PRÉFACE. IX
mans païens, et si Ton ne cite plus le nom de leurs divinités prétendues, du moins continue-t-on de les nommer adorateurs de Mahomet, et a-t-on toujours de leur religion à peu près les mêmes idées que l'on en avait.
Dans le dernier siècle, Voltaire a contribué à jeter du mépris sur l'islamisme, et surtout sur son auteur, par sa tragédie intitulée : Le Fanatisme ou Mahomet. Dans ce poème, Voltaire a représenté sous les traits d'un scélérat le législateur des Arabes, qui a substitué le culte d'un seul Dieu à l'idolâtrie grossière dans laquelle étaient plongés ses malheureux concitoyens; il n'a vu qu'un brigand dans le législateur qui a remplacé par des lois sages et sévères (1)
(1) On me ferait peut-être le même reproche de partialité que je viens de faire à Reland, si je n'exceptais de cet éloge de la sévérité musulmane l'article du mariage, car on sait que la religion de Mahomet permet d'avoir jusqu'à quatre femmes, et même de cohabiter avec ses esclaves. La même impartialité qui me fait poser cette exception me commande aussi de dire que, malgré ces dispositions de la loi, la polygamie n'est pas chez les musulmans aussi commune qu'on pourrait le croire. D'abord il faut avoir une certaine aisance pour entretenir plus d'une femme, et quand on a cette aisance, il faut encore vaincre la répugnance qu'ont en général les parents de donner une fille à un homme déjà marié, ou qui ne leur promet pas de n'avoir qu'elle seule pour épouse. D'ailleurs, il n'est pas inutile de remarquer qu'en permettant la polygamie, Mahomet n'a fait que suivre l'usage établi dans tout l'Orient de temps immé-