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DEUXIÈME PARTIE

POUR LESQUELS ON n'a PAS ÉTABLI DE FÊTES SPÉCIALES.

ABD-ULCADIR.

Ce saint personnage surnommé Gans nl-azan, « le grand redresseur (1), » naquit, selon Afsos (2), à Jil, près de Bagdad, en 471 (1078-79), et reçut le manteau de l'initiation religieuse des mains du schaïkh Abu saïyid. Il était doué d'une grande vertu et avait le don des miracles. Une foule de gens, pleins de confiance en lui, devinrent ses disciples, et des milliers d'individus furent, par son entremise, instruits dans la doctrine ésotérique de la religion (8). Encore à présent, un grand nombre de personnes reconnaissent sa sainteté et ont

(1) « On entend par là le personnage unique qui, en tout temps, est le lieu vers lequel sont tournés les regards de Dieu. C'est le pôle (on le nomme aussi cuih, pôle) qui répand l'esprit de vie sur la nature supérieure et inféiieure. » — Voyez la notice de M, de Sacy sur l'ouvrage intitulé : Tarifât (Not. et Ext. des Mss., t. X, p. 81), et Journal des Savants, 1831, p. 458.

(2) Ardisch-i mahfd, p. 61.

(3) C'est-à-dire le sufisme {taçauuf).

SAINTS UK LINIJE MUSULMANE. 3^1

beaucoup de dévotion :i lui. On lui donne le nom de Schaïkh à cause de sa science et de sa vertu ; mais il était Sahjid, c'est-à-dire de la race d'IIucaïn. H vécut plus de quatre-vingt-dix ans (solaires) et se mit ^ en route pour la demeure de l'immortalité en 571 (1175-76).

Abd-ulcâdir a écrit plusieurs ouvrages mystiques renommés (1). Je crois que c'est le même dont il a déjà été question à l'article de Mmn-uddiu.

Il paraît qu'Âbd-ulcàdir Guilànî est vénéré dans tout le monde musulman, entre autres en Algérie, où le fameux Abd-ulcâdir a bien pu être ainsi nommé par allusion au nom de ce saint. Il y avait à Alger un cénotaphe {cubba) de ce personnage ; mais il a été démoli ; son véritable mausolée se trouve au centre de Bagdad (2).

SARWAR.

« Sultan Sarwar, tils du saïyid Zaïn-ulabidin (3), se livra, dès l'âge le plus tendre, à la piété et à l'abstinence ; aussi, à peine adolescent, acquit-il une grande

(1) Araisch-i mahfd, p. 02. - 11 y a, sur un des traités niys- Uques de ce personnage célèbre, un commentaire en dialecte hmdoustani du Décan, par Abd-ulla Huçaïai Kes-diraz de Ivalbargah. Cet ouvrage est cité dans le catalogue de la bibliothèque de Tippu, par M Ch. Stevvart, et dans le catalogue manuscrit de la bibliothèque du collège de Fort-William, à Calcutta; il est intitule: Naschdl-itVlschc, c'est-à-dire les plaisirs de l'amour [dwin).

(2) Voyages d'Abou Talib, p. 374.

(3) Le tombeau de ce saint personnage est à quatre kos de Moultau ; on s'y rend en pèlerinage de tous les côtés à l'époque des chaleurs, et on y reste quelques jours. J'ignore si ce Zaïn-ulabidin est le même dont il est parlé dans YAnjeen Akbery, t. Il, p. 152.

;}82 UKLIUION iMUSULMANl;: DANS L'iNDE.

pureté de cœur. Ayant été oblige de combattre dans la ville des Balutch (1) contre une troupe d'idolâtres, il périt martyr avec son frère. Sa femme mourut de chagrin, et un jeune fds les suivit aussi dans la tombe, en sorte qu'ils furent tous ensevelis en ce lieu dans un même sépulcre qu'on nomme le tombeau du martyr.

« On raconte qu'un marchand se rendait de Candahar en Multan, lorsque, arrivé près du tombeau de Sarwar, son chameau se cassa une patte. Fort embarrassé de savoir comment il transporterait la charge de l'animal, il adressa des prières à Dieu sur le tombeau du saint, et aussitôt la patte se raccommoda. Le marchand, reconnaissant, fit une oblation à l'instant même, et ayant rechargé son chameau, il continua sa route. La nouvelle de cet événement se répandit partout, et par suite le tombeau de Sarwar devint un lieu de pèlerinage. On cite, entre autres, un aveugle, un lépreux et un impotent qui s'y rendirent et qui eurent le bonheur d'être guéris de leurs infirmités par la grâce de Dieu. Ces cures miraculeuses accrurent encore la confiance en Sarwar ; aussi, à l'entrée de l'hiver, vient-on de tous côtés et de fort loin déposer sur son tombeau de nombreuses offrandes (2).

« A douze kos de Sialkot, dans la province de Lahore, est un lieu nommé Dhonakal, qui est consacré à sultan Sarwar. Les musulmans s'y rendent toute l'année en pèlerinage, mais surtout pendant les deux mois des chaleurs, temps où hommes et femmes viennent en

(1) Apparemment Kelat, leur capitale. (Voyez Hamilton, East- India Gazetteer, II, p. 81.)

(2) Araïsck-i mahfil, p. 165.

SAINTS Uli L'INDE MUSULMANE. •^^•>

Ibulc (le la plupart des provinces y déposer leurs diverses oblations (1). »

Sar^var a donné son nom à un ordre de faquirs ([ui se nomment en conséquence Sarwariyah ou Math probablement d'après le premier mot de son surnom bonorilique ("2).

DARIAYI.

yî, célèbre par les pn la

« Scbah Schams-uddin Dariayî, célèbre par les i.ro diges qu'il a opérés, est enseveli à Dépal-dal dans 1, province de Lahore. Entre autres miracles qui Im sont attribués, on raconte qu'un Hindou, nommé Depali, très-fervent dans sa religion, quoique disciple de Dariayi, lui demanda la permission d'aller, à une certaine époque, se baigner dans le Gange avec ses coreligionnaires Le saint lui recommanda simplement de lui rappeler ce désir, au jour fixé pour ce bain rehgieux Dépali le fit : Ferme les yeux, lui dit alors Danayi ; il les ferma et se trouva tout de suite sur les bords du Gange, où, ayant joint ses parents et ses amis il se baigna avec eux. Ayant ensuite ouvert les yeux, il se retrouva en la compagnie de son guide spirituel, ce qui le surprit extrêmement. Lorsque ses coreligionnaires turent de retour dans leurs maisons et qu'ils le trouvèrent arrivé dans le pays, ils pensèrent qu'ils les avait devancés • mais quand ils surent la manière dont tout s était passé, ils furent plongés dans l'océan de l'admiration. (( Un autre fait plus extraordinaire encore, c est le

(1) Araisch-imahfd,]).\^^^'

(-2) Sicé, Lois musulmanes, p. 13.

suivaiU : quelques années après la mort de Dariayî, des cliarpentiers ayant abattu un arbre de Séris (1) qui croissait auprès de son tombeau, le coupèrent en plusieurs pièces pour l'employer à des constructions. Tout à coup une voix terrible se lit entendre, la terre se mit à trembler, et le tronc de cet arbre se releva de luimême Les ouvriers épouvantés s'enfuirent, et l'arbre ne tarda pas à reverdir.

ft Ces événements miraculeux n'ont pas peu contribué à répandre la dévotion envers ce saint; aussi son tombeau est-il, jusqu'à ce jour, un lieu de pèlerinage trèsfréquenté. Grands et petits, hommes et femmes s'y rendent les jeudis, surtout ceux de la nouvelle lune, et y font des oblations, persuadés d'obtenir par ce moyen l'accomplissement de leurs vœux. Le plus singulier, c'est que les gardiens du tombeau de Dariayî sont des Hindous descendants de Dépali. En vain les musulmans ont voulu leur retirer ces fonctions pour les exercer euxmêmes; ils n'ont pu y réussir, et cet état de choses a duré jusqu'au temps d'Âlamguir (2). J'ignore ce qui en est à présent (3). »

CUTB-UDDIN.

Ce personnage, de l'ordre de Chischti, est un des saints musulmans de l'Inde les plus célèbres et les plus vénérés (4). Il a donné son nom au monument élevé

(1) Mimosa seris.

(2) Probablement Alam-Guir II, qui a régné de 1753 à 1756.

(3) Araïsch-i mahfd, p. 75.

(4) Il y a un long article sur ce saint dans Dorn, Hhtory of tJie Afgans, t. 11, p. "2 et suiv.

SAINTS l)K L'INUK .MUSULAlANi:. iîS.')

près de ccMLe ville (1), el connu sous le nom de Culh mlnar ou minaret de Culb. Cet édifice superbe el majestueux, chanté par plusieurs poètes indiens, se dégrade malheureusement chaque année de plus en plus. Près de la chasse de Culb (2) sont plusieurs belles maisons formant une place carrée avec un puits au )nilieu. Ces maisons avaient appartenu au dernier sultan de Dehli et aux princes de la famille royale qui venaient quelquefois visiter par dévotion le tombeau du saint (3). Schàh 'Alam et plusieurs autres membres de la ftimille de Timour sont ensevelis dans la ville de Culb, et l'empereur Akbar II (4) y avait aussi fait préparer un mausolée pour lui et pour l'impératrice.

(1) Voyez-en la description exacte dans Hamilton, East-Indin Gazett., I, 473, et dans la Description des monuments de Dehli en 1852, dont j'ai donné la traduction d'après le texte hindoustani du Saïyid Ahmad Khan, dans le Journal Asiatique, en 1861 (p. 82- 89 du tirage à part).

(2) Ce mot n'est pas pris ici dans le sens mystique qu'il a quelquefois, et que S. de Sacy a bien développé dans sa traduction de Pend-nameh ou Livre des conseils d'Attnr, p. lviii. On l'emploie pour Culb nddîn, qui est le titre honorifique du saint dont il s'agit, et qui signifie le pôle de la religion. C'est à peu près comme en turc, où l'on dit Bdquî au lieu de 'Abdul-bàquî, « serviteur de l'Éternel. »

(3) Hamilton, East-India Gazett., \, 4-73.

(4) Aux yeux des naturels de l'Inde, les Anglais gouvernaient alors sous les ordres du Grand Mogol. Ils étaient censés ses lieutenants. Afsos l'exprime clairement : « L'Hindoustan, dit-il, est depuis quelque temps dominé par une multitude de petits souverains qui s'arrachent l'un l'autre leurs possessions. Aucun d'eux ne reconnaît comme il faut l'autorité légitime du Mogol, si ce n'est cependant messieurs les Anglais, lesquels n'ont pas cessé d'être soumis il son obéissance ; en sorte qu'actuellement, c'est-à-dire en 1222 (1807), ils reconnaissent l'autorité suprême d'Akbar schah, lils de schah Alam. » {Ar. mahf., p. 211.)

386 IIELIUION MUSULMANE DANS LINUE.

« Le khatlja CiUb-uddin Bakhtiar luihi, iils du khadjii Kamal-uddin Muça, naquit en Fargana (4). Dieu daigna l'attirer à lui des sa plus tendre jeunesse; le prophète Khizr (2) lui apparut et fit pénétrer dans son àme la lumière céleste. A l'âge de douze ans il vit en songe le khadja Muïn-uddin Chischti (3), qu'il considéra depuis ce temps comme son guide spirituel, et ayant voulu jouir de sa présence, il se mit en route pour aller le joindre. Arrivé à Bagdad, il y trouva plusieurs saints personnages de la société desquels il retira beaucoup d'avantages spirituels. Puis il vint à Multan où il se lia d'amitié avec Bahà-uddin Zakariyâ {A), et sachant que Muïn-uddin résidait dans l'empire du sultan Schams-uddin Altamsch (5), il se dirigea vers Dehli. De son côté Muïn-uddin, mu par l'inspiration divine, se rendit aussi en cette ville. Là ces deux élus de Dieu, qui étaient déjà attachés par des liens spirituels, purent se connaître temporellement et se communiquer leurs pensées. Cependant ils ne restèrent pas longtemps dans le même lieu. Muïn-uddin se retira à Ajmir, et Cutb-uddin se retira à Dehli, où une foule de gens participèrent par son moyen à l'abondance des grâces divines. Ce fut là que, le 14 rabi l^r 630 (29 décembre 1232), il quitta ce monde périssable pour aller

(1) Pays et ville de Transoxane.

{2) Voyez, dans la première partie, l'article consacré à ce prophète.

(3) Voyez l'article consacré à ce saint.

(4) Voyez l'article suivant.

(5) Empereur pathan de Dehli, qui a régné de i"210 à

SAINTS OE L'INDE MUSULMANE. 'ASl

liabiter le séjour de l'éternité. Son tomljeau est situé à trois kos delà ville (1). »

Le sépulcre de Culb-uddin est constamment fréquenté par de nombreux pèlerins ; mais il s'y rend, comme auprès des chasses des autres saints célèbres de l'Inde, encore plus de curieux que de dévots. La description suivante que fait le poète hindoustani Faïz d'une scène dont il fut témoin en ce lieu renommé donne une triste idée du genre de personnes qui vont à ce pèlerinage.

« Je passai un jour près du tombeau de Cutb-uddin ; j'y vis une sémillante marchande, gentille comme une

bayadère, belle comme une houri Elle vendait du

ba7ig (2), de la bière et du vin, tandis que ses yeux

portaient le trouble dans les cœurs Il y avait là une

réunion étonnante de monde La guitare et le violon

résonnaient de toutes parts ; partout on vendait des liqueurs enivrantes Des gens estropiés se tenaient

debout comme des bougies; beaucoup de gens du peuple et des esclaves, dont les oreilles portaient les boucles de la servitude, conversaient paisiblement entre eux.... tandis que d'autres, pris de vin, se donnaient des coups de poing et de pied, et ne tardèrent pas à tirer leurs épées. La belle marchande, qui avait attiré mon attention, voulut fuir cette scène de désordre, mais elle fut inhumainement assassinée, et la pleine lune de sa beauté, qui était dans son apogée, alla s'évanouir dans le périgée de la mort.,... Tout le monde fut

(t) C'est-à-dire dans la ville de Cutb ou Cuttubj ainsi qu'on l'a vu plus haut.

(2) Il a déjà été parlé de cette liqueur enivrante.

388 UELIGIUN MUSULMANE DANS L'iNDIi.

bouleversé par cet événement funeste qui eut lieu vers le soir. Quelques-uns furent dupes de leur curiosité; mais plusieurs infâmes scélérats périrent.

« 0 Faïz ! fuis les gens méprisables, reste jour et nuit en la compagnie des bons. »

ZAKARIYA.

Le schaïkli Bahâ-uddin Zakariyâ, fils du schaïkh GutJjuddinMohammed et petit-fils de Kamal-uddin Coraïschi, naquit àKotkaror en 565 (1109-70). Quoiqu'il fût encore enfant lorsque son père quitta ce monde, il continua néanmoins à s'occuper de la science spirituelle et ne tarda pas à parvenir au degré de l'excellence. Ensuite, ayant désiré voyager, il parcourut l'Iran et le Touran, et vint à Bagdad, où il s'attacha au schaïkh Schihabuddin Suhrawardi (2). Après avoir été son disciple pendant quelque temps, il lui succéda dans sa dignité spituelle, en sorte que le schaïkh Iraquî et Mir Huçaïn retirèrent de notre saint des avantages religieux. Puis ce grand personnage vint de Bagdad à Multan, où il demeura. Là aussi plusieurs hommes recommandables acquirent par son moyen des faveurs spirituelles. On dit qu'une amitié étroite l'unissait au schaïkh Farîd-uddin Schakarganj (3). Pendant longtemps, en effet, ils vécurent en-

(1) Ville de Mullan.

(2) Célèbre contemplatif dont Saadi fut, dit-on, disciple, auteur de plusieurs ouvrages mystiques renommés; il naquit en 539 (1 J44), mourut en 632 (1234), et son tombeau est à Bagdad. (Voyez la notice sur les vies des sotis, de Jami, par Siivestre de Sacy, dans le tome Xll des Nolii'es des manuscrits; et voyez aussi LançilAs Voj/age à la Mecque, p. 120.)

(3) Voyez son article.

semble clans un même lieu. Enlin le 7 safar (305 (7 septembre 120G), un pir du Turan apporta une lettre cachetée à son adresse et la remit au schaïkli Sadr-uddin, fils du scliaïckh Zakariyà. Celui-ci s'empressa d'aller porter la missive à son père; mais en la lisant, Zakariyà remit son âme à son créateur. Un cri unanime s'éleva alors dans la maison : L'ami, disait-on, s'est réuni à l'ami.

(( On raconte de ce saint personnage plusieurs miracles qu'il serait trop long de rapporter ici. Il est enseveli à Multan, où son tombeau est un lieu de pèlerinage.

« Le schaïkb Sadr-uddin, son fils, lui succéda dans sa dignité spirituelle, et il forma, comme son père, un grand nombre de disciples, parmi lesquels plusieurs se distinguèrent par leur sainteté et leurs vertus ; il quitta lui même ce monde périssable en 709 (1309). Le schaïkh Rukn-uddin (i), son fils, marcha sur les traces de son père et de son aïeul, et à sa mort, il fut enseveli, comme son grand-père, 'dans la ville de Multan (2). »

SCHAH FARID-UDDIN (3).

« Farid-uddin Schakar-ganj, fils du schaïkh Jalal-uddin Sulaiman, et issu de Farukh schah Cabuli, naquit à

(1) Ce schaïk avait le surnom patronymique de Suhrawardi, comme on l'a vu à l'article sur le mois de Rajab. Son grand-père Zakariyà avait été disciple de Schibab-uddin Suhrawardi, et apparemment il avait pris son surnom et l'avait transmis à ses descendants. (Voyez les Observations préliminaires.)

(2) Ara'isrh-i mah/il, p. 164; voyez aussi VAyeen Akbenj, II» 113; et Hamilton, East-India Gazett., II, 242.

(3) On trouve des détails très-intéressants sur ce saint dans un article de Molian Lai (Journal As. soc. Bengal, oct. 1837), et un dessin représentant son tombeau dans le u» 7 de l'année 1852.

Ghanaival, près de Multan. Là, il fut en relation avec le khaja Cutb-uddin Baklitiar Kaki, et retira de sa société de grands avantages. Il se rendit ensuite à Dclili avec ce saint guide, et, plein d'ardeur, il entra dans la vie spirituelle. Quelques-uns disent que, conformément à l'ordre du kliaja susdit, il alla d'abord de Multan en Candahar et en Sistan (1), et qu'après avoir acquis les connaissances nécessaires, il vint à Delili, où il fut admis comme disciple auprès de Cutb-uddin. Ce fut alors qu'il renonça tout à fait aux désirs des sens et se livra à des mortifications cruelles, à de pénibles pratiques de dévotion. Ensuite, ayant quitté son directeur dans la voie du salut, il se retira à Ilansi (2), oii il vécut paisiblement jusqu'à la mort de ce dernier. A cette époque, il alla de nouveau à Dehli pour retirer le froc et le bâton (3) que Cutb-uddin tenait de son maître spirituel et qu'en mourant il avait recommandé de remettre à Farid. Muni de ce précieux dépôt, il quitta cette ville et alla résider à Patan (-4), où un monde entier obtint par son entremise la faveur céleste. Il mourut dans cette ville le samedi 5 mobarram 667 (15 septembre 4368), et y fut enseveli.

« Chacun sait que, par l'effet des regards de Farid, des monceaux de terre se changeaient en sucre. Tel est

(1) Grande province de Baloucliistan.

(2) Ville de la province de Dehli.

(3) Voyez les Observations préliminaires.

(4) Ce nom, qui est commun à plusieurs villes de l'Inde, indique ici une ville de la soubabie du Multan, autrement dite Ajodan» située dans le sirkar ou district de Debalpur. {Ayeen Akberij, t. H, p. 286.)

SAINTS DE L'INDE MUSULMANK. Ml

le motif (lu surnom de Schakar-f/anj , « trésor de sucre, » qui lui a été donné (1).

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