‹ Science de l'hommeChapitre 10 sur 84 · I...I'. ci do la multiplicité, de Tau · texte numérisé non relu

I...I'. ci do la multiplicité, de Tau

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ir^niités supérieure et inférieure, l'électricité vitale. ii seulement après avoir établi ce système uaiver sel de propagande de vie, qu'il est possible d'étudier et de classer les divers organes, en raison de l'importance des fonctions qu'ils accomplissent dans le développement, l'entretien et le déclin de la vie, dans la santé et dans la maladie, et de concevoir pour eux une hygiène et une thérapeutique spirituelle et matérielle convenables.

Chacune des circulations générales et chacun des tissus généraux est une pile liquide ou solide, h double courant, composée d'éléments mobiles ou fixes, h double sexe, et, plus abstraitement encore, composée de plein et devise. Les organes ne sont que les lieux spéciaux de fusion du jeu des piles entre elles, où s'accomplissent le3 principales décompositions et combinaisons résultant de leur contact. Les systèmes vasculaire , musculaire , nerveux, osseux, sont donc, à proprement parler et en réalité, les organes capitaux, bien plutôt que le cœur , les poumons ou la vessie.

Bien plus, l'étude des systèmes généraux, aux différents âges, dans divers états de santé, sous l'influence de modificateurs extérieurs ou intérieurs , intéresse et comprend directement l'être tout entier, l'ensemble, l'unité de l'organisme ; tandis que l'étude d'un organe est une abstraction qui peut être capitale anatomiquement, pour la science du cadavre, mais qui est secondaire physiologiquement, pour la science de la vie.

Si je consens h. faire, pour les deux pèles du corps humain, des abstractions comme celles de la tête, d'une

part, et des organes de la génération, de l'autre , c'est parce que le dualisme esprit et chair, auquel , selon moi, les deux pôles répondent, est lui-même une double abstraction, puisqu'il n'y a pas d'être, pas plus que d'organe, pas plus que de monade quelconque, qui soit purement esprit, ou absolument chair. Mais quand je veux étudier l'être vivant, unissant en lui d'une façon indissoluble, indivisible, inséparable par le scalpel, la chair et l'esprit, ce que je dois chercher, ce sont les moyens d'union, d'association, d'amour, qui relient entre elles toutes les parties de cet être vivant et qui constituent leur existence commune.

J'oublie alors mes deux abstractions des deux pôles et je rétablis l'être entier ; ou du moins, si je les maintiens encore, comme abstractions de l'être , c'est pour attacher plus spécialement mon attention sur la constitution de la pile qui est leur lien et qui leur communique à toutes deux la vie.

En d'autres termes, la physiologie se décompose pour moi en trois branches :

1* Étude de la vie passionnelle, morale, sociale de l'homme, c'est-à-dire des relations actives et passives , attractives et répulsives de sa personnalité entière avec la personnalité entière du milieu qui l'entoure ;

2° et 3* (à titre de science abstraite, ou science reposant sur une abstraction, sur une entité qui n'est pas, qui n'existe pas, mais qui aide à comprendre, autant que possible, l'incompréhensible existence) : étude de l'homme, soit comme appareil de vie rationnelle^ soit comme appareil de vie matérielle ; dans le premier cas.

prenant spécialement le cerveau pour objet d'études ; dans le second, les organes de la génération; et ne considérant le reste du corps humain que comme organes secondaires et complémentaires de la génération spirituelle ou de la génération chamelle.

Les physiologistes ont abandonné la première branche que Bichat, Cabanis, Lamarck, Geoffroy St-Hilaire leur avaient présentée ; ils se sont perchés sur la seconde, avec tous les anatomistes, à la suite de Cuvier ou de Gall ; enGn, ils ont abandonné la troisième à Giraudeau St-Gervais, à Boyveau-Laffecteur, à Civiale et à Ricord.

Quand donc, mon Dieu! pourrons-nous lire un livre sur la génération, qui ne soit pas vendu sous le manteau, qui ne soit pas illustré de gravures obscènes, qui ne s'adresse pas aux badauds voulant procréer les sexes à volonté, ou aux malades honteux cherchant des remèdes secrets ?

Et le cerveau se prélasse et se pavane coram populo ! On ne le couvre pas d'une pudique feuille de vigne ; tout est noble et sacré dans cet organe, et Dieu sait pourtant combien on en abuse, quel est souvent son libertinage et quelles sont ses orgies ! Dieu sait combien il est souvent égoïste, immoral, combien il s'exerce à ruser, à tromper, à capter, à voler, à violer le prochain ou la prochaine l

Comprenez-vous, par exemple, un organe plus honteux que le cerveau d'un nouveau Judas, reniant son maître, lui crachant à la face, couvrant cette belle tête d'un éteignoir et cachant sa vive lumière sous un boisseau, afin que ses propres élèves ne puissent voir et ad-

mirer son auteur, son père ; leur déclarant impudemment que Saint-Simon lui avait volé et gâté ses idées, lui qui n'avait pour toute doctrine que des idées de Saint-Simon, publiées au moment de sa propre naissance; lui qui, après avoir blasphémé contre toute religion, 8*est fait Pape ; lui qui repoussait de sa science négative, qu^il appelait positive, le sentiment, Tamour, la femme, et qui a fini par bénir et consacrer des mariages dans sa petite église I Mais le malheureux est mort ; que Dieu réclaire I

Ah I mon cher ami, dites tant qu^il vous plaira, que j'ai exagéré, que je me suis même grossièrement trompé dans tout ce que je vous ai exposé sur le rôle que, selon moi, les organes de la génération doivent jouer dans les études physiologiques; mais, j'en appelle à vous-même, pouvez-vous prononcer sans rougir, devant . une femme, et surtout devant une jeune fille, cette grande parole chrétienne : Benedictus fructus ventris tut? Je sais bien qu'on a traduit par entrailles, et qu'on a cru tout sauver, grâce à cette double figure de rhétorique. Mais que d'efforts je fais moi-même, dans cette lettre intime, que je ne montrerai peut-être qu'à des médecins, pour ne pas blesser vos pudiques oreilles, en vous parlant de la noblesse, de la grandeur, de la sainteté de l'acte générateur, et en osant placer les organes qui l'accomplissent au niveau de l'appareil générateur de l'idée !

Oui, je suis convaincu que la science trouvera des paroles si élevées, si religieuses, si pleines d'adoration |Kmr le générateur suprême , en parlant des signes de

— /O — sa divine puissance dans l'iiomme, qu'elle imposera le respect et commandera le silence à tous ceux qui voudront voir là des signes de l'animalité et non les symboles vivants du père et de la mère de tout ce quiesl,

de l'ANDROCTTiE UNIVERSEI,.

Jamais vous ne ramènerez la pudeur, la décence, la grâce dans le monde, si vous traitez comme organes animaux, comme passions bestiales, les organes générateurs et le saint amour qui nous a donné à tous la vie. Jamais enfant, fille ou garçon, ne respectera en lui cette source de vie. s'il ne lui a pas été enseigné qu'il est le fruit des saints, des nobles organes de la maternité et de la paternité, et que ces Oivins organes ne sont pas des jouets d'égoîsme bmtal, des ageiils de débauche, mais le sanctuaire de reproduction, de perpétuation de la vie humaine, EN DIEU, éternel générateur des mondes, universel créateur des êtres.

Oui, vous maintenez parmi les hommes la débauche, en les faisant rougir de leurs appétits légitimes vers l'union des sexes, en leur faisant honte des organes qui accomplissent cette sainte union. Vous perpétuez la débauche, comme vous perpétueriez l'ignorance, si vous n'aviez pas élevé très-haut l'acte et les organes générateurs de la science.

Et je vous le dis aussi, jamais vous n'affranchirez rindustrie de son égoîsme, de son avidité, si vous la placez au-dessous de la science, sous sa domination, celleci la traitant comme inférieure à elle, comme le fruit d'appétits animaux et de facultés animales.

Et j'affirme encore qu'avec vos idées sur vos facultés

animaleSj vous ne délivrerez pas la femme de ses vices et de ses faiblesses, causées par le rôle inférieur que les philosophes et les physiologistes, les hommes religieux et les hommes politiques, et en général tous les hommes, lui ont attribué jusqu'ici ; parce que ce rôle inférieur est la conséquence de l'opinion que la femme est plus animale et moins humaine que l'homme, en ce sens qu'on la suppose à tort plus charnelle et moins intellectuelle que l'homme. Or ceci même ne prouverait point son infériorité par rapport à l'homme, devant Dieu et aussi devant ses enfants, qui doivent l'aimer et la respecter, au moins à l'égal de leur père ; car ils sont non-seulement le fruit de son ventre générateur, mais aussi de son lait nourricier et de sa merveilleuse sollicitude éducatrice, hygiénique et même médicale ; le père n'a aucun de ces titres à faire valoir.

IV. — § 1. Ceci me ramène, cher Docteur, aux idées capitales par lesquelles j'ai commencé cette lettre, mais que je n'ai pas voulu exposer dogmatiquement ni développer logiquement, avant d'avoir parcouru avec vous , principalement dans un but critique, le terrain sur lequel est placée aujourd'hui la science physiologique, et avant d'avoir découvert quelques aspects principaux de celui où elle doit entrer, sous l'inspiration de la foi saint-simonienne.

Si je ne suis pas physiologiste, vous ne vous êtes montré ni métaphysicien, ni moraliste, ni même homme d'État, par la manière dont vous avez compris, propagé et appliqué le dogme saint-simonien.

Ce dogme est trinaire, et vous adoptez aussi un dogme trinaire; nous sommes d^accord quand vous renoncez vous-même ainsi: beaux-arts, science, industrie; ou bien: sentiment, connaissance, sensation ; ou bien encore : vie , esprit, matière. Malheureusement, vous pensez et vous écrivez toutes vos trinités ainsi, verticalement :

BEiUX-ARTS.

• SGIENGB.

Industrie,

D'autres, Brothier et Lemonnier, par exemple, les écrivent horizontalement ^ ainsi :

Beauœ-<irts, Science^ Industrie.

Moi je les formule triangulairement :

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