‹ Science de l'hommeChapitre 58 sur 84 · DEUXIÈME LETTRE AUX PHYSIOLOGISTES · texte numérisé non relu

DEUXIÈME LETTRE AUX PHYSIOLOGISTES

Messieurs ,

Je sens bien profondément et bien vivement le besoin que j'ai de votre secours. Je me suis expliqué très-franchement à ce sujet dans ma première livraison. J'y ai sollicité votre appui avec le plus d'instance qu'il m'a été possible. Plusieurs de vous m'avez répondu des lettres très-obligeantes, mais aucun de vous n'a accepté clairement la proposition que je vous ai faite de combiner et

de coaliser toutes nos forces d'intelligence et tous nos moyens pour donner une base solide à la physiologie, ainsi qu'à la philosophie. Ce refus tacite de votre part m'a laissé dans un état d'isolement très-pénible pour moi, et m'a fait faire les plus sérieuses réflexions à ce sujet. En cavant cette idée, je suis resté convaincu que je n'avais d'autre moyen d'obtenir votre appui que de vous faire sentir que vous aviez besoin du mien. Pour atteindre ce but, je me suis borné dans cette livraison à vous démontrer que votre science était mal basée. J'attendrai pour vous communiquer mes idées sur les moyens d'améliorer sa théorie, que vous me manifestiez clairement le désir de les connaître.

Oui, Messieurs, c'est un fait certain que les philosophes ne peuvent pas donner une organisation satisfaisante à la philosophie sans le secours des physiologistes; mais il est également certain que les physiologistes ne parviendront pas à baser raisonnablement la physiologie sans le secours des philosophes.

Oui, Messieurs, c'est un fait certain que jusqu'à cette époque le trésor des connaissances humaines n'était pas assez bien fourni pour qu'il fût possible de donner une bonne organisation à la science de l'homme, et il est également certain que si les physiologistes et les philosophes veulent aujourd'hui réunir franchement leurs efforts, ils parviendront à ramener toutes les questions politiques à des considérations d'hygiène.

Oui, Messieurs, c'est un fait certain que nous pouvons, en combinant nos efforts, dévoiler les causes de la crise dans laquelle l'Espèce humaine se trouve engagée.

que nous pouvons indiquer les moyens de terminer cette crise^ que nous pouvons ramener le calme en Europe, que nous pouvons réorganiser la Société européenne et lui donner une organisation qui concilie les intérêts des différents peuples dont elle est composée. Messieurs, je n'ai qu'une passion, celle de pacifier l'Europe ; qu'une idée, celle de réorganiser la Société européenne. Elevez vos cœurs à cette hauteur de sentiment ; élevez vos esprits jusqu'à cette grande pensée ; réunissons franchement nos efforts, et en peu de temps nous parviendrons à faire ce qu'il y aura de plus utile pour le bonheur des autres et pour notre satisfaction personnelle.

J'ai l'honneur d'être, Messieurs,

Votre très-humble et très-obéissant serviteur ,

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