Fürstenau, ouvr. cité, p
En ce temps, d’ailleurs, Sclnitz était plus éloigné que jamais de composer pour gagner la faveur du public. Presque sourd, et affaibli par l’âge, il s’était entièrement retiré du monde, mais gardait un esprit actif1 ; ses méditations religieuses 11e se prolongent point alors en rêveries, mais lui inspirent des œuvres fortes, où il commente PÉcriture avec sobriété : la Passion selon saint Jean, qu'il achève à Weissenfels, au printemps de i665, et la Passion selon saint Matthieu, qu il donne en 1666. Et il s’entretient dans une sorte de lyrisme grave par la lecture des psaumes. En particulier, le psaume 119 le transporte. Il voudrait que bon chantât, pour ses funérailles, un motet composé sur le 54° verset de ce psaume : Cantabiles mihi erant justificationes tuae in loco peregrinationis meae. Comme il prévoit que sa mort est prochaine, et qu’il craint de ne plus avoir le temps ni la force de tirer cette musique de son esprit engourdi, c’est à son disciple Bernhard qu’il la demande, afin de la proposer en exemple aux jeunes artistes, séduits par les chants profanes des Italiens. Bernhard dut écrire ce motet dans le « style de contrepoint de Palestrina, pour deux soprani, alto, ténor et basse ». Schütz reçut cette œuvre en 1670 ; il la trouva