CINQUIÈME OBSERVATION
A toutes les époques, l’homme a divisé les corps
de vue, je vous en conjure, que la rédaction n’est qu'un objet secondaire, et que, pour le bien de la science, votre critique doit porter principalement sur le fond des idées.
Il s’agit essentiellement de savoir si (après méditation suffisante, l'examen de ces idées en exige beaucoup, attendu qu'elles sont trèsabstraites) votre esprit se trouve satisfait, c'est-à-dire :
1° Si la comparaison entre la structure des corps bruts et celle des corps organisés est bien établie, si elle l'est suffisamment pour qu'on voie, dans ce qui les différencie, des raisons suffisantes de distinction entre l'action des uns et celle des autres, pendant toute leur durée phénoménique;
2 S'il y a effectivement rectification dans l'échelle organique, en placant le castor et l'éléphant immédiatement après l'homme et avant le singe; si la démonstration que l'homme est absolument de la même nature que les autres animaux est solidement établie; s'il est vrai que l'animal le mieux organisé après l'homme se perfectionnerait si l’homme disparaissait du globe ;
30 Si la marche des progrès de l'esprit humain est bien établie;
4° Si les conjectures formées sur la marche que l'esprit humain suivra sont bien correctement déduites de la marche qu'il a suivie jusqu'à ce jour;
5° Enfin, si toutes ces parties réunies forment bien une seule et même série, qui comprend, compose, constitue toute la science de l'homme.
4e organisés (les animaux avec plus de soin encore que les végétaux) en deux classes. Il a composé l’une de ceux qui lui sont utiles, et l’autre, de ceux qui lui sont nuisibles. À toutes les époques, il a travaillé à détruire ou du moins à éloigner le plus possible de son habitation les seconds, et à réduire les premiers en esclavage. A toutes les époques, par conséquent, l’action qu’il a exercée sur les autres animaux a été un obstacle au développement naturel et successif, de génération en génération, de leur organisation primitive. Cette action exercée par l’homme sur les autres animaux a été très-faible à l’origine; car l’homme n’a joui primitivement sur les autres animaux que de la supériorité d'intelligence qui résultait directement de sa supériorité d'organisation, et cette supériorité était bien petite ; mais elle s’est accrue de génération en génération, de manière que les moyens d’action de l’homme sur les autres animaux se sont graduellement et continuellement accrus.
Cette observation mérite toute l’attention des physiologistes ; la développer est un des meilleurs usages qu'ils puissent faire des forces de leur intelligence.