VI PRÉFACE
(le génie, une grande horreur pour le vice, un ardeat amour pour la vertu, une sincérité et une bonne foi peu communes, au point que ses compatriotes lui donnèrent le nom iVAmin, Vhomnœ sûr. Dans les voyages qu'il fit en Syrie pour le conuuerce d'échanges auquel il se livrait, il fréquenta des chrétiens; il eut connaissance de leurs livres sacrés et put ainsi s'abreuver à la source de l'éternelle vérité. Dès lors son àme élevée, qui pliait en gémissant sous le joug de la superstition, se réveilla comme d'un songe; éclairé par la Bible, il put se convaincre qu'il ne pouvait y avoir qu'une seule vraie religion (1) dont les dogmes fondamentaux (l'existence d'un Dieu unique et la vie future) avaient été annoncés chez les différents peuples par des prophètes envoyés de Dieu (2). Jetant un regard sur l'Arabie, il la vit adonnée au culte le plus grossier, quoique les noms d'Abraham et d'ismaël, que ses habitants prononçaient quelquefois dans leurs prières, put leur rappeler qu'ils avaient jadis reçu le dépôt sacré de la foi. Son
(1) Voir sur Mahomet un jugement analogue par Kennedy, Trans. ofthe lut. Soc. of Bombay, III, 392.
(2) Les musulmans, suivant ce système, donnent le nom de prophète à Zoroastre, à Manès, etc.