SCIENCES PHYSIQUES
PHYSIQUE Pi&TICDUÈU
oc
Science de l'analyse des propriétés
et ùvA relations des corps.
Chimie Chimie Physiolo- Psychoio.
dei des gie. gie.
■olides. fluides. |
PETSIQDE GÉRÉRALE
Science de la généralisation des propriétés et des relations des corpa.
din isniMmBi. om tourib.
Solides. Fluides. Solides. Fluides.
Il faut connaître Tensemble d'une chose pour raisonner pertinemment sur une des parties qui la coniposent. J'ai donc dû présenter la division la plus gênélaltî des sciences physiques, avant de procéder à Texa-
men particulier des corps bruts et des corps organisés terrestres.
La sous-division en corps bruts et corps organisés remplit la condition d'être binaire, et elle énonce une comparaison analytique entre les deux grands éléments de Tunivers : la matière à Fétat de solidité et celle à l'état de fluidité. En effet, dans les corps bruts, l'action des solides domine celle des fluides ; tandis que dans les corps organisés, c'est l'action des fluides qui a la prépondérance sur celle des solides.
Je considérerai d'abord les corps bruts; j'examinerai ensuite les corps organisés ; puis je comparerai l'organisation des uns avec celle des autres. De cette comparaison je déduirai la preuve que la science des corps bruts a dû devenir positive avant que celle des corps organisés ait été fondée sur des faits observés, et je terminerai cet article en faisant sentir la grande importance du pourquoi dont j'aurai donné l'explication.
Si l'on examine avec attention les corps bruts, si l'on pousse l'analyse de leur organisation aussi loin que possible, c'est-à-dire jusqu'au terme le plus éloigné que nos sens et notre intelligence puissent atteindre, dans l'état actuel de nos connaissances, on trouve que leurs parties les plus élémentaires sont des polyèdres d*un plus ou moins grand nombre de faces, que ces polyèdres sont juxta-posés les uns aux autres, et que, suivant leur nombre et leur position, le corps dont ils font partie se trouve d'une forme qui décèle au géomètre la figure de ses molécules intégrantes.
Si ensuite on observe Taction des fluides dans les corps bruts, on voit qu'ils s'insinuent entre les molécules constituantes de ces corps, qu'ils passent dans ces corps comme à travers un crible. Si l'on échauffe ces corps jusqu'à un degré convenable , on augmente leur volume, parce qu'on interpose une plus grande quantité de fluide entre leurs parties élémentaires ; en augmentant encore la quantité de calorique introduite dans leur capacité, on les détruit, c'est-à-dire on désunit les molécules ou polyèdres solides qui les constituent.
Ce peu de mots me parait suffisant pour donner ou plutôt pour rappeler aux savants l'idée que l'on doit avoir de la structure intime des corps bruts. Passons maintenant à l'examen des corps organisés.
Quand on a étudié d'une manière approfondie la structure intime des corps organisés, on reste convaincu :
l"" Que les éléments de la partie la plus fixe de leur organisation sont de petits solides perforés^ adhérents les uns aux autres, et disposés de manière que leur réunion forme des tubes , canaux , conduits ou vaisseaux , n'importe le nom qu'on leur donne, placés dans une multitude de directions différentes et s'entre-croisant les uns les autres ; que ces canaux varient entre eux sous le rapport de la dimension , en longueur et en diamètre , ainsi que sous celui du degré de solidité et de perméabilité de leurs parois ;
2* Que des fluides de différents degrés de ténuité moléculaire circulent continuellement dans ces canaux, et que c'est la circulation de ces fluides qui crée et entretient le phénomène de la vie ; de manière que le
é devient corps brut quand cette circulation ; de manière que l'action des fluides domine, comme > voit, celle des solides dans les corps organisés.
végétaux sont de tous les corps organisés ceux t l'organisation est la plus simple, ce sont donc ceux i lesquels il est le plus facile de reconnaître l'exisœe des deux faits que je viens d'énoncer, ^i l'on examine avec attention le débris d'un végé- , on trouve qu'il est formé de fibres plus ou moins Biérentes les unca aux autres. Dans quelque sens qu'on Rfise ce fragment, à quelque état de ténuité (aperceva^ , notre vue naturelle ou même à l'aide d'un miiscope) qu'on le réduise, le même fait se représente, 3 autre dilîérence que celle de la diminution des frag- : ils coniieiment encore des fractions de tubes et I sont encore composés
Si l'on fait ensuite section majeure et complète d'un ' végétal en pleine végétation, on reconnaîtra; 1' que les fibres dont il est composé sont tubuleuses, puisqu'elles contiennent des liquides ; 2° que les liquides qu'elles contiennent y sont en circulation, puisqu'ils en découlent, dans quelque position que l'on place la surface de la coupure opérée.
Quelques bonnes expériences sur les racines et sur les feuilles suSlront pour compléter la portion d'idées générales sur l'organisation vitale des végétaux, qu'il est nécessaire d'avoir pour bien saisir le raisonnement dont je pose les bases dans ces considérations préliminaires.
Que l'on plante un végétal dans la terre séchée au
four, il périra, quelque soin qu'on ait mis d'ailleurs pour rendre les circonstances les plus favorables possibles à sa végétation , parce que ses racines ne trouveront plus d'humidité à absorber, et que l'action des liquides circulants dans la capacité des corps organisés est indispensable pour le développement et l'entretien du phénomène de la vie.
Que l'on observe la végétation d'un oignon placé dans une carafe ; il sera très-facile de constater que ses racines absorbent une grande quantité du liquide dans lequel elles sont plongées.
La fonction des feuilles est celle de pomper les fluides gazeux, de même que celle des racines consiste à absorber les fluides à Tétat de liquidité. Qu'on place un végétal feuille sous le récipient d'une machine pneumatique, et qu'on fasse le vide, les feuilles s'affaisseront, se flétriront avant toutes les autres parties de ce corps ; et si l'on maintient le vide pendant un certain temps, le végétal, quelque moyen qu'on emploie ensuite, ne pourra plus être rappelé à la vie.
Ces expériences sont directement applicables aux graines ; si on les pousse au four, passé un certain degré do ctialcur, toute l'humidité qu'elles contenaient étant «oulirée, leur principe de vie se trouve détruit, elles no sont plus susceptibles de germer. L'expérience de r<îXtraction complète des fluides gazeux qu'elles renferifMînt, faite avec le soin nécessaire, sous une excellente iiiiicliino pneumatique, donnerait les mêmes résultats.
Kii poursuivant cette série d'expériences, on consiMtMt% pluhiours faits secondaires fort intéressants. On re-
connaîtra que les végétaux , de même que les animaux, passent successivement de l'état de veille à celui de sommeil, et vice versa,- c'est-à-dire qu'ils absorbent et qu'ils transpirent infiniment plus pendant une partie des vingiquatre heures que pendant le surplus de la journée. Dans nos climats, indépendamment de ce sommeil diurne, les végétaux ont tous, de même que les animaux dormeurs, un grand sommeil annuel ; ils passent l'hiver dans un état de torpeur qui varie pour sa longueur dans les différentes espèces.
On constatera également que tous les fluides, tant liquides que gazeux, ne sont pas également propres à la nourriture de tous les végétaux ; ce qui sera facile pour les liquides, en arrosant difl'érents végétaux avec des liquides ayant diverses propriétés chimiques; ce qui pourra se faire pour les fluides gazeux, en plaçant des végétaux de différentes espî'ces sous des cloches remplies de divers gaz. Dans la suite de cette série d'expériences, Taltention se fixera nécessairement sur la manière dont la nature a équilibré l'action des animaux et des végétaux relativement à l'atmosphère. Les premiers absorbent l'oxygène et rendent l'azote, tandis que les seconds s'identifient l'azote et restituent l'oxygène ; admirable . compensation au moyen de laquelle la composilion de l'atmosphère, dont les animaux et les végétaux tendent, par des efforls opposés, h. changer la proportion, est toujours maintenue dans le même état, par Tefi'et de l'opposition des actions organiques exercées sur elle.
Je ne dois point dans cet aperçu ra'appesantir sur les détails ; je dois marcher avec le plus de rapidité
possible et me borner à une récapitulation sommaire des principales observations. Je passe donc immédiatement à Texamen des animaux.
Les végétaux étant de tous les corps organisés ceux dont la structure est la plus simple, il est plus facile de reconnaître dans ces corps la similitude essentielle d'organisation de leurs diverses parties que dans les animaux. On peut cependant, au moyen de bonnes observations et d'expériences bien choisies , constater cette similitude de structure entre les différentes parties dont les animaux sont composés.
Au premier aspect, les cheveux ainsi que les autres poils présentent la même apparence que des brins de fil plus ou moins longs, plus ou moins déliés. On croirait qu'ils sont pleins ; mais en les regardant avec un microscope, on reconnaît facilement qu'ils sont tubuleux. Si l'on coupe, au foyer de cet instrument, un cheveu vivant, on voit les liquides qu'il renferme se répandre. Enfm, dans certaines maladies, on aperçoit, à la vue simple, le sang pénétrer et circuler dans la capacité des cheveux sans perdre sa couleur.
Au premier coup d'œil, les os paraissent appartenir au règne minéral ; on se figurerait que, de même que les pierres, ils sont composés de petits solides pleins et juxtaposés les uns aux autres. Mais un examen plus approfondi dissipe cette erreur. Les observations pathologiques contribuent beaucoup à nous faire bien connaître l'organisation des corps vivants. Dans certaines maladies les os se ramollissent ; les vaisseaux dont ils sont composés se distendent, et le sang, ainsi que les autres liquides
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qui existent dans les corps animaux, y circule d'une manière apercevable à la vue simple. Une autre observation dévoile l'organisation intime des os : qu'on donne de la garance k manger à des volailles, on trouvera leurs 08 teints, peu de temps après qu'on les aura mis à cette nourriture. Enfin, qu'on fasse fracture d'un ou de plusieurs os (en sacrifiant plusieurs animaux à la fois h cette expérience) , qu'on mette à nu les os fracturés , qu'on observe directement la formation et les progrès des calus aux différentes époques de la guérison, on reconnaîtra que la structure fondamentale de ces parties est absolument la même que celle des organes ayant le moins de solidité. On reconnaîtra qu'une rupture, qu'une solution de continuité osseuse, se guérit absolument par le mfime procédé physique qu'une plaie cutanée. On peut encore faire des observations d'une autre nature sur les os. On remarquera que ces organes, qui sont insensibles dans l'état sain, se trouvant ramollis par la maladie, et la circulation du fluide nerveux s'y faisant plus librement, ia sensibilité dont ils sont pourvus dépasse celle qui existe dans aucune autre partie de l'individu; ce qui s'explique facilement, en disant que ces parties n'ont point l'habitude de la sensibilité et qu'elle est pour elles, par conséquent, une sensation neuve.
Le cerveau est, de tous les organes, celui qui a le moins de consistance; à la première vue, il paraît une masse pulpeuse, on te prendrait même pour un amas de bouillie, pour un tas de matière inorganisée. L'étude de la physiologie change totalement cette opinion, uni-
quement fondée sur la première apparence. Quand on a observé la manière dont cet organe fonctionne ; quand on a comparé son action avec celle des autres organes ; quand on a remarqué et constaté Tinnombrable variété et l'inconcevable délicatesse des fonctions qu'il exécute, le sentiment de dédain qu'on éprouvait pour lui se change en admiration , et la partie de nous qui paraissait la moins intéressante est celle que nous jugeons ensuite être la plus importante.
J'ai travaillé directement sur le cerveau, je me suis attaché dans ce travail à faire connaître la structure particulière de cet organe et à donner une idée de ses sublimes fonctions; mais ce n'est pas le moment de parler de ce qu'il y a de particulier dans la structure et l'action de cet organe, puisqu'il s'agit de constater ce qu'il a de commun avec les autres. Je dois donc me borner pour le moment à démontrer que le cerveau, de même que toutes les autres parties de notre corps, est composé de tubes dans lesquels circulent des fluides, et que la circulation de ces fluides est nécessaire à l'entretien de la vie du cerveau et h notre vie générale, parce que cet organe est un des plus essentiels, est le plus essentiel de tous ceux qui entrent dans notre composition. Cette démonstration est très- facile ; il suffit pour cela de faire observer l'entrée des artères dans cet organe, et les veines qui en sortent. Pour que le sang versé dans l'organe cérébral ne se répande point et qu'il se trouve réengagé dans les veines qui y prennent naissance, il faut nécessairement qu'il soit contenu dans des vaisseaux ou tubes qui, par leur innombrable multiplication, sont réduits à une
petitesse telle qu'ils échappent à notre vue. La preuve que la présence des fluides dans les tubes dont notre cerveau se compose est nécessaire à l'entretien du phénomène de notre vie est que, si on lie les artères qui portent le sang au cerveau, la naort suit de près cette ■ ligature.
La double ligature, d'une part, des artères portant le sang au cerveau, d'autre part, des veines évacuant le sang contenu dans cet organe, détermine également et encore plus promptement la mort. Ainsi la présence et la circulation des fluides, dans les tubes dont notre individu est composé, sont nécessaires à l'entretien de notre vie tant cérébrale que générale, comme nous avons commencé à le voir et comme nous allons continuer à le démontrer.
Le cerveau est bien, de toutes les parties de notre corps, celle dans laquelle ta transfusion du sang des artères dans les veines est la plus abondante; mais ce n'est pas le seul point où ce phénomène ait lieu; il est général pour tout notre individu. Il n'y a pas une portion de notre 6tre dans laquelle il n'existe des épanouissements artériels et des sources veineuses ; il n'y a pas une seule partie de nous à laquelle la ligature des artères qui s'y ramifient et des veines qui en sortent ne cause la gangrène, c'est-à-dire un commencement de mort. Cotte mort deviendrait complète pour la partie, elle se communiquerait aux autres parties, et unirait par être générale pour l'individu, si la nature ou l'art ne faisait pas amputation du membre qu'on a privé de circulation. Ce fait, très-facile à constater par des expériences sur des
ammaax vivants , serait prouvé par les seules observations de œ qui se passe chez ceox aoiqoels on est obligé de faire Topération de Tanévrisme ; ils en meurent presque toujours , et quand ils en guérissent, c^est que les ramifications artérielles secondaires se distendent suffisamment pour compenser la circulation qui se faisait par le tronc qu'on a lié.
Une bonne analyse de la circulation du sang suffirait pour prouver que nos parties élémentaires les plus fixes sont tubuleuses, qu'elles renferment des fluides, et que ces fluides y sont en circulation ; et que ces deux conditions, la présence et la circulation des fluides, sont nécessaires pour l'entretien du phénomène de la vie, qui n'a pu commencer qu'à Fépoque où l'existence de ces conditions s'est manifestée ; car il n'existe pas une partie de notre être qui ne soit vivifiée par la circulation du sang. Mais cette manière de procéder serait trop abstraite. Continuons donc à envisager les difierentes parties de notre individu de différents points de vue.
Dans les viscères, tels que le foie, la rate, le cœur et les poumons, l'organisation fondamentale, commune à toutes les parties des corps vivants, se reconnaît à la première inspection. Les vaisseaux qui en constituent les parties solides élémentaires s'aperçoivent à la vue simple, et on découvre avec la même facilité les liquides que ces vaisseaux renferment, ainsi que les mouvements circulatoires de ces liquides.
Les tubes élémentaires et les fluides circulants dans ces tubes, s'aperçoivent aussi facilement dans les reins et dans les parties génitales.
De tous les tubes qui entrent dans notre composition, le plus long et celui qui a le plus de capacité est notre canal alimentaire ; l'enveloppe de ce canal se compose d'innombrables vaisseaux chylîfères, accolés les uns aux autres.
Notre organe cutané, tant interne qu'externe, est percé comme un crible; à l'extérieur sont des milliards de trachées; à l'intérieur, existent les bouches de milliards de vaisseaux lymphatiques. La peau est bien curieuse à observer dans ces animaux d'une organisation si simple qu'ils ne consistent que dans un sac alimentaire. Ces sacs retournés, les vaisseaux chylifiires deviennent des trachées, tandis que les Irachées se convertissent en vaisseaux chylîfères.
Nos trachées remplissent la double fonction d'absorber et d' excréter; elles sont aussi susceptibles de contenir des fluides en état de liquidité et en état gazeux. On les voit, suivant les circonstances, absorber des gaz et exhaler notre transpiration insensible, absorber de l'eau dans un bain, excréter de la sueur quand la chaleur les dilate, recevoir même le fluide mercuriel au moyen de frictions,
Il nous reste encore à examiner le fluide nerveux. Les nerfs sont de tous les tubes qui entrent dans notre composition, ceux dont les parois sont le plus imperméables; ce sont aussi ceux dans lesquels circulent les fluides de la plus grande ténuité moléculaire. C'est par conséquent le sysci:me tubuleux dans lequel la circulation est le plus difficile à constater; on peut cependant la prouver au moyen d'un petit nombre d'expériences.
Qu'on fasse une ligature à chacun des nerfs aboutissant à une partie quelconque de notre individu, et la sensibilité s'éteindra subitement dans celte partie. La ligature interrompt donc une circulation nécessaire à Tcntretien de la sensibilité. Des expériences plus délicates prouvent qu'il existe, dans la capacité des tubes nerveux, des fluides du nombre de ceux que nous considérons conmie composés des molécules les plus petites, et qu'on appelle impondérables. Que, dans une profonde obscurité, on se frotte le globe de Tœil en le comprimant, on aura la sensation de la lumière ; ce qui prouve qu'il se trouve du fluide lumineux engagé dans le nerf optique, et que la pression fait sortir ce fluide. Qu'on introduise le doigt dans l'oreille ; qu'on l'appuie en le tournant, on aura la sensation du bruit. Il existe donc dans la capacité du nerf auditif un fluide qui, par sa vibration, donne, en sortant comme en rentrant , la sensation du son. Qu'on mange une chose ou qu'on la flaire, on aura la même sensation par l'expiration que par l'inspiration, par la déjection que par la déglutition.
Examinons le système nerveux d'un point de vue général : cela éclaircira ce que nous venons de dire, qui pourrait ne pas paraître exact sans cet éclaircissement
Le système nerveux est celui de la sensibilité, puisque toute partie, quand on coupe les nerfs qui y aboutissent, devient insensible. Il circule un fluide dans les nerfs, puisque la ligature des nerfs, de même que leur section, prive de la sensibilité la partie isolée du tronc. Les nerfs se ramifient jians toutes les parties de notre individu, puisque toutes les parties de notre individu jouissent de
la sensibilité à un degré plus ou moins éminent. Les parties de nous qui ont le moins de sensibilité dans l'état de santé, sont celles qui en acquièrent le plus dans l'état de maladie ; tels sont : les os, les parties cornées et les cheveux. Enfln, ce que j'ai dit de la similitude «les sensations résultant de l'absorption ou de l'excrétion des fluides impondérables, exécutées par les nerfs optiques, auditifs, olfactiques et du goût, est applicable aux épanouissements nerveux qui constituent aux extrémités de nos doigts le sens du toucher , mais encore à tous ceux qui rendent notre organe cutané sensible dans toutes ses parties. Qu'on brûle ou qu'on gèle subitement une partie quelconque de l'organe cutané, la sensation sera la même pour le patient. Celui qui donne et celui qui reçoit l'étincelle électrique éprouvent la même sensation. Ainsi, l'entrée abondante et subite du calorique ou de l'électricité dans les tubes nerveux, ou leur sortie rapide, produisent le même effet sur notre faculté de sentir, et nos sensations, ainsi considérées, prouvent doublement l'existence et la circulation d'un fluide dans les tubes nerveux.
Je résumerai en quatre observations générales les observations et expériences particulières que je vieps d'énoncer ;
1' Qu'on coupe une partie quelconque d'un animal quelconque vivant; qu'on la dégorge; qu'on l'injecte ensuite avec un liquide coloré d'une manière tranchante par rapport aux enveloppes tubuteuses dans lesquelles il doit pénétrer, et la tubulosité sera rendue visible dans toutes ses parties ;
2° Qu'on donne k manger h un animal qoelcooqac, un minéral quelconque, l'animal ne digérera point cet aliment; il faudrait, pour que Tassimilation pût avoir lieu, que ses forces digeslives fussent suISsantes pour déterminer la perforation des polyèdres constituants du minéral, et pour anéantir l'angulosité de leurs faces; car il ne peut y avoir que des molécules tubuteuses et arrondies, capables de remplacer des éléments de cette nature, et il est reconnu que les molécules constituantes des parties les plus fixes de notre organisation sont remplacées au bout de sept ans. Ce que je viens de dire n'eat point applicable aux fluides; leur ténuité moléculaire les rend susceptibles de tous les genres d'assimilation. En un mot, un animal quelconque, un végétal même, ne peuvent s'assimiler que les molécules solides qui sont entrées dans la composition d'autres corps
3* Qu'on chauffe un corps brut se trouvant à une température très-basse , on n'observera d'autre effet produit que celui d'un accroissement de volume de ce corps; qu'on chauffe avec les précautions convenables un corps organisé, asphyxié par un froid humide (un moineau, par exemple, le cas n'est pas rare), on verra la vie, qui était en quelque façon suspendue chez cet être, reprendre toute son activité, ce qui se manifeste d'abord par le rétablissement de la circulation des fluides. Oisons à cette occasion que l'action des fluides dans les coips organisés est le principe et même le régulateur de la vie ; car la fièvre est le symptôme le plus général des dérangements de santé ;
II" Dans tout animal qui s'éteint par une mort sénile, l'anatomiste reconnaîl, dans les derniers moments de la vie, une grande diminution d'activité dans la circulation, et après la mort, roblîtération d'une grande quantité de vaisseaux qui ne sont plus susceptibles d'être injectés, ainsi que l'ossification plus ou moins avancée des viscères.
J'aurais pu produire un beaucoup plus grand nombre d'observations et d'expériences à. l'appui de mon dire ; mais cela m'a paru inutile pour convaincre les personnes au courant de la science (qui sont les seules auxquelles cet écrit s'adresse), qu» les deux faits généraux annoncés sont exacts :
1° Les parties élémentaires des corps organisés sont tubuleuses ;
2° La présence et la circulation des fluides dans les tubes organiques sont nécessaii'es au développement et à l'entretien de la vis.
Plus les tubes que contient un corps organisé sont variés en dimension de longueur et de diamètre, plus ils forment de viscères et de sens distincts, et plus le corps est élevé sur l'éclielle des êtres, c'est-à-dire plus ce phénomène a d'action sur ce qui lui est extérieur. Qu'on fasse un examen comparatif bien suivi, depuis les fungus jusqu'à l'homme, et ce fait sera complètement vérifié. L'homme, qui est le mieux organisé de tous les animaux, a cinq viscères et cinq sens bien distincts, savoir : la cervelle, le cœur, les poumons, le foie et la rate ; cinq sens, savoir : la vue, l'ouïe, l'odoral, le goût et le touchei'.
Il existe encore de grands préjugés en anatomie
comparée ; le plus marquant de tous a fait placer le singe immédiatement après Thonmie. C'est à cause de sa ressemblance avec l'homme que l'homme lui a accordé la seconde place ; la vérité est qu'il ne la mérite pas. Plusieurs animaux sont mieux organisés que lui et plus intelligents par conséquent. Ils doivent donc être classés comme in^prmédiaires entre le singe et l'homme. Le castor et le rat musqué ont tous les deux le muscle abducteur du pouce, ce qui leur constitue le sens du toucher qui manque complètement au singe, dont les facultés en ce genre se réduisent à la simple préhension. L'éléphacnt a une ébauche du sens du toucher, placée à l'extrémité de sa trompe. Les travaux très-connus du castor, ceux moins généralement connus, mais cependant bien constatés du rat musqué, l'étendue des combinaisons de l'éléphant, classent ces animaux comme bien supérieurs en intelligence au singe.
D'après ce que nous venons de dire, il est facile de s'élever aux idées générales suivantes :
1* Les deux états les plus opposés dans lesquels la matière puisse se trouver, sont, d'une part, l'état de solidité ; de l'autre, celui de fluidité ;
2" Les faits les plus extraordinaires qui puissent exister sont ceux qui résultent de l'action de la matière en état de solidité, et de celle de la matière en état de fluidité, dans l'opposition la plus complète ;
3** Un phénomène est -d'autant plus important (proportion gardée de sa dimension), que l'opposition entre la matière à l'état de solidité et de fluidité est plus multipliée et mieux réglée dans toutes ses parties ;
ft" Les corps organisés sont de tous les phénomènes ceux dans lesquels ropposilion entre la matière en état de solidité et de fluidité est la plus complète et la mieux réglée.
De ce point de vue, nous découvrirons maintenant avec beaucoup de facilité la grande cause, la \Taie cause de la lenteur des progrès de la physiologie.
Les solides nous font éprouver des sensations plus claires, plus distinctes, plus faciles k percevoir, à apprécier, à comparer, à combiner et à calculer, que les fluides. Ainsi, l'esprit humain a dû s'occuper des premiers, avant de fixer son attention sur tes autres. En effet, les Égyptiens, déji assez avancés en astronomie, n'avaient qu'une connaissance très-vague de l'existence des fluides. Les Arabes sont les premiers qui en aient fait un objet d'études, et ils n'ont obtenu aucun résultat important. Ce n'est que dans le xvni' siècle que cette branche de nos connaissances a pris son essor, et, de nos jours seulement, l'atmosphère a été décomposée. On a fait des expériences sur les propriétés et les poids respectifs des gaz qui la constituent. De nos jours seulement, la légèreté du gaz hydrogène a été utilisée pour s'élever dans l'atmosphère; de nos jours seulement, on a su rendre la vapeur des liquides en ébulltlion une force disponible. Enfin, c'est tout récemment que Galvani nous a donné les moyens de démontrer que les fluides impondérables étaient les grands agents des phénomènes de la vie.
Les fluides impondérables étant les causes de la vie, la physiologie n'a pu faire que des progrès très-