XXVIII PRÉFACE
l'égard dune mesure quelconque il est impossible d'atteindre la perfection, et que pourtant elle doit être adoptée, la question ne saurait être comment la mesure peut être mise à exécution sans aucune imperfection, mais bien, suivant quelle méthode elle peut l'être de manière, à ce qu'elle se rapproche le plus de l'idée de la perfection. J'ai essayé d'indiquer une pareille méthode, et si on la juge digne d'être prise en considération et mise en oeuvre ^ des praticiens expérimentés, qui ont en même temps bien saisi la théorie, trouveront encore dans le cours de l'expérience beaucoup d'occasions de donner peu à peu à cette méthode une amélioration progressive. Comme limites absolues de toutes mesures financières, j'ai placé à la tête les principes du juste et de l'injuste, et je n'ai admis et reconnu aucune loi de finances qui ne se laissât justifier parfaitement par celle de la justice. Les principes de l'économie politique doivent pareillement servir de limites à tout système de finances; on y a donc eu égard dans toutes les occasions. Toutefois, il peut se présenter des fins d'un ordre supérieur, qui pour être atteintes permettent dans quelques cas la dérogation aux principes de l'économie politique; mais ceci ne doit avoir lieu que temporairement, et le moins souvent que possible. En outre, je me suis attaché généralement à rapprocher autant que possible de l'application la théorie financière que je propose. Celle-ci n'exige en aucune manière que l'on saute périlleuscment d'un système de finances à un autre, en anéantissant celui que l'on abandonne, démarche