‹ Science de l'homme, physiologie religieuseChapitre 120 sur 125 · TT · texte numérisé non relu

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» La première section de mon Mémoire sur la science » de l’homme est terminée; j'en ferai faire plusieurs co- » pies à mi-marge, et je les remettrai aux personnes les » plus capables de juger un travail de cette nature. Je » les prierai de m'aider de leurs conseils, en plaçant en » marge leurs observations. Je leur remettrai copie de » la seconde section quand elle sera terminée, en rece- » vant d'eux leurs observations écrites sur la première ; » je continuerai de cette manière à soumettre mon tra- » vail, partie par partie, à la critique des penseurs ins- » truits, ayant assez de chaleur d’äme pour s'occuper » d’une manière suivie de l'intérêt général et des moyens » de terminer la crise dans laquelle la masse entière » de la population européenne est engagée. »

Ainsi, je ne devais attaquer que dans trois ans la question que je viens d’aborder; je devais employer les trois années suivantes à la traiter, et n’en donner, par conséquent, la solution qu’au bout de six ans. Je m'étais donc ménagé six années pour préparer l'esprit du lecteur et pour caver mes idées; et c’est, au lieu de cela, en quinze jours, qu’il m'a fallu gravir le pic de l’intelligence, etme placer à son sommet. C’est en cinquante pages que j'ai dû conduire le lecteur à cette immense hauteur d’abstraction. Qu'est-ce qui vous y a obligé? me demandez-vous, Messieurs. C’est ce qui commande avec le plus de despotisme à l’homme de cœur : d’une part, le sentiment de faire une chose utile, et de l’autre, l'espérance d'acquérir de la gloire.

L'Empereur, à son retour à Paris, a manifesté l'inten-

— TS — tion de poursuivre son projet de forcer les Anglais à reconnaître la liberté des pavillons; son attitude fière, on peut dire héroïque, après les revers que nos armées viennent d’essuyer, nous a enchanté ; elle nous a exalté ; mais l'Empereur, nous a-t-on dit, a annoncé le projet d'atteindre son but, en forçant, par la voie des armes, tout le continent à le seconder dans son projet de renverser le despotisme exercé par les Rretons sur l’empire des mers, et il nous est démontré qu’il lui est impossible de réussir par ce moyen : d’un autre côté, nos compatriotes de toutes les classes manifestent clairement le désir de se renfermer dans les limites que la nature a données à la France, qui sont les Pyrénées, les Alpes et le Rhin; ils disent hautement que ce serait contre leur opinion que le chef du gouvernement ferait passer à nos armées ces limites naturelles pour tenter de nouvelles conquêtes; cette opinion nous paraît juste et nous la partageons entièrement ; mais nous voyons avec un vif chagrin et même un profond sentiment d’humiliation , beaucoup de Français mollir dans l'intention qu'ils avaient eue de forcer les Anglais à reconnaître le droit des gens et à s'y soumettre. Convaincu qu'il est possible de concilier les vues héroïques de l'Empereur avec les intentions nationales, nous avons fait nos efforts pour produire une conception qui atteignit ce but, et nous nous sommes hâté de présenter, par aperçu, le moyen conciliatoire des intentions de l'Empereur et de celles de ses sujets. Nous ne regrettons pas le travail très-pénible que cela nous a fait faire, car nous avons conscience d’avoir, par cet effort, aulant éclairci nos idées en

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— T9 — quinze jours que nous l’aurions pu faire, en suivant la marche que j'avais adoptée, en plusieurs mois, et même en plusieurs années.

Oui, Messieurs, nous sommes sûr qu’en lisant notre premier mémoire, vous aurez été frappés de la nouveauté, de la vigueur et de la justesse des idées qu'il contient; nous sommes également sûr de faire paraître d'ici à trois mois et peut-être beaucoup plus tôt notre second mémoire, et que ce second mémoire atteindra son but, celui de lier par une conception à priori les découvertes faites en astronomie par Newton et depuis lui. Enfin nous sommes certain de faire paraître avant un an notre troisième mémoire, qui sera une bonne ébauche d'une théorie scientifique générale, basée sur l'idée de la gravitation universelle, considérée comme loi générale, unique et immuable à laquelle Dieu a soumis l'univers, et par laquelle il le gouverne ; ébauche suffisante pour donner à la corporation des savants les moyens de faire application de cette nouvelle théorie générale à la science politique.

La conséquence de ces travaux sera la réorganisation de la Société européenne, au moyen d’une institution générale commune à tous les peuples qui la composent, institution qui, suivant le degré de lumières de chacun, lui paraîtra scientifique ou religieuse, mais qui, dans tous les cas, exercera une action politique positive, celle de mettre un frein à l'ambition des peuples et des rois, action qu’elle exercera vraisemblablement d'abord contre l'Angleterre, mais qu’elle exercerait nécessairement dans toute sa vigueur contre les Français, s'ils ne rentraient

pas dans leurs limites naturelles et s’ils ne renonçaient pas constitutionnellement à n'en jamais sortir.

La force des savants de l’Europe, réunis en une cerporation , générale ayant pour lien une philosophie basée eur l’idée de la gravitation, sera incalculable.

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