IDÉES GÉNÉRALES
Page 59. — La physiologie, l'analyse des idées et la morale ne sont que les trois branches d’une seule et même science, qui peut s'appeler à juste titre la Science de l’homme. ,
P. 158. — Tout est sans cesse en mouvement dans la nature; tous les corps sont dans une continuelle fluctuation. Leurs éléments se combinent et se décomposent ; ils revêtent successivement mille formes fugitives ; et ces métamorphoses, suites nécessaires d’une action qui n’est
jamais suspendue, en renouvellent à leur tour les causes et conservent l’éternelle jeunesse de l’univets.
Pour peu qu’on y réfléchisse, il est aisé de sentir que tout mouvement entraîne et suppose destruction et reproduction; que les conditions des corps qui se détruisent et renaissent doivent changer à chaque instant ; qu’elles ne sauraient changer sans imprimer de nouveaux caractères aux phénomènes qui s'y rapportent ; qu’enfin, si l'on pouvait marquer nettement toutes les circonstances de ces phases successives que parcourent les êtres divers, la grande énigme de leur nature et de leur existence se
trouverait peut-être enfin assez complétement résolue, quand même l'existence et la nature de leurs éléments devraient rester à jamais couvertes d’un voile impénétrable,
P. 264. — Ce serait peu que l'hygiène se bornât à tracer des règles applicables aux différentes circonstances où peut se trouver chaque homme en particulier : elle doit oser beaucoup plus ; elle doit considérer l'espèce humaine comme un individu dont l'éducation physique lui est confiée, et que la durée infinie de son eanstence permet de rapprocher sans cesse, de plus en plus, d’un type parfait, dont son état primitif ne donnait même pas l’idée ; il faut, en un mot, que l'hygiène aspire à perfectionner l'espèce humaine générale.
Après nous être occupé si sérieusement des moyens de rendre plus belles ou meilleures les races des animaux ou des plantes utiles et agréables ; après avoir remanié cent fois celle des chevaux et des chiens ; après avoir transplanté, greffé, travaillé de toutes les manières les fruits et les fleurs, combien n'est-il pas honteux de négliger totalement la race de l'homme ! Comme si elle nous touchait de moins près; comme s’il était plus essentiel d’avoir des bœufs grands et forts, que des hommes vigoureux et sains ; des pêches bien odorantes ou des tulipes bien tachetées, que des citoyens sages et bons.
Il est temps, à cet égard comme à beaucoup d’autres, de suivre un système de vues plus digne d’une époque de régénération. Il est temps d’oser faire sur nousmêmes ce que nous avons fait si heureusement sur plu-
sieurs de nos compagnons d'existence, d’oser revoir et corriger l’œuvre de la nature.
P. hh4. — Tout semble prouver que le système nerveuæ et le système sanguin se forment d’abord et au même moment. En effet, aussitôt que le point pulsatile qui marque le premier linéament du cœur commence à devenir sensible, le microscope distingue également, à côté de lui, ce filament blanchâtre dont le développement produit tout l’appareil cérébral.
P. 446. — Dans l’homme et dans les animaux qui se rapprochent de lui, le centre cérébral, qu'on peut regarder comme la racine et l’aboutissant du système nerveux, et le centre de la circulation sanguine, ou le cœur, d’où sortent toutes les artères et où viennent se rendre toutes les veines, sont les premières parties organisées.
P. h47.— Dans les premiers temps de la gestation, l'estomac et les autres organes du fœtus qui doivent concourir à la digestion des aliments paraissent réduits à l’inaction la plus entière... Pendant tout ce temps l'estomac demeure replié sur lui-même; il n’éprouve guère d’autres mouvements que ceux qu’exige son développement organique... Le foie s'organise, mais il n’envoie pas encore de véritable bile dans le duodénum. On peut en dire autant de fous les autres organes qui secondent les fonctions du canal alimentaire ; ils sont d’abord plongés dans une espèce de sommeil.