SANCTIONS NATURELLES ET RATIONNELLES
La sanction d'une loi s'est d'abord entendue de ce qui pouvait la rendre sacrée pour ses observateurs. En ce sens, les lois de la morale ont pour sanction, premièrement, la conscience du sujet qui les tient pour obligatoires, et, en second lieu, la confirmation venue de la lonscience d'autrui. En effet, nous ne reconnaissons rien de plus sacré que la conscience, ni rien qui puisse nous paraître tel sans son assentiment. La morale trouve donc sa sanction dans sa source même, et cela lui est propre.
Mais on a étendu l'idée de sanction à tout ce qui peut, par plaisir ou peine, espérance ou crainte, ou enfin sentiment de la nécessité des choses, engager l'homme k observer la loi. En ce nouveau sens, l'éthique reconnaît des sanctions naturelles, et d'autres que la raison, la croyance ou l'autorité y peuvent joindre, et dont il faut étudier la valeur.
C'est une première sanction que ce plaisir ou cette peine de nature particulière que nous éprouvons, selon que nous nous jugeons auteurs du bien ou du mal dans nos actes libres, et qu'on nommerait volontiers une sensibilité de la conscience. Je n'insiste pas sur une propriété du sens moral, si souvent observée et par tous les moralistes.
Une autre sanction que l'on peut dire naturelle, encore que la raison s'y emploie essentiellement, est l'intérêt bien entendu, tant celui que nous trouvons à ob-