DE LA LIBERTÉ PAR RAPPORT AU MERITE
ment reprochable à l'agent moral ; et rien ne serait à reprocher à celui qui manquerait de mérite dans Tordre idéal. Si, au contraire, nous considérons une société de fait, où ne règne pas le devoir, nous ne trouvons plus aussi chez les hommes qu'une ombre, une application imparfaite et incertaine du vrai mérite. Or le caractère dominant, par suite duquel les sociétés et leurs membres en sont à ce point, n'est pas l'absence de ce mérite, mais c'est la faiblesse de la raison et la violation de la justice; et le mérite qui dès lors subsiste à peu près seul pour eux, et qui admet cette fois un démérite corrélatif (injustice et vice), est celui dont j'ai parlé au commencement de ce chapitre : la vertu de faire son devoir dans un milieu défavorable et malgré le désordre invétéré de l'imagination, de la sensibilité et des passions.