SUBDFVISIONS DES PASSIONS. FINS PLUS OU MOINS PROBABLES
La division la plus simple qui se puisse établir dans chacun des trois genres de la passion dépend d'une représentation accessoire attachée fréquemment à la représentation des fins: savoir de la probabilité plus ou moins grande qu'il y a que ces fins se réalisent, ou, étant réalisées se conservent. Les autres subdivisions se tireront de la nature des objets au moyen desquels est attendue ou obtenue la réalisation des fins.
Selon que la fin qu'on désire atteindre est estimée plus ou moins probable, la passion prend la forme de Vespérance ou de la crainte, et, inversement, de la crainte ou de l'espérance, s'il s'agit d'une fin pour laquelle on a de l'aversion.
Lorsque la fin propre à causer ravissement ou saisissement, au moment de son obtention, est jugée prochaine et imminente, la passion prend la forme de l'<?ntraînement o\x AeV abattement. L'imagination qui devauce le temps donne lieu, d'un côté aux phénomènes de l'ardeur, de l'exaltation, de l'enthousiasme et de l'impulsion à agir, et, de l'autre, à ceux de la faiblesse, de la mollesse et de la peur. La confiance parfaite, et une
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sorte de désespoir aigu, sont les formes extrêmes de ces deux effets de Tattente, à Tinstant où Tissue parait assurée. La patience et V impatience sont encore des formes de la passion relative aux fins envisagées dans l'avenir prochain, et que des causes diverses peuvent hâter ou retarder. Mais il faut bien distinguer la part à faire à la vertu dans l'acception ordinaire du mot patience. Au reste, ces dernières passions seront mieux classées à l'article suivant.
La fin actuellement possédée et dont la possession engendre la joie, donne lieu, selon que la conservation en parait certaine ou incertaine, aux deux formes passionnelles de la quiétude (calme, tranquillité, sécurité) et de y inquiétude. Il en est de même du cas de la tristesse, selon que la fin semble impossible à conserver ou simplement douteuse. Mais, d'elle-même, Tinquiélude appartient toujours au genre de la tristesse, et la quiétude à celui de la joie. Dans le cas de la joie, si la conservation parait impossible, et, dans le cas de la tristesse si la conservation parait très probable ou certaine, s'offrent les affections et les différentes nuances de la résignation ou du désespoir, La patience et l'impatience appartiennent aux cas de l'incertitude et par conséquent de l'attente, soit qu'il s'agisse d'une fin possédée triste et d'un changement espéré, ou d'une fin joyeuse encore à venir, car les deux suppositions sont logiquement identiques. Au demeurant, la patience est, de sa nature, plus près de la quiétude, et par conséquent de la joie ; l'impatience, plus près de l'inquiétude et de la tristesse. Le désespoir est tout entier de ce dernier genre, la résignation tient des deux. Remarquons d'ailleurs que le jugement sur les possibles est influencé par les dispositions mentales au repos ou au mouvement, toutes les fois qu'il peut entrer quelque liberté dans les appréciations.
Toutes ces passions sont naturelles et justifiées parla spontanéité de leur production. Mais, de même que les genres dont elles dépendent, elles réclament un règlement de la raison dès qu'elles deviennent réfléchies et