‹ Science des religions. L'Islamisme, d'après de Coran; l'enseignement doctrinal et la pratiqueChapitre 67 sur 121 · CHAP. IV. — DES PROPHÈTES DE DIEU ET DES SAINTS · texte numérisé non relu

CHAP. IV. — DES PROPHÈTES DE DIEU ET DES SAINTS

que le plus grand de tous est le Coran (1) ; qu'aucune créature du monde ne peut faire un chapitre semblable à un des plus courts de ce livre divin. Il est en effet dans l'ordre que le Coran étant la parole de Dieu, les créatures ne puissent rien faire de pareil.

(1) « Tel, pour savoir lire un peu d'arabe, sourit en feuilletant l'Alcoran, qui, s'il eût entendu Mahomet l'annoncer en personne dans cette langue éloquente et cadencée, avec cette voix, sonore et persuasive, qui séduisait l'oreille avant le cœur, et sans cesse animant ses sentences de l'accent de l'enthousiasme, se fût prosterné contre terre, en criant : « Grand prophète envoyé de Dieu, menez- « nous à la gloire, au martyre ; nous voulons vaincre ou mourir pour « vous. » (J.-J. Rousseau, Essai sur l'origine des langues.)

Quoique Mahomet appartînt à la tribu la plus distinguée parmi les Arabes, il ne savait ni lire ni écrire (*), ce qui n'est pas étonnant, puisqu'à l'époque où il commença à prêcher l'islamisme, il n'y avait à la Mecque qu'un seul homme qui sût écrire. Toutefois, le Coran est un modèle de style, tant pour la pureté que pour la majesté de l'expression. 11 est eu prose poétique et rimée, et non pas en vers, comme l'a dit Savary. Dans ce livre, Mahomet défie ses adversaires d'écrire aussi bien que lui, et il donne sa victoire littéraire en preuve de sa mission.

Les musulmans ne manquent pas de citer bien des miracles de leur prophète ; toutefois, il déclare hautement dans le Coran qu'il est seulement chargé de rétablir le culte du vrai Dieu, et non point de faire des prodiges. Malgré cette déclaration, on lui en demanda plusieurs fois en preuve de sa mission, et à ce prix ses adversaires lui offraient d'embrasser l'islamisme. « Us refusent de croire, disentils, lit-on dans le Coran, jusqu'à ce que des merveilles semblables à celles qu'ont opérées les prophètes aient attesté une mission" divine ; et s'ils voyaient des miracles, ils les attribueraient aux effets de la magie. Les cieux et la terre ne leur en offrent-ils pas sans nombre? Endurcis comme ils le sont, quand le Coran ferait mouvoir les montagnes, quand il partagerait la terre en deux et ferait parler les morts, ils ne le croiraient pas. » (Trad. de Savary. — V. l'ouvrage de Pastoret, intitulé : Zoroaslre, Cotif. et Mah., p. 254.)

(*) Coran, xxix, 47.

Page 1