electeur très content de ses services3. D'après ce qu il écrit,

1. Voyez le 5e vol. de la Gesch. der Musik d Ambros (Otto Kade), n° 54, et les Introitus Dominicorum dierum ac praecipuorum festorum à cinq voix, de i6o3 (Bibl. nat. Vin1 853).

2. Peut-être le conseiller Christoph von Loos, ou Gottfried von Wolffcrsdorfr, Cammerrath et Ifauptmann au service de la Saxe, qui résidait à Weissenfels ( Memorial de Schütz, p. 8o). En i6i3, d’ailleurs, Maurice avait visité l'Electeur avec sa chapelle (Romrnel, ouvr. cité, p. 4°6).

3. Dans un poème de Georg Pczold, on trouve quelques indications sur la musique d église, à six chœurs, de 1 raetorius ; pendant le repas, il y eut belle musique d instruments à cordes de toute espèce, et de quelques voix agréables (K .-A. Muller, Forschungen aufdeni Gebiete der neueren Geschichte, iro livraison, i838, pp. i37 et 142). La correspondance entre l’électeur et le landgrave, au sujet de Schütz, a été publiée

LA VIE

le prince lui proposa, sur-le-champ, de prendre la direction de sa chapelle ; cette offre, pour les parents du musicien, fut le signe certain de la volonté de Dieu, et il reconnut lui-même qu’une telle laveur l’engagea pour la vie A vrai dire, Schiitz simplifie un peu son histoire. Ce ne fut qu’au mois d’avril 1 6 1 5 que Jean-Georges fit savoir qu’il voulait placer Schiitz à la tête de ses musiciens, et il ne l’appelait que pour deux ans ; après ce temps, les élèves qu’il avait envoyés en Italie et en d’autres régions pour apprendre la musique, reviendraient le servir1. Maurice accorda aussitôt à son organiste un congé de deux ans, tout en regrettant ouvertement le départ de son « cher et fidèle Heinrich Schiitz » 2. Par une lettre du 28 août, il recommande, à l’Electeur, son musicien qui, écrit-il, s’efforcera de contenter son nouveau maître. C’est Schiitz lui-même qui porte cette lettre à Dresde3. Le landgrave se repentit bientôt d’avoir laissé partir Schiitz : au bout de la première année, il aurait déjà souhaité de le reconquérir. Le 16 décembre 1616, il déclare à Jean-Georges que le musicien lui est nécessaire ;

par Wilhelm Schàfer ( Sachsen-Chronik fur V ergangenheit und Gegenwart , iro série, Dresde, 1 8 5 4 » p. 5oa, dans l’art, intitulé Heinrich Schiitz ).

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