IDÉES GÉNÉRALES
Page 59. — La physiologie^ l'analyse des idées et la morale ne sont que les trois branches d'une seule et même science, qui peut s'appeler à juste titre la Science de r homme.
P. 1 58. — Tout est sans cause en mouvement dans la nature; tous les corps sont dans une continuelle fluctuation. Leurs éléments se combinent et se décomposent ; ils revêtent successivement mille formes fugitives ; et ces métamorphoses, suites nécessaires d'une action qui n'est jamais suspendue, en renouvellent & leur tour les causes et conservent l'étemelle jeunesse de l'univers.
Pour peu qu'on y réfléchisse, il est aisé de sentir que . tout mouvement entraîne et suppose destruction et reproduction; que les conditions des corps qui se détruisent et renaissent doivent changer à chaque instant ; qu'elles ne sauraient changer sans imprimer de nouveaux caractères aux phénomènes qui s'y rapportent ; qu'enfin, si Ton pouvait marquer nettement toutes les circonstances de ces phases successives que parcourent les êtres divers, la grande énigme de leur nature et de leur existence se
sieurs de nos compagnons d'existence , d'oser revoir et corriger l'œuvre de la nature.
P. 414. — Tout semble prouver que le système nerveux et le système sanguin se forment d'abord et au même moment. En effet, aussitôt que le point pulsatile qui marque le premier linéament du cœur commence à devenir sensible, le microscope distingue également, à côté de lui, ce filament blanchâtre dont le développement produit tout F appareil cérébral.
P. 446. — Dans l'homme et dans les animaux qui se rapprochent de lui, le centre cérébral, qu'on peut regarder comme la racine et l* aboutissant du système nerveux, et le centre de la circulation sanguine ^ ou le cceur^ d'où sortent toutes les artères et où viennent se rendre toutes les veines, sont les premières parties organisées.
P. 447. — Dans les premiers temps de la gestation , l'estomac et les autres organes du fœtus qui doivent concourir à la digestion des aliments paraissent réduits
à r inaction la plu^ entière Pendant tout ce temps
l'estomac demeure replié sur lui-même; il n'éprouve guère d'autres mouvements que ceux qu'exige son développement organique Le foie s'organise, mais il
n'envoie pas encore de véritable bile dans le duodénum. On peut en dire autant de tous les autres organes qui , secondent les fonctions du canal alimentaire ; ils sont d'abord plongés dans une espèce de sommeil.
GORAESPONDANGE STMPATHIQUB DES ORGANES.
P. 85. — Une grande quantité de dissections comparées ont fait voir que leurs maladies {des viscires du bas-ventrej correspondent fréquemment avec les altérations des facultés morales. Par une autre comparaison de cet état organique avec les crises, au moyen desquelles la nature ou Fart a quelquefois guéri* la folicy on s'est assuré que son siège ou sa cause étaient en effet alors dans les viseh'es abdominaux^ et de là résulte une importante conclusion ; savoir : que puisqu'ils influent directement par leurs désordres sur ceux de la pensée, ils y contribuent donc également, et leur concours est nécessaire, dans rétat naturel, à sa formation régulière; conclusion qui se confirme encore, et même acquiert une nouvelle étendue, par l'histoire des sexes, où l'on voit, à des époques déterminées, le développement de certains organes produire un changement subit et général dans les idées et dans les penchants des individus.
P. 102. — Il est notoire que dans certaines dispositions des organes internes, et notamment des viscères du bas-ventre^ on est plus ou moins capable de sentir ou de penser. Les maladies qui s'y forment changent, troublent et quelquefois intervertissent entièrement l'ordre habituel des sentiments et des idées.... Ce qu'il y a peut-
être de plus remarquable, c*est que souvent alors, Tes-prit peut acquérir plus d'élévation, d'énergie, d'éclat, et rame se nourrir d'affections plus touchantes et mieux dirigées Les organes de la générationf par exemple, sont très-souvent le siège de la véritable folie. Leur sensibilité vive est susceptible des plus grands désordres. L'étendue de leur influence sur tout le système fait que ces désordres deviennent presque tous généraux et sont principalement ressentis par le centre cérébral. La folie se guérit alors par tout moyen capable de remettre dans son état naturel ou de ramener à l'ordre primitif la sensibilité de ces organes.
P. 122. — Les impressions, en arrivant au cerveau, le font entrer en activité, comme les aliments, en tombant dans V estomac j l'excitent à la sécrétion plus abondante du suc gastrique et aux mouvements qui favorisent leur dissolution. La fonction propre de l'un est de percevoir chaque impression particulière, d'y attacher des signes, de combiner les différentes impressions, de les comparer entre elles, d'en tirer des jugements et des déterminations, comme la fonction de l'autre est d'agir sur les substances nutritives, dont la présence le stimule, de les dissoudre, d'en assimiler les sucs à notre
nature...... Le cerveau dighre en quelque sorte ses
impressions; il fait organiquement la sécrétion de la pensée.
P. 135. — Nous remarquons clairement trois sortes d'opérations de la sensibilité, que la différence de leurs
vivre et développent le végétal et Vanimal^ Texistence et le bien-être do Tun sont liés à Texistence et au bien-être de l'autre. Le végétal paraît pomper de Tatmosphère certains principes étrangers ou surabondants, très-^uisibles à la vie des animaux; il lui rend au contraire en grande quantité Fespèce de gaz qui peut être regardé comme Yaliment propre de la flamme vitale; et les gaz produits par la respiration des animaux ^ les émanations qui s^ exhalent sans cesse de leurs corps, les produits de leur décomposition, sont précisément ce quil y a de plus capable de donner à la végétcUion toute son énergie et toute son activité.
P. 175. — Durant l'enfance, la tendance générale des humeurs les porte vers la tête. A mesure que Tenfant approche de l'adolescence, cette première direction s'affaiblit, et IdL poitrine devient de plus en plus le terme principal des congestions. Les relations des organes de la génération et de ceux de la poitrine ne s'expliquent pas par l'anatomie ; mais tous les faits de pratique les attestent. Les maladies des glandes des aines et celles des poumons, l'état des testicules et celui de la trachée ou du larynx, les affections de l'utérus et des mamelles, par la manière dont on les voit se produire mutuellement ou se balancer, ne permettent pas de méconnaître ces relations singulières. Ainsi l'on sera moins étonné de voir que les efforts particuliers de la nature aient lieu à la fois dans ces deux espèces d'organes, dont la situation respective exige pourtant la division mécanique des forces ou des moyens qu'elle met alors en usage. Enfin
extérieurs ou les mouvements de leur physionomie manifestentf les rayons lumineuœ émanés de leurs corps, surtout ceux que lancent leurs regards, ont-ils certains caractères physiques, différents de ceux qui viennent des corps privés de la vie et du sentiment
P. 510 et 511. — Dans cette chaîne non interrompue d'impressions, de déterminations, de fonctions, de mouvements quelconques, tant internes qu*extemes, tous les organes agissent et réagissent les uns sur les autres ; ils se communiquent leurs affections; ils s'excitent ou se répriment ; ils se secondent ou se balancent et se contiennent mutuellement. Liés par des rapports de structure ou de situation et de continuité, en tant que parties du même tout, ils le sont bien plus par le but commun qu'ils doivent atteindre, par Tinfluence que chacun d'eux doit exercer sur tous les actes qui concourent à la conservation générale de l'individu. Ainsi la nutrition peut être considérée comme la fonction la plus indispensable relativement à cet objet. Mais pour que la nutrition s'opère, il faut que Vestomac et les intestins reçoivent l'influence nerveuse nécessaire à leur action; que le foie, le pancréas et les follicules glanduleuses y versent les sucs dissolvants. Il faut donc, d'une part, que l'organe nerveux soit convenablement excité par les impressions sympathiques qui déterminent cette influence ; de l'autre, que la circulation des liqueurs générales et la sécrétiœi des sucs particuliers s'exécutent avec régula^ rite dans leurs organes respectifs.
de celles de la vtie et de VodoraL Rien n^est plus certain. Les déterminations produites par Faction directe de différentes causes sur les centres nerveux eux-mêmes, ont aussi des caractères bien particuliers ; et les idées ou les penchants qui résultent de ces différents ordres d'impressions, se ressentent nécessairement de leur origine. Cependant, comme il paraît impossible encore de les circonscrire avec assez de précision, c'est-à-dire de ramener chaque produit à son instrument, chaque résultat à ses données, une analyse sévère rejette comme prématurées les nouvelles divisions qui viennent s'offrir d'ein les-mêmes, et le sens du toucher étant un sens général qui répond à tout, peut-être seront-elles toujours regardées comme inutiles. On voit au reste bien clairement ici quelle est la seule signification raisonnable qui puisse être attachée au mot sens interne, dont quelques philosophes se sont servis avec assez de précaution. Pour la déterminer avec plus d'exactitude, il faudrait y rapporter toutes les opérations qui n'appartiennent pas aux organes des sens proprement dits, et dès lors, ce mot ne serait plus, je pense, un sujet de débats et de nouvelles incertitudes.
P. 460. — Des sympathies particulières lient les organes de chaque sens avec divers autres organes dont ils partagent les affections et dont l'état influe sur le caractère des sensations qui leur sont propres. Plusieurs maladies du système nerveux, quelques-unes même qui portent uniquement sur Yestoma^ et sur le diaphragme, sont capables de dénaturer les fonctions de l'ouïe, jus-
jours occasionnellement, de concert Leurs fonctions
restent constamment soumises à Tinfluence des différents organes ou vischres^ et sont déterminées ou dirigées par Taction plus directe et plus puissante encore des systèmes généraux, et notamment du centre cérébral.
P. &8& et /i85. — Les pâles couleurs qui dépendent ou de l'inertie ou de l'action irrégulière des ovaires^ inspirent souvent aux jeunes filles les plus invincibles appétits pour des aliments dégoûtants^ pour des odeurs
fétides certaines substances vénéneuses, en tombant
dans VestomaCf portent de préférence leur action sur tel ou tel organe des sens en particulier, sans affecter sensiblement le cerveau. La jusquiame, par exemple, trouble immédiatement la vue ; le napel et Teitrait de chanvre peuvent dénaturer entièrement les sensations de la vue et du tact.