ETES
mirer son auteur, son père ; leur déclarant impudemment que Saint-Simon lui avait volé et gâté ses idées, lui qui n'avait pour toute doctrine que des idées de Saint-Simon, publiées au moment de sa propre naissance; lui qui, après avoir blasphémé contre toute religion, s’est fait Pape; lui qui repoussait de sa science négative, qu'il appelait positive, le sentiment, l'amour, la femme, et qui a fini par bénir et consacrer des mariages dans sa petite église ! Mais le malheureux est mort ; que Dieu l'éclaire !
Ah! mon cher ami, dites tant qu’il vous plaira, que j'ai exagéré, que je me suis même grossièrement trompé dans tout ce que je vous ai exposé sur le rôle que, selon moi, les organes de la génération doivent jouer dans les études physiologiques; mais, j'en appelle à vous-même, pouvez-vous prononcer sans rougir, devant une femme, et surtout devant une jeune fille, cette grande parole chrétienne : Benedictus fructus ventris tui? Je sais bien qu’on a traduit par entrailles, et qu’on a cru tout sauver, grâce à cette double figure de rhéto-. rique. Mais que d'efforts je fais moi-même, dans cette lettre intime, que je ne montrerai peut-être qu’à des médecins, pour ne pas blesser vos pudiques oreilles, en vous parlant de la noblesse, de la grandeur, de la sainteté de l’acte générateur, et en osant placer les organes qui l’accomplissent au niveau de l’appareil générateur de l’idée !
Oui, je suis convaincu que la science trouvera des paroles si élevées, si religieuses, si pleines d’adoration pour le générateur suprême, en parlant des signes de
sa divine puissance dans l’homme, qu’elle imposera le respect et commandera le silence à tous ceux qui voudront voir là des signes de l’animalité et non les symboles vivants du père et de la mère de tout ce qui est, de l’ANDROGYNE UNIVERSEL,
Jamais vous ne ramènerez la pudeur, la décence, la grâce dans le monde, si vous traitez comme organes animaux, comme passions bestiales, les organes générateurs et le saint amour qui nous à donné à tous la vie. Jamais enfant, fille ou garçon, ne respectera en lui cette source de vie, s’il ne lui a pas été enseigné qu'il est le fruit des saints, des nobles organes de la maternité et de la paternité, et que ces divins organes ne sont pas des jouets d’égoisme brutal, des agents de débauche, mais le sanctuaire de reproduction, de perpétuation de la vie humaine, EN DIEU, éternel générateur des mondes, universel créateur des êtres.
Oui, vous maintenez parmi les hommes la débauche, en les faisant rougir de leurs appétits légitimes vers l'union des sexes, en leur faisant honte des organes qui accomplissent cette sainte union. Vous perpétuez la débauche, comme vous perpétueriez l'ignorance, si vous n’aviez pas élevé très-haut l'acte et les organes générateurs de la science.
Et je vous le dis aussi, jamais vous n’affranchirez l'industrie de son égoïsme, de son avidité, si vous la placez au-dessous de la science, sous sa domination, celleci la traitant comme inférieure à elle, comme le fruit d’appétits animaux et de facultés animales,
Et j'affirme encore qu'avec vos idées sur vos facultés