‹ Science de l'hommeChapitre 72 sur 84 · TROISIÈME SECTION · texte numérisé non relu

TROISIÈME SECTION

Nous ferons voir dans cette troisième section qu'on donne aujourd'hui beaucoup trop d'importance à l'analyse algébrique, et qu'on fait trop peu de cas de l'analyse logique, ce qui est constaté par le fait que la mathématique se trouve en tête de toutes les sciences de l'Institut, tandis que la logique n'est pas même admise dans la première classe. Nous ferons remarquer que l'analyse logique est la seule qui puisse être employée dans la physiologie, et notamment dans la science de l'homme, qui forme la sommité de cette branche de nos connaissances. Nous ferons voir que la mathématique, dans ses parties transcendantes, ne peut être appliquée qu'à des phénomènes dépendant de la physique des corps bruts, qui sont d'un intérêt très-secondaire, en comparaison de ceux de la physique des corps organisés.

Enfin nous démontrerons qu'il est important pour le bonheur de la Société de diminuer un peu le degré de considération dont la mathématique jouit dans ce moment.

Ce ne sera pas la considération des mathématiciens que nous dirons qu'il est utile de diminuer, mais seulement de la mathématique, car les mathématiciens sont aptes à être bons logiciens, ils sont aptes à faire faire des progrès à la science de l'homme, ils sont même, en général, plus aptes que d'autres, i ^ parce que la mathématique donne de bonnes habitudes logiques; 2*^ parce que la mathématique, dans ce moment et depuis assez longtemps, étant la science la plus considérée, les têtes les plus fortes se sont de préférence livrées à cette direction. Nous rappellerons que c'est à Condorcet, mathématicien distingué, que la science de l'homme doit le dernier pas important qu'elle a fait.

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