W. Schàfer, ouvr. cité, p
Quelque temps avant le retour de Schütz, un musicien anglais, John Price, avait été admis à servir l’Electeur (2!} avril 1629). Il devait diriger la petite musique de la chambre ; on lui promettait 3oo thalers par an, et il prétendait Taire entendre de la musique à la manière française, à la manière anglaise et, au besoin, « à la manière italienne de maintenant, ainsi que cela se pratique* à la cour impériale, avec deux ou trois ins- . tmiméntistes, ou davantage » . Il était resté longt&nps à la cour de Wurtemberg, où il avait donné de tels concerts, avec ses deux beauxfrères (sans doute Johann et David Morell) *. Les musiciens de l'Electeur accueillirent sans doute assez mal John Price qui, si l’on s’en rapporte à Mersenne, jouait de la flûte ce à trois trous » avec beaucoup d’adresse2. En i632, il se plaignait de n’avoir pu encore accomplir ses desseins ; il avait tenté vainement de montrer qu’il avait du talent, devant ce ceux qui le savaient bien, mais 11e voulaient pas le savoir ». Il semble que Schütz était de ceux-là. Il lui paraissait sans doute condamnable d’entretenir une « petite musique », en ce
1. Muller, ouvr. cité, 173; Moritz Fürstenau, Zur Ce schichte der Musik und dos Theaters am Hofe zu Dresden , I, 1861, p. 73 : Jos. Sittard, Zur (Jesch . der Musik und des Theaters am IVürttembergischen Hofe , 1, 1890, p. 34 et p. 46.
*2. Harmonie univers elle, 1. V, des instruments à vent, prop. Y. p. 23a.
LA VIE 85
temps où il était si difficile de sauver de la ruine la chapelle de l'Electeur. Le trésor était épuisé par la guerre ; les musiciens, qui n’étaient plus payés, murmuraient et voulaient se retirer. En 1 63 1 , le maître de chapelle avait eu beaucoup de peine à calmer le chanteur Johann Hasselt, qui ne cessait, depuis longtemps, d’offrir sa démission et de réclamer ses gages. Cette obstination avait irrité l’Électeur, qui craignait que les autres musiciens ne lussent entraînés par Hasselt à l’imiter. 11 fallut que Schütz intervînt comme médiateur, prêchât la patience et rappelât que le serviteur imprudent avait « une voix excellente » ; il pourrait d’ailleurs se corriger des défauts qu’il avait dans la « manière et la prononciation », et il serait très regrettable de le perdre \
Schütz avait de bonnes raisons pour plaider en faveur de Hasselt. Il souffrait, comme lui, du mauvais état où étaient les finances de Jean- Georges Ier. On lui devait encore, en i63o, une partie de son traitement de 1628, ses gages de 1629, et quinze mois de pension pour les trois enfants de la chapelle qui vivaient chez lui1 2.
A ces soucis d’argent, s’ajoutaient d’autres
1. Sçhafer, ouvr. cité, pp. 435 et 436; Millier, ouvr. cité, p. 25 ; Haramerich, ouvr. cité, p. 94; Hagen, ouvr. cité, p. 16.