‹ Science de l'hommeChapitre 30 sur 84 · M. BOUGON · texte numérisé non relu

M. BOUGON

Je vais parler de l'obligation que ,i'.'<^ Bougon. Il n'y a pas, à cet égard, l.i : ration.

Le hasard m'a fait rencontrer lo il a été ci-devant prévôt de M. Dubois maintenant la médecine en proviii

C'est un homme d'une sagai ' dans sa pensée un grand a\oi lui avoir communiqué mon pi:

que j'étais embarrassé rehifla série, où il se trouvait jx ^

dans les faits. Il a fait disparaître complètement la première de ces deux difficultés, M. Œlsner m'a aplani l'autre. Parlons d'abord du service que m'a rendu le docteur Bougon. Je lui ai dit : Un des points importants pour la physiologie, et par conséquent pour mon travail, est de démontrer que l'intelligence de chaque animal est proportionnée à son organisation ; que, par conséquent, elle en est une conséquence, un effet, et que l'échelle intellectuelle est la même que l'échelle organique. Or je vois que les physiologistes ont placé sur l'échelle organique le singe immédiatement après l'homme, tandis que le castor mérite évidemment d'être placé sur l'échelle d'intelligence avant le singe.

Après de longues réflexions et recherches, le docteur Bougon m'a dit : Les physiologistes se sont trompés en plaçant le singe après l'homme ; il ne doit occuper cette place ni sous le rapport du degré de perfection de son organisation, ni sous celui de sa capacité en intelligence, de son acquis dans ce genre et des résultats auxquels elle l'a fait parvenir. La vérité est que l'organisation du castor est supérieure à celle du singe, sous ce rapport : que le singe n'a dans la main que des moyens de préhension, et que le castor possède le muscle abducteur du pouce, ce qui lui constitue le sens du toucher (1). La vérité est également et constitutionnellement (puisque ces deux vérités sont organiquement unies), que l'intelli-

(4) A cette occasion, le docteur Bougon a fait une belle application du calcul. Il a dit : L'animal le mieux organisé, c'est-à-dire le plus organisé, est le plus intelligent. L'animal le plus organisé est celui dans la structure duquel il entre le plus grand nombre de tubes,

gence du castor est, ainsi qne ses travaax Tont pnmvé, très-sopérieure à ceQe du singe. Les travaux qui prouvent dans une espèce le plus haut degré d'intelligence sont les travaux de société. Le castor s*est distingué sous ce rapport essentiel , tandis que le singe ne s*est jamais éleré au-dessus des actes dMntelligence individuelle ; et, dans ce genre, il fait preuve de vivacité dans les conceptions, mais d^incapacité pour la tenue et la su\te dans les combinaisons.

Le docteur Bougon m'a encore dit : Après avoir redressé Terreur commise par les physiologistes dans la classification des animaux, relativement à la place qu*ils avaient donnée au singe, f ai cherché quelle pouvait avoir été la cause de cette erreur qui est bien grossière, puis-

les pins Taries en dimensions, placés respectiTement dans on plus grand nombre de positions, et contenant en circulation des fluides qni diffèrent darantage de densité. Pins nn animal est organisé, plus son organisation se compose d appareils distincts, c*est-à-dire de Tiscères à l'intérieur et de sens à i extérieur ; ainsi, on peut classifier les animaux d'après le nombre d'appareils distincts dont ils sont composés L'esprit, soulagé par cette diiisîon, pour établir la comparaison entre les espèces qui diffèrent peu d'organisation, cherche le degré de perfection d'organisation de chaciue appareil. L'animal qui a un sens complet de plus qu'un autre n'a pas seulement une nuance de plus d'intelligence, il a une grande supériorité. La quantité de supériorité peut être déterminée par le calcul des combinaisons dont le binôme de Newton donne la formule. Ainsi l'homme, par exemple, qui a six sens et qui est le seul de tous les animaux possédant le sens du toucher d'une manière complète, est plus de sept cents fois plus intelligent que l'animal le pi os éleié après lui sur Téchelle d'organisation. Cette manière d'enTisager les choses tous sera fort utile quand tous serex occupé à établir que la faculté de se perfectionner n'est pas possédée par l'homme exclusiTcment ; que tous les animaux en jouissent en proportion du degré de perfection primitÎTe

qa*eile porte sur une comlmiaisoii extrêmement facOe de £BLÎts qui avaient été isolément bien observés dans le singe et dans le castor, savoir : qae le premier n*a pas vestige da sens du toucher, et que le second en a une ébauche. Yoici quelle m*a paru en être la cause, dont je crois que Tanalyse est importante à faire avec soin.

Depuis rétablissement de la religion chrétienne, tous les hommes reçoivent une première instruction, qui est rinstruction religieuse. Cette instruction est fondée sur la croyance que le nK>nde a été fait pour Thonmie et que rhomme a été créé à Timage de Dieu ; ainsi, ce qui ai»^ rhomme lui ressemble le plus, est ce qui existe après lui de plus parCadt Les physiologistes, comme les autres, reçoivent cette première instruction. Leur seconde instruction, qui est rinstruction scientifique, détruit une

de leur organisation ; qne si l*homme est le senl qui se soit perfectionné, c'est par la raison qu'il a mis obstacle an perfectionnement des antres. Car on Tons fera Tobjection sniTante, on Tons dira : Poorqnoi ne tronrons-nons pas perfectionnés les animaux habitant depnis longtemps des Uenx qni n'ont point été fréquentés par l'homme? A cela tous pourrez répondre, an moyen de la considération que je riens d'établir : L'homme est sept cent et tant de ibis plus intelligent que l'animal le mieux orgaidsé après lui. La faculté de perfectionnement est, dans chaque animal, en proportion de la perfection de son organisation primitire. Ainsi, l'animal le mieux organisé après lui doit se perfectionner sept cents fois plus lentement que lui, et ceux qui sont à des échelons plus bas, des milliers de fois plus lentement. 11 n'est donc pas étonnant que les perfectionnements obtenus par ces animaux ne nous frappent pas } mais dans le castor cependant, la dégradation de Tétat d'intelligence à laquelle il était parrenn arant que Thomme eût troublé ses traraux est sensible, etc. Le déreloppement de cette question constituera une partie importante de Totre ourrage ; je n'entreprends pas de le &ire, je me borne seulement à l'indiquer.

partie de l'impression produite par les premières idée» données, mais ne Tanéantit pas tout à fait, attendu surtout que cette seconde instruction n'est pas fondée, comme la première, sur une idée générale impérative. Les savants occupés d'anatomie comparée ont plutôt obéi à la croyance acquise dans leur première éducation qu'à rimpulsion de la raison, en plaçant le singe après l'homme sur l'échelle de l'organisation.

Le docteur Bougon m'a rendu un service bien plus important que ceux dont je viens de parler. C'est d'avoir conçu clairement en quoi consiste l'entreprise scientifique à l'exécution de laquelle je me livre. Personne plus que lui, peut-être autant que lui, n'est en état d'en exécuter la partie physiologique.

U me vient à l'instant une idée que je vais mettre sur-le-champ à exécution. Je vais écrire au docteur Bougon et placer ma lettre dans cette préface. Dans les pensées les plus particulières du philosophe , il y a de la généralité. Si la nature m'a réellement donné l'organisation philosophique, ce que je vais dire au docteur Bougon doit être un langage convenable à tenir à plus d'un savant.

liBTTBB A m. ^I«B l»0€TB1Tlli BOVCIOlir.

Mon cher Docteur, mon travail est loin d'être terminé , mais il est beaucoup plus avancé qu'à l'époque où vous avez eu la complaisance de recevoir communication de mes idées. A cette époque , ce n'était qu'un aperçu, c'est aujourd'hui, une ébauche régulière, ainsi

que vous le verrez par le morceau que je vous envoie et par un second morceau que je vous ferai passer incessamment

Ce travail serait bien plus avancé si vous aviez voulu, comme je vous y engageais, réunir vos efforts aux miens. Cette lettre a pour effet de solliciter de nouveau votre puissante coopération ; je Tinsère ici, parce que ce n'est pas à vous directement que j'adresse cette demande ; je la fais également aux personnes qui, comme vous ( elles sont en excessivement petit nombre } , ont reçu de la nature la sagacité suffisante, et ont acquis les connaissances nécessaires pour traiter la question à Téclaircissement de laquelle j'ai consacré ma vie.

En vous écrivant cette lettre, je ne perds pas de vue la question, je n'en détourne pas l'attention du lecteur ; car il s'agit d'une application de la science de l'homme, puisqu'elle a pour objet de vous démontrer que le meilleur usage que vous puissiez faire des forces de votre intelligence pour l'utilité de vos contemporains et de la postérité, pour la gloire de vos compatriotes, pour la satisfaction de vos collègues et pour votre bonheur personnel, est de les consacrer tout entières au travail dont j'ai l'honneur de vous offrir une ébauche, en vous priant d'agréer tous mes remerciements et l'assurance de ma sincère reconnaissance pour le service que vous m'avez rendu, ainsi qu'à la science, et que j'ai relaté plus haut.

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