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facultés que vous nommez perceptives et philosophiques? Je ne le pense pas, ce serait trop contraire à la réalité.
Ces pauvres facultés que vous nommez animales , vous y trouvez l'instinct dela destruction et vous oubliez d'y montrer l'instinct et, à plus forte raison, l’art de la construction ! Vous ne nous dites même pas un mot de la faculté du mouvement, qui, Dieu merci, est bien importante. Vous semblez prendre plaisir à stygmatiser cette partie de la vie humaine, en la nommant animale, comme si les instincts matériels de l’homme, y compris l'amour physique et l'amour de l’animal femelle à face humaine pour ses petits, ne différaient pas au moins autant de ceux de la brute, que l'instinct de constructivité chez l’homme diffère de celui du castor; et comme si l’abêtissement d’un savant faquir de l’Inde était bien supérieur à l'intelligence d’un singe, d’un chien, d’une abeille ou d’un cheval.
Et ce moi, cette personnalité qui fait les fats, les vaniteux, les orgueilleux, les ambitieux, comme vous la traitez ! Eh bien, je vous défie de ne pas la trouver élevée à sa plus haute et à sa plus sublime puissance, dans tous les hommes qui ont fait faire les plus grands pas à l'humanité.
Mon cher Docteur, vous méprisez trop le cervelet; il est impossible que vous estimiez César, Alexandre, Mahomet, Charlemagne, et Napoléon, et même l’industrie et l'industriel, ce qu'ils valent; il est impossible que vous rendiez justice à la force, à l'adresse, à la grâce, à la beauté. Vous êtes docteur, vous n'êtes pas acteur,
DER Te faiseur, créateur; vous ne seniez pas ce que c’est que manier un monde et le tailler à l'image de Dieu.
Grand Dieu! quels animaux, quels castors, quelles taupes que ces Talabot, Jullien, Didion, Stephenson, Brassey, Locke, Parent, qui n’ont pas fait un livre, pas écrit une ligne de métaphysique, de philosophie, d'histoire, de physiologie, de littérature, et qui ont percé, troué, broyé des montagnes, comblé des vallées, franchi des fleuves et réuni toutes les capitales de l’Europe dans la banlieue les unes des autres!
Avouez, cher Docteur, que vous comptez plus sur votre livre pour l'avancement du monde, que sur les prodigieux travaux de ces manœuvres de Dieu, pétrissant un globe.Soyez sûr qu'ils ont le cervelet développé, ces géants, et que cela ne les a pas empêchés de comprendre la volonté de Dieu, parce que leur front, vaste aussi, mesure le temps et pèse l’espace.
Jean Reynaud, P. Leroux et Carnot, ces trois idolâtres de l’esprit et de la liberté, trouvaient, je me le rappelle, que Michel Chevalier avait un style de maçon et que ses métaphores puaient le mortier et la vapeur. Je reconnais qu'on y sent cette odeur; mais aussi voilà pourquoi Michel a écrit, en 1831, le système méditerranéen, où il a tracé le plan de ce gigantesque travail de maçon, auquel personne autre que nous ne songeait à cette époque, qui a coûté des milliards et qui est presque fini maintenant.
Il est vrai, ces trois fanatiques de l'esprit et de la liberté, ces trois hommes de savoir, sont, comme on dit, arrivés au pouvoir; mais, ministre, conseiller d'Etat,
ct, 20 représentant, ils n’ont pas su émettre et réaliser une seule idée pratique ; ils ont été en fait, en acte, en chair et en os, paralytiques, et comme pouvoir, comme aulorité, ils ont été cataleptiques.
Soyez convaincu, cher Docteur, que j'estime fort Ciel et terre, la Triade, et même les Mémoires de Gregoire et ceux de Carnot père ; mais je reproche à leurs auteurs et à vous de n’aimer ni comprendre le style et l’œuvre maçon. Ces messieurs ont des fronts superbes, mais de cervelet peu, ou du moins vous l'avez tous sensiblement atrophié par votre mépris des facultés cérébro-animales.
Reynaud s’est enfui de la terre, où l’on fravaille, pour aller se promener dans les étoiles, où il flâne en rêvant. Ce bon Leroux, pauvre écureuil en cage, tourne dans son circulus! Carnot continue son ministère de l'instruction publique, par l'instruction privée de ses enfants, très-bien ornés de grec et de latin, et décorés, je crois, d’æ et d'y comme leur grand-père ; enfin, vous, vous enlevez des cataractes, mais non celles du Nil ou autres du même genre, telles que Suez ou Panama.
Tout cela est excellent et méritoire; mais, pour Dieu, Messieurs, trouvez donc bonnes et dignes de l’homme ces facultés dont vous êtes peu doués et que d'autres ont en partage, elau moyen desquelles, vrais Hercules, ils portent et traînent la terre, l’industrie, la matière, Dieu incarné, le monde, la nature, le Pan qui vit dans l'immensité.
Comment, cher ami, vous voulez en finir avec les
Jésuites, et vous ne comprenez pas que tout est là!
Vous ne voyez pas que vous vous escrimez comme eux à déprimer et écraser la bête, l'animal ; que cet animal regimbera , donnera des ruades à votre esprit et le désarçonnera brutalement, si cet esprit ne le traite pas comme un frère, comme un conjoint, comme sa femme. Vous ne comprenez pas que vous êtes encore adorateur mystique d’un Dieu pur esprit, malgré la venue de Saint-Simon ; que même en tolérant l'animal, mais le mettant sous la verge de l'intelligence, au lieu de les associer l’un à l’autre par le saint lien de l'égalité, vous maintenez la guerre, vous, homme pacifique; vous maintenez l'esclavage, vous, homme de la liberté!
$ 2. Je reviens donc encore à votre cerveau.
Je le répète, vous me faites voir, dans ce que vous nommez le clavier cérébral, trois octaves et seulement deux pôles, que j'aime à appeler deux piles et qui semblent avoir cette signification dans votre pensée, car vous dites : « Une idée pourrait bien n'être qu’une combinaison de chimie transcendante entre deux éléments très-subtils. » Si vous disiez la même chose d’un SENTIMENT et aussi d’un fait, je serais parfaitement d’accord avec vous ; seulement, j'ajouterais que, pour le SENTIMENT, il pourrait bien n'être que le résultat d’une combinaison harmonique ou discordante de l'élément idée avec l'élément fait, chose, forme; d'une combinaison psychique et physique, spirituelle et matérielle des . deux piles antérieure et postérieure du cerveau.
Je serais désireux que vous me prouvassiez que je me trompe ou que je vois juste en émettant cette dernière
re
hypothèse. Vous comprenez son importance capitale ; il est évident que, dans cette hypothèse, le cerveau serait un appareil de combinaisons chimiques transcendantes , desquelles ressortiraient des #wisonnements et des actes qui, combinés eux-mêmes positivement ou négativement, par attraction ou répulsion, produiraient des SENTIMENTS affectueux ou hostiles, de construction ou de destruction , en un mot, des PASSIONS.
Alors, je comprendrais, comme je vous l'ai déjà dit, que vous me montrassiez le lieu, la forme de cette troisième et suprême octave du clavier cérébral; et je verrais dans le cerveau le triple siége des facultés rationnelles, matérielles et PASSIONNELLES de l’homme ; mais, “encore une fois, je crois que cette troisième octave n’a pas d’individualité palpable, semblable de forme et de substance aux deux autres; en d’autres termes, je crois que si c’est aussi une pile, elle est l'expression et le produit du jeu combiné de ces deux autres piles, copulant entre elles.
Que chacune des deux piles ait son organe sexuel , c’est possible, c’est même probable, et je ne suis pas étonné du lieu où vous placez le moi, et de celui où vous placez la religiosité, parce que, jusqu'ici, religiosité a voulu dire adoration d’un Dieu non-moi, en toute humilité, abnégation, dévotion ; tandis que mot a signifié jusqu'ici orgueil, égoïsme, exploitation du non-moi. Ces deux mots : religiosité et mot, appartiennent donc à des organes de sexes tout à fait différents, mais qui, s'ils se touchaient amoureusement, produiraient notre foi qui est l'union AMOUREUSE et GÉNÉRATRICE du moi et du non-