SEPTIÈME TERME
Les Égyptiens, chez lesquels les arts et les beauxarts avaient fait plus de progrès que chez les Péruviens, et qui, sous le rapport des sciences morales et de celles d'observation, leur' étaient supérieurs.
Les Égyptiens ont franchi un des pas les plus iiflûciles que l'intelligence humaine eût à passer dans ra longue carrière de son développement, c'était celui de rinvention des signes de convention écrits. Attribuons-leur nettement l'invention de l'écriture, qu'ils l'aient effectivement inventée ou qu'ils ne l'aient que
(1) Rien de ce qui a été dit ou écrit jusqu'à présent sur l'état de l'intelligence humaine, antérieurement aux Égyptiens, n'a été fondé sur des faits observés. Cela n'a été basé que sur des conjectures, que sur des raisonnements, de manière que la science de l'homme n'a été jusqu'à présent qu'une science conjecturale. L'objet que je me suis proposé dans ce mémoire a été de lui imprimer fortement le cachet de science d'observation. Il s'agissait d'abord de déterminer d'une manière précise le point de départ de l'intelligence humaine; ensuite d'établir quelques échelons intermédiaires entre ce point de départ et celui auquel les Égyptiens se sont trouvés. Ai-je pris le bon moyen? C'est au lecteur à le juger, à me juger. Si le moyen que j'ai pris lui parait bon, que son âme s'exalte en ma faveur, et qu*il manifeste dès ce moment l'intention de me soutenir de toute sa capacité, de tous ses moyens, pour m'aider à fournir la longue carrière dans laquelle je me suis lancé, et à atteindre le glorieux et utile but d'améliorer le sort de l'espèce humaine.
J'ajouterai à cette note deux réflexions qui seront am])lement développées dans la suite de ce travail, et que je me bornerai pour le moment à énoncer très-laconiquement :
1® Le développement de l'intelligence humaine a été certainement plusieurs fois troublé, on pourrait dire abâtardi par de grandes catastrophes du globe, entre autres par le déluge, dont l'existence
réinventée ; peu importe à la chose, car notre objet est d'établir clairement la série de développement des progrès de l'esprit humain, et avec des idées talonnées, il nous serait impossible d'atteindre ce but.
Je considère l'époque des Égyptiens comme ayant été celle d'un second point de départ pour l'intelligence humaine, et l'examen de ses progrès depuis cette époque me paraît, à ce titre, exiger plus de détails. Il s'établit alors une division entre l'opinion de la classe des hommes qui, étant adonnés aux sciences, travaillent à découvrir les causes et à coordonner les idées sur les causes avec celles sur les effets, et la croyance de la masse du peuple qui a, jusqu'à présent, toujours corporifié les abstractions.
Mais avant d'établir cette division et d'exposer pa-
a été bien constatée par des obserrations géologiques. Si Toa voulait entreprendre de rendre compte du mélange de quelques idées scientiûques échappées à ces catastrophes, avec les idées réinventées par les générations postérieures, on tenterait une entreprise d*une exécution impraticable; c'est la marche de ce développement, tel qa*i\ aurait eu lieu s'il n'y avait eu ni déluge ni autre catastrophe quelconque, qu'on doit s'attacher à présenter.
2<» La différence n'était pas encore trop grande au XTm* siècle entre l'opinion des philosophes et celle des théologiens, relativement aux premiers pas faits par l'intelligence humaine. Les théologiens disaient, ils disent encore : Adam et Eve étaient heureux dans le paradis terrestre^ avant d'avoir mangé la pomme ; et les philosophes disaient : dans l'état sauvage, l'homme était 4ieureux, ce n'est que depuis l'invention des institutions politiques, civiles et religieuses, que l'homme a connu le malheur. Telle a été la profession de foi éloquemment rédigée par Rousseau, celle froidement exprimée par d'Alembert Condorcet lui-même ne s'en est pas si éloigné qu'on Timagine dans son Esquisse (Tun tableau historique des progrès de Vesprii humain.
SEPnàME T
Les Égyptiens, chez le*^^ arts avaient fait plus de viens, et qui, sous le m:
de celles d'observation.
Les Égyptiens ont iiflûciles que Tintelli?:ra longue carrière df' de l'invention des buons-leur nettemc; raient effectivemei
il) Bien de ce qui rintelligence humai i sur des faits obso^ que sur des raisor n*a été jusqu^à !)!• me suis proposa le cachet de sc'w d*uoe maniôrc >'<• ensuite d'établi < départ et cclu bon moyen? ^' ^ que j*ai ^tia !*> qn'n manif.
■ rcs ■i'-'-niier pas
' :. Mille à ridée de
; ^— i"ns, nos goûts, nos
-. .■';;r«''ables ou désagréa-
'l'iiiiijf causes premières; ce
'itMïï (l.î polythéisme.
:/ SLMiti plus tard que le désordre
::iivors si plusieurs causes indépen-
M) Tavait imaginé jusque-là, étaient
rière d«KH> fc "r " ^^^ monde, et ils se sont élevés à l'idée utile but w.^ minière unique. Mais cette cause pre- YcloDDée^ , .^ lours yeux que la réunion dans un seul momciii .>. il lit^ toutes les divinités secondaires dont J' ^ . ...*:! constitué le polythéisme. Ce troisième cata . •.-^^•^* l^* théisme.
Enfin, les savants ^se sont aperçus que la conception d'un univers composé d'éléments de natures absolument distinctes ne présentait que Tidée d'un chaos ; que les tentatives pour expliquer un pareil ordre de choses ne pouvaient être que des rêveries, et ils travaillent depuis longtemps à organiser un système scientifique dans lequel les divisions et sous-divisions ne soient considérées que comme des moyens pour faciliter les opérations de Tesprit^ et qui, dans son ensemble, puisse être considéré comme une masse d'idées homogènes, c'estrà-dire combinables toutes les unes avec les autres.
Je reviens à la division des Égyptiens en deux classes : celle des savants et celle du peuple.
Le corps des savants égyptiens remplissait les fonctions sacerdotales; c'était le premier, l'unique pouvoir politique dans le pays, il y exerçait un pouvoir absolu. Ce corps avait deux doctrines : l'une qu'il enseignait au peuple, l'autre qu'il réservait pour lui et pour un petit nombre d'initiés auxquels il la communiquait.
La doctrine qu'il enseignait au peuple était l'idolàr trie,' le matérialisme, la croyance aux causes visibles considérées comme premières causes ; il lui faisait adorer le Nil, le dieu Apis, c'est-à-dire le bœuf, le crocodile, l'oignon, sans compter le soleil, la lune, les diverses constellations, etc.
La* doctrine qu'il se réservait était d'un ordre bien plus relevé, elle était bien plus métaphysique que celle qu'il enseignait au peuple. Les causes visibles ne lui
- ^ '?<?condaircs ; il ne les con-
!• tfets de causes d'un ordre
.-*. luvoir être invisibles.
- .ivaicnt recueilli avec le plus
• jîs.*rvations faites par leurs pré-
..ii'.iio des astres, sur les crues du
.-> objets de physique; ils travail-
.. - augmenter ces précieuses con-
,, it.\ riîistoire no nous présente une •
. .i.ami aussi clairement tracée entre les
"ttints que chez les Égyptiens. C'est
croire de ce peuple qu'on acquiert la
. : :x>uvoir sacerdotal et la capacité scien-
L'.'jiîiques dans leur essence. Je veux dire
a-rgé d'une religion quelconqne doit être
ià> instruit; qu'à l'instant où il cesse d'être
.as instruit, il perd successivement la con-
. [Mil tombe dans Tavilissement, qu'il finit
,t!Mti ot remplacé par la réunion des hommes
. >.. ..i:its; (lue ce changement arrive quand il y
. .,4iKMi dans ridée générale. Ne prématurons
...» u.ijAo une idée qui paraîtra très-claire, quand
.* .lu'ello n'est autre chose que le résultat d'une
^ , ..ion sur la marche de l'esprit humain. Il suffit
, ik»nu'nt (l'indiquer que c'est aux Égyptiens que
vMv»- Tobservation que j'indique.
HIITIÈME TERME
».-%.M .ottr seconde partie de la série des progrès de
Tesprit humain, nous n'aurons jamais à considérer à la fois qu'un peuple, ou au moins qu'une société politique à la fois, attendu qu'il y a eu successivement, à toutes les grandes époques, une société politique qui a pris d'une manière décidée le dessus sur toutes les autres, et qui leur a été à la fois supérieure dans les sciences comme dans la guerre ; de sorte que c'est à cette société exclusivement que doivent être rapportés les progrès accomplis par l'esprit humain depuis l'époque où elle a brillé.
C'est en parlant des Égyptiens que nous avons commencé cette seconde partie de la série; nous allons parler des Grecs, nous parlerons ensuite des Romains, après eux des Sarrasins, et enfin des Européens modernes.
On peut embrasser dans une seule conception tous les termes de la série des progrès de l'esprit humain, et cela d'une manière piquante, en établissant une comparaison entre le développement moral de Pintelligence générale et celui de l'intelligence individuelle. Dans l'enfance, je veux dire dans la première enfance, manger est le plus grand plaisir. Toutes les petites combinaisons de rhomme dans le bas âge ont pour objet de se procurer une nourriture plus ou moins friande, et il est facile de remarquer que c'est la principale occupation des peuples qui se trouvent dans le premier degré de civilisation, et sur lesquels les observations rapportées cidessus ont composé la première partie de la série. Dans une enfance plus avancée (ici nous entrons dans la seconde partie de la série et nous allons, puisque nous y
paraissaient que du:f sidérait que coinini" supérieur, o\ i\ni\ p» .
I^es savaiif^ ••l''\[»î:
grand soin tnuti.- 1. décesH'urs >iir li i..
Nil et .^ur ilivn-v ...
laicilt avrr -ir.;. ...
naissan<^(.s.
A au'.-'i.'!. ■ ligne (I ■ '
pf'HS'Ji'.'s
en «'t."!':' coii\ • titi>!
',- une ^-nfancé* plu?
' MH'tiers i'St le goût
• .Mirti d'"* bas âge des
- niarloaux, etc., et de
:-.t certainement les jou-
- enfants de cet ûge tra-
-i ioux ;i élever des tas de
- maux, h construire des di-
.eus ont manifesté en grand
- : laissé, dans ces différents
- îiportants qu'aucun de ceux .'..nais eu des lacs faits de main
- i ceux que les Égyptiens ont ••'.des immenses, superbes inuti- « •usidérer toutes les constructions c ios colifichets?
- i. l'âge de la puberté ; voyons les
i uis rindividu ; elle y crée le goût
-.-.1 un jeune homme qui ne se soit
-./. on musique, en peinture? I-es
:- î> les beaux-arts ; dans ce genre,
A'*iv lie modèles.
' .1 ùure et de la vigueur, Diomme
•••KV ;'i employer ses forco:^, dont le
o M.^ueur rempéche de connaître les
' » lutte avec la nature entière, avec lui-
JrvNiis tout, la vocation militaire. C'est
^ x[ue 1rs Romains se sont principale-
N. I os Sarrasins ont encore cuoilli de
*/îès eux; mais depuis, aucun peuple ne
i pour la rapidité des conquêtes, ni surtout . inence de passion générale pour la direç-
.-ins, qui ont été le dernier peuple éminenl- > conquérant, ont été aussi les fondateurs das
Rees d'observation. Ainsi, ils ont fait la clôture des »nds travaux militaires de l'espèce humaine, et ils ont commencé ceux de l'âge mûr, où l'action est plus lente, mai^ mieux réglée; où l'imagination est moins vigoureuse, mais où la faculté de raisonner a acquis beaucoup de développement, etc.
Ne poussons pas plus loin l'anticipation sur ce que nous avons à dire dans les termes suivants, et faisons tous nos efforts pour bien caractériser l'état de la civilisation à l'époque des Grecs, afm de faire comprendre les améliorations qui ont été opérées par eux, pendant la durée de leur supériorité sur le reste de l'espèce humaine.
C'est chez Homère que s'est d'abord le plus clairement manifestée la force intellectuelle vive qui a uni les Grecs et les a constitués, pendant plusieurs siècles, Pavant-garde scientifique de l'espèce humaine. Homère, le plus ancien des Grecs dont l'histoire nous ait conservé le souvenir et dont les écrits nous soient parvenus, est le fondateur du polythéisme, dans ce sens que c'est lui qui en a été l'organisateur.
Je ne chercherai point à. lier entre elles le petit nombre d'observations que je vais présenter sur les Grecs, je les numéroterai même, pour individualiser le plus possible chacune d'elles.
i:r:iiid pas fait par l'esprit humain
r ;u'utie idée trouvée par les penseurs est
- •■"fiants. Les savants égyptiens s'étaient
iLepiion de causes invisibles; le peuple
.ail :i cet égard d'autre idée que celle de
-.. ts; la masse entière de la population grec-
. .-.■: 'opiiuon de l'existence de causes invisibles.
: .011 >«'rvait de base à la religion du poly-
^. . . ;ut otait la religion commune à tous les peuples
•>i clioz les Grecs que l'esprit humain a com-
■ soccupcr sérieusement de l'organisation sociale.
'. ... .'ux qui ont posé les principes de la politique.
X ,L -t>Ml occupés de cette science, sous le rapport pra-
^..v* AMïuno sous celui de la théorie. Us ont donné le
... .1 de èC'iï-iH'î^ législateurs, tels que Lycurgue, Dracon
. >vMoii, et ce ne sont pas seulement chez eux un petit
.jji>ic de tctrs fortes qui se sont occupées de cette
., A-.ivv; elle était l'objiît des conversations familières
.Mv plusieurs milliers de citoyens ; on en discutait
HvMveiil les principes et les applications dans les assem-
»av?» pul>li((ues.
1..1 société grecque a été la première société politi- .|iir connue, composée de plusieurs peuples, d'un grand lu'tr.Un* de peuples, ayant chacun un gouvernement tKi'ii distinct, et même souvent assez différent de celui vlii plus grand nombre.
Je vais présenter, sur la société politique des Grecs, vl '.^ remarques qui me paraissent mériter toute l'atteni»iMi ilu lecteur ; je le prie d'abord d'observer que
la religion était le lien général de la société grecque. Le temple de Delphes était commun à tous les peuples grecs et indépendant de chacun d'eux; car ce temple avait été bâti sur un terrain réputé sacré qui lui appartenait, sur lequel les peuples limitrophes n'avaient aucun droit, et qui était respecté par les voisins dans leurs guerres les plus acharnées. Les prêtres de Delphes avaient soin, par les oracles qu'ils rendaient, de maintenir l'union entre les peuples grecs et d'exalter leur énergie pour s'opposer aux entreprises des Perses sur leur liberté. Dès le moment que le temple de Delphes fut violé, l'adroit Philippe s'immisça dans la Société grecque, s'en fit nommer le généralissime et s'en rendit le maître. Son successeur Alexandre appesantit sur la Grèce le pouvoir macédonien, encore plus que Philippe son père. Après lui, son général Antipater ne garda aucune mesure, et la société politique des Grecs, ayant à cette époque perdu toute sa force, qui consistait dans son union, n'opposa qu'une faible résistance aux Romains ; alors ceux-ci en firent la conquête et la réduisirent tout à fait en esclavage.
L'autre remarque qui tend également à prouver l'influence énorme des idées religieuses sur les idées politiques, est que le système religieux et le «ystème politique avaient chez les Grecs absolument la même base, ou plutôt, que le système religieux avait servi de base au système politique, que le second avait été fait à l'imitation du premier, qu'il avait été calqué sur lui. En effet, l'Olympe des Grecs était une assemblée républicaine, et les constitutions nationales de tous les peuples
!• C'est un grand j>:i> toutes les fois qu'une idéi* adoptée par les rroi/ants. I élevés à la conccplion •■ «égyptien n'avait ù et»!
causes visibles; la nin^' que aadopt(» ropini." Cette opinion si-rv..
théisme, qui ulaii ■ de la (irùM'.
mène*' ùs'i;i.(..i:- Ce son! •.■.;a ..
Ils se -.-.i. .
tiqn.' ■ , jour
*. .iv.'jiejit toutes cela
.:ilJO<.
> lirccs ont été les • ient si généralement :nc multitude d'autres ? par leurs successeurs, :•? sujet. Je me bornerai 1 pour objet de faire voir, ost vrai, mais cependant dans laquelle les artistes ,"i>r les anciens. Les poètes, <'j< beaucoup de rapports lé- . j ::o sont classés qu'au nombre ^ ■• JL Mes qui contribuent au plaisir . r >, >orit |)lus appelés à diriger ses .- ;.i:is le corps des savants, ils ne .-.: seconde ligne. Or, les hommes ' ..^ .Tts, se lançant toujours de pré- -: qui procure le plus de considé- ..■.i'iîui d'hommes qui se vouent à la . .. :: peuvent pas réussir dans des tra- ^ .-. . ij.\quels l'opinion publique accorde .> .. :>:::no. Un peintre ou un sculpteur ., .: .viobrité pouvait choisir dans toute .'.,". ':> qu'il préférait, pour telle partie du . . l.c> familles les plus considérables . .,.:■ vîo voir leurs filles préférées pour .>. aiiiourd'hui dans la dernière classe •* ';> artistes sont obligés de prendre > cprouNont même des relus de toutes
■'•^ iiiœin's ne soct pas dépravées.
dans le terme suivant qu'on trouve
de la conception en science générale
terme précédent. Ce sont les prêtres
il inventé le polythéisme, ce sont les
polythéistes, c'est-à-dire qui ont cru
de jiittsieurs causes invisibles et qui les ont
un a été de même pour le théisme : c'est
en a été l'inventeur, et ce sont les Bomaina
théistes, cinq cents ans après la mort de
Ibcrate est le plus grand homme qui ait jamais Aucun des hommes qui existeront ne pourra kler Socrate, parce que ce génie par excellence a prot la plus forte conception que l'esprit humain puisse ^ifanter. La réputation dont jouit Socrate, quoique trèsgrande, quoique la plus grande de toutes celles qui existent, n'est pas encore ce qu'elle doit être; elle a encore quelque chose de vague : préciser cette réputation est l'objet que je me propose en ce moment.
En analysant la conception produite par Socrate, j'ai trouvé qu'elle se composait de deux idées générales et élémentaires; l'une, qu'un système devait être un tout, organisé de telle manière que les principes secondaires se déduisissent d'un principe général unique; les principes tertiaires des principes secondaires; et qu'on pût descendre par une échelle morale dont les échelons fussent également espacés, depuis le principe général unique jusqu'aux idées les plus particulières. L'autre idée entrant dans la composition de sa conception avait été
grecs, quoique différentes entre de commun qu^elles étaient roj S"" On a tant et tant dit n inventeurs des beaux-arts, ot qu'Homère, Phidias, Apoll. artistes, n'ont jamais cto • qu'il est' inutile de s'arrOlh présenter une remarqu sous un rapport secrui assez piquant, l'impc:
modernes se trouve ii chez les anciens, cl:
gislateurs; aujourJ des hommes léii:^; de la société, n^ intérêts impoi'
îi.'iition
sont plus pi ' qui se sentcr ' férence dan ration, il n' poésie (\\vvaux d' i '^ mainte»^' grc«' ' la i'
Col
>'..> I.»i'Ogrcs est ni iipi'ès avoir f'*^^^ '■ «lu lu cause unicju^ •. :> les plus particulier:?»
[lù'l ne trouve plus rien ' .-.iies et concrètes son* /il ne peut plus les dé- . i l'aire est de changer sa . .ibsolument opposée; c'est- ; de la considération des faits ^ > yiiis généraux, et de se ren- ? .rculière, au fait général. En .-■.'lîceur de la méthode, et depuis v.vpcor Bacon, n'est parvenu à ••.cvption. L'esprit d'aucun des •îic^rassé un aussi vaste champ luu. ôiv que rÉcolc s'est divisée, ::ci-'. du chef et fondateur, .ivr^t los doux hommes qui se s i\\'ote socratique, qu'ils divi- \'::î distinctes, avant des noms ■ [^jv-soe diins la marche do
leurs travaux. On a appelé Ecole des académiciens une des deux, çt l'autre, École des péripatéticiens. Les noms École des prioriciens et École des postérioriciens auraient été bien préférables, puisqu'ils auraient rappelé la doctrine enseignée par chacun des deux philosophes. Je ne prétends pas dire que Platon ait été entièrement prioriste, ni Aristote exclusivement postérioriste, mais seulement que le premier a cru et enseigné que les considérations à priori méritaient la préférence sur celles à posteriori, tandis que le second a enseigné le contraire et qu^ je le répète, ni l'un ni l'autre n'a remplacé ni égalé Socrate, qui, dans sa philosophie impartiale et transcendante, a considéré les routes à priori et à posteriori comme également bonnes à suivre, comme devant donner autant de découvertes l'une que l'autre, mais comme devant être suivies alternativement.
Une observation à mon gré bien piquante est de voir que l'esprit humain a suivi par instinct la marche que Socrate (qui n'a pas réussi à se faire bien comprendre de ses disciples) avait dit qu'il devait suivre. En effet, l'histoire nous prouve que les idées de Platon ont été préférées à celles d' Aristote pendant les onze cents ans qui se sont écoulés depuis leur émission à l'Académie, jusqu'aux règnes des califes Al-Raschid et Almamoun ; qu'à cette époque Aristote avait été traduit par les Arabes, et que l'École a donné à ses ouvrages la préférence sur ceux de Platon, ce qui a duré également onze cents ans. Cette idée exige des développements que je donnerai plus tard, attendu qu'ils seraient déplacés, ceci n'étant qu'une esquisse.
— ironie détenniner à clore oe tdit Qicore deux mots de la capacité h avoir fait remarquer la sagacité ex- ^•pkiL a montrée sur un point important, et i qa*îl a pris à cet égard. Pour ei^w- I idée, qui est très-importante, il faut s de Socrate ; ils sont composés k bien distinctes : les uns ont eu pour I de la méthode, les autres ont été itJ0 Uà méthode. J'ai déj& dit en quoi a conEÔsté I titsUie par Socrate, je ne m'étendrai pas ^iBHHrii^pQttr le moment sm: ce sujet; je vais parler de .la^rrMmir scientifiques directs, et faire voir qu'il les a jm^ÎA-ifaiirâsun raisonnement sur sa méthode, plein de j^iiâtoi H en même temps d'une grande profondeur. :!^tMK«a scientifiques directs ont été de deux espèces. ) ont eu pour objet 'l'anéantissement de la » à plusieurs dieux et, pour m'expliquer avec p)lli.vfti généralité, à plusieurs causes. Dans toutes ses 4)f^igikom avec les sophistes et les prêtres, c'est toujours liftatinori qu'il les a combattus, et il les a à complél^iiMBt vaincus, ridiculisés, que, las du sot rôte qu'il leur ^ÎjMÙt jouer, ils l'ont rendu victime de la superstition tM'ila ont armée contre lui. L'autre travail auquel Sotjiwt» «'est livré a été celui de l'organisation du système ttiientiflque. C'est alors à priori qu'il a considéré les i^lkiMM. Socrate, comme on voit, a nettement conçu que 4*tttNi( à posteriori qu'il fallait criUquer et à priori qu'il ïltlUùt organiser.
Nvthi allons nous élever h la considération du rai-
sonnement le plus général que Socrate ait fait ; ce raisonnement étant en même temps le plus général que l'esprit humain puisse faire , le lecteur sentira sûrement que le plus haut degré d'attention est nécessaire pour juger les idées que je vais lui soumettre.
Je vais faire parler Socrate, il adressera la parole à ses élèves ; je déduirai et je développerai à la suite de son discours les raisons qui m'ont engagé à donner cette forme de rédaction à cette partie de mon travail.