‹ Science des finances (volume 2)Chapitre 7 sur 38 · PRÉFACE. XIX · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XIX

puise tout que dans les livres. Ce dernier s'attache aisément à ce qui étant rare et paradoxe par cela même sert souvent beaucoup moins à instruire qu'à satisfaire la curiosité. Par ce motif je me suis de tout temps beaucoup défié des ouvrages, qui, dans le but d'instruire l'Europe comment elle doit régler sa politique et ses finances, tirent leurs exemples de la Chine, du Japon, des îles de Société ou d'autres pays tout aussi éloignés et inconnus. — Pour qu'un pareil ouvrage soit véritablement instructif dans l'application, il faut que les cas qui y sont cités soient à la fois et vrais et identiques avec les occurrences auxquelles ils doivent servir d'instruction. Ce n'est que par là que se perfectionne l'argumentation analogique. Fournir une pareille science pratique des finances fut ce que j'avais en vue en écrivant l'ouvrage que j'offre au public; et quoiqu'en cette matière il existe déjà plusieurs écrits qui contiennent d'excellens développemens, surtout relativement à quelques points, je pense néanmoins que plusieurs essais de ce genre ne peuvent qu'être favorables à la science même, ainsi qu'à sa juste application, alors surtout qu'ils sont entrepris avec intelligence, et qu'ils prennent en mûre considération plusieurs ou d'autres cas, ou que dans la théorie ils développent de nouvelles vues. Je suis plus que satisfait si des connaisseurs jugent que mes efforts de livrer un pareil ouvrage n'ont pas été tout- à -fait infructueux. Pour le moins, j'ai la conviction que je ne me suis pas mis à l'oeuvre sans préparation. Depuis vingt ans familiarisé avec la théorie de l'économie

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