‹ Science de l'homme (volume 2)Chapitre 25 sur 67 · GLOIRE POUR LÀ NATION FRANÇAISE · texte numérisé non relu

GLOIRE POUR LÀ NATION FRANÇAISE

Il faut qu'une nation réunisse deux sortes de supériorité sur toutes les autres, pour être décidément classée comme premier peuple par lés historiens impartiaux. Ces deux genres de supériorité sont la supériorité militaire et la supériorité scientifique. Les Anglais et les Français sont, dans ce moment-ci, les deux peuples rivaux. Je veux croire que nous avons la supériorité mitaire, mais je ne puis me dissimuler que, sous le rapport

m'abuse pas au point de croire que ce soit avec des littérateurs que nous puissions lutter contre des colosses scientifiques tels que Bacon, Newton et Locke. Voici exactement quelle est mon attitude : j'ai un œil fixé sur les progrès que les Anglais ont fait faire aux sciences ; l'autre est dirigé vers le pays des découvertes. Déjà j'y ai aperçu des vérités dont l'analyse nous placerait infmiment au-dessus des Anglais. Mais l'analyse d'idées du premier degré de généralité exige un travail auquel un homme ne peut pas sufiire ; c'est pour cela que je vous convie de venir à mon secours. Dites-moi, mon cher Docteur, pensez-vous que si vous et moi, associés ad hoc avec quelques autres Français, nous parvenions 1"* à élever la physiologie au rang des sciences d'observation dans toute son étendue ; 2° à la faire admettre dans l'instruction publique ; 8*" à organiser la science générale, de manière à la rendre positive dans toutes ses parties ; 4** à réorganiser le corps scientifique européen, de manière à en faire le régulateur des prétentions des Français et des Anglais et à en former une digue assez forte pour contenir les ambitions nationales de ces deux peuples, nous aurions fait ce qu'il y aurait de plus glorieux pour notre patrie , en même temps que de plus utile pour l'espèce humaine? Vous le pensez. Eh bien, vous êtes obligé de convenir que le travail auquel je vous propose d'employer toutes les forces de votre intelligence, est, en effet, celui par lequel vous pouvez contribuer le plus grandement et le plus directement à la gloire de vos compatriotes.

cGrpontk» leridkoie à pkÉiies loams; Sa^eniB

Tro&s<èi&e caose : Xe peidoK pK de rge qoe, dès Torigice de U sde&œ, rasmxucme et la aHdedne Qd été nTa4*<s. Ei!i>es ont acqoï? tjotes les dem de la générai îté , S&Z& qiK leur malîté cessiL EOe ne peut pas cesser, pœsqcCdle est on effet direct de la nature de Fmtaligence binnaiûe. L'a^rooMme. par l'efièt de la géo6raiisatioD des idées, est de^enw la pfayâqK des oirps brute ; la médecine, en se génératisaot, est derenne la physiologie. Newton, grand astronome, grand biutîste, inventeur de Tinfinitéâmisme, s'est éieré, à la fin dn xnt aède, à la baotenr d'mie idée générale, ocl â Voa préfère^ fl a observé un (ait d'mie généralité absolœ, celai de la gravitation oniversdle. De ce moment^ la considération des astronomes 6*e§t accrue ; elle a absoii>é presque en entier celle des phyâdogi^es, qœ les beaux travaux de Locke n*ont pu mettre de niveau, parce qu'ils ne portaient point le cachet d'une grande découverte, parce qu'ils n'avaient point le caract^ unitaire, parce qu'ils n'avaient pas le même d^ré de clarté et qu'ils n'étaient, en un mot, pas aussi importants.

11 était nécessaire d'établir les causes de la décon- ^dération des médecins, pour préciser le point auquel elle est arrivée (<), et pour avoir les moyens d'indi-

(1) Je m'aperçois bien, mon cher Docteur, que cette partie de ma lettre est horriblement mal rédigée. Si je ne la recommence point, c'est nn peu par paresse, c'est aussi parce que je suis fort occupé ; mais c'est surtout parce que j'ai confiance dans la sagacité de mes lecteurs, dans la Tôtre surtout, qui est réellement admirable.

Taî compris l'idée de M. Œlsner, mon travail le prouvera ; mais avant de le produire il était de mon devoir d'honnête homme d'acquitter le tribut de reconnaissance que je dois à M. Œlsner. C'est ce que je fais avec plaisir de cœur (1).

Je terminerai cette ébauche de préface en priant le lecteur de ne pas perdre de vue, pendant la lecture de cette première portion de mon travail, ainsi que dans celles que je lui communiquerai successivement :

1" Que ce travail n'est qu'une esquisse sur laquelle je lui demande son avis ;

2« Que je suis convaincu qu'il existe des personnes infiniment plus en état que moi de mettre ce plan à exécution ; que je les invite à en prendre la direction, et que le plus beau jour de ma vie sera celui où ils primeront mes idées et où ils présenteront des conceptions plus claires que les miennes.

(1) Nous ne saunons trop engager le lecteur à apprécier la loyauté avec laquelle Saint-Simon reconnaît et proclame les services scientifiques qui lui auraient été rendus par MM. Burdin, Bougon et (Elsner. Personne au monde cependant n'a appris que les idées attribuées si libéralement par Saint-Simon à ces savants modestes aient été fécondées et mises au jour par eux.

On va voir bientôt, à Tégard de Vicq-d'Azyr, le môme sentiment de reconnaissance se produire sous des formes plus excessives encore, Saint-Simon attribuant lui-même à Vicq-d*Azyr des idées dont cet illustre écrivain n'a jamais eu connaissance, et qui sont à peine en germe dans ses ouvrages.

Ces exemples sont de nature à faire réfléchir les hommes qui, au contraire, se sont emparés des idées de Saint-Simon et ont fait par elles leur fortune scientifique, politique ou industrielle, mais qui ont caché, troublé, sali la source de leurs propres succès, avec autant de déloyauté que d'ingratitude. P. £•

3* Qtf aucune des questions que je traite ne peut avoir ni entraîner aucun inconvénient, puisque mon ouvrage ne sera point imprimé ;

1° Que les idées contenues dans cette préface, qui lui paraîtront obscures, seront éclaircies dans le cours de mon travail, consacré à. leur développement.

J'entre en matière. C'est au nom de Vicq-d'Azyr que je parlerai dans cette première portion de mon travail. C'est lui qui a posé les premiers termes de la série ; toute la série doit être en son nom.

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