‹ SchützChapitre 27 sur 146 · Ibid., p. 5o · texte numérisé non relu

Ibid., p. 5o

on n’est d’ailleurs pas très loin du ternie fixé (il calcule d’après la date de la permission donnée à Schütz, non d’après le jour de son départ) et, comme ses enfants grandissent, il ne saurait se passer de lui pour diriger « leur éducation et leurs exercices ». Mais Jean-Georges s’attendait à cette demande : son conseiller Christopli von Loss l’y avait préparé, et il lui avait démontré qu’il agirait contre son intérêt en renvoyant Schütz à Gassel. Il est évident, remarquait-il, que si l’on veut maintenir la musique au point où elle en est aujourd’hui, aussi bien pour l’église que pour la table, il est impossible de se passer d’une « personne qui est bien exercée dans la composition, sait jouer des instruments, a l’expérience des concerts » ; à son avis, nul n’est digne d’être préféré à Schütz, et on aurait bien de la peine à le remplacer. Bien qu’il ait Praetorius à ses gages, l’Électeur n’ignore pas qu’il ne le sert qu’à distance, et n’est pas toujours libre de laisser, pour lui, la cour de Brunswick. Comment avoir, alors, ces concerts 1 à l’église, comment entretenir les études de la chapelle ? Aussi Christoph von Loss a-t-il préparé une réponse pour Maurice : afin d’éviter toute contestation pour l’avenir, on gardera Schütz à la cour de Saxe, et

i. Il semble, par là, que Schütz avait déjà introduit, à Dresde, la forme italienne du « concert ».

on nele renverra plus jamais à Cassel. L’Électeur approuva son conseiller, et, le ior janvier, pria le landgrave de lui donner encore une preuve de « cette affection dont il n’a jamais douté », et de renoncer à Schütz1. Il n’était guère possible de refuser un témoignage d’amitié à un prince aussi puissant que Jean-Georges, surtout quand il le réclamait avec tant d’insistance. Maurice céda, et de bonne grâce, se réjouissant de voir que « la personne et les services de Schütz étaient assez agréables » à l’Électeur pour qu’il désirât le garder près de lui, pendant un temps illimité; du reste, il avoue que le musicien est né sujet de l’Électeur, et tenu de le servir avant tout autre maître ; certes, il lui est pénible d’abandonner son organiste, qu’il avait fait élever et instruire, mais il juge que l’on ne saurait hésiter à payer « la faveur et l’affection » de Jean-Georges au prix d’un léger sacrifice, et il souhaite que Schütz accomplisse sa tâche en perfection, et que l’Électeur, en retour, et aussi par amitié pour le landgrave, le traite avec une bienveillance toute particulière (16 janvier 1617) 2.

Le mois suivant, Schütz partit pour Cassel, afin d’y recueillir ce qui lui appartenait. L’Élec-

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