‹ Science des religions. L'lslamisme, d'après le Coran; l'enseignement doctrinal et la practiqueChapitre 75 sur 129 · DIVERS AVIS · texte numérisé non relu

DIVERS AVIS

Il faut observer fidèlement ce que Dieu a commandé.

Faire les prières que l'on aurait omises ; donner aux pauvres les dîmes que l'on aurait négligé de leur donner ; se soumettre aux jeûnes prescrits que l'on aurait manqué d'observer ; enfin s'acquitter du pèlerinage si on ne l'a pas fait.

Prendre les connaissances religieuses et morales que chaque fidèle est obligé d'avoir.

Fréquenter les assemblées des Oulémas et agir d'après la décision de ceux qui, soit dans la théorie, soit dans la pratique, méritent la confiance, et non pas indifféremment d'après la décision du premier venu.

Ne point assister aux réunions musicales ; refuser

(1) Ces mots sont tirés du Coran, xix, 12.

d'écouter chanter les louanges de Dieu, Yézan (1), le Coran et les prières.

Ne jamais manquer d'accompagner le nom excellent de Dieu d'une formule de bénédiction, comme qu'il soit exalté, qu'il soit béni, qu'il soit vénéré et glorifié, louange à lui, que sa grandeur éclate.

Faire pareillement suivre d'une prière les noms augustes du Prophète de Dieu et des autres prophètes. Dans le discours écrit, tracer ces formules tout au long, et ne point se contenter de mettre une simple indication.

Quand on nomme quelqu'un des compagnons du Prophète, ajouter : Que Dieu soit content de lui ; et après le nom d'un des docteurs et des scheiks : Que la miséricorde de Dieu soit sur lui.

Honorer ses professeurs, ne point marcher devant eux, si ce n'est pour les guider ; ne point commencer à parler avant eux, et ne pas parler beaucoup lorsqu'on le fait en leur présence ; avoir pour eux toutes sortes d'égards ; avoir grand soin de faire en toute circonstance ce qui leur est agréable, ne leur résister jamais, et quand même ils vous frapperaient ou se mettraient en colère contre vous, le prendre en bonne part et ne point s'en offenser ; enfin respecter les personnes qui sont dans leur dépendance.

Faire des vœux pour que l'empereur des musulmans soit juste et équitable, et pour qu'il triomphe de ses ennemis ; ne point faire d'imprécation contre lui en disant : C'est un tyran.

Aller voir ses parents, et ne point cesser d'être lié

(1) C'est-à-dire V 'appel à la prière qui se fait du haut des minarets des mosquées.

avec eux. Avoir toutes sortes de respect pour son père et pour sa mère ; ne point leur parler en élevant la voix ; ne point les regarder avec colère ; leur obéir, quelque chose qu'ils ordonnent, si cependant ce n'est point contraire à la loi de Dieu ; supporter avec patience leur mauvaise humeur, et même leurs coups ; ne point s'opposer à eux ; avoir égard à leurs goûts ; lorsqu'on se nourrit d'un mets qu'ils aiment, ne pas manquer de leur en donner ; subvenir, autant que possible, à leurs besoins.

Aimer tous ses frères, leur pardonner les défauts qu'ils peuvent avoir. Recommander de faire le bien et d'éviter le mal. Ne tromper jamais, mais savoir repousser la malveillance par des paroles conciliantes.

Éviter de beaucoup rire et de beaucoup parler. Ne point faire l'usure ; ne point seconder les usuriers, ne leur servir ni de témoin ni d'écrivain. Observer scrupuleusement la loi, soit dans la vente, soit dans l'achat, ou dans toutes les espèces de trafics.

Ne faire ni les fonctions d'imam, ni l'annonce de la prière, n'enseigner ni le Coran ni la théologie pour un salaire.

Ne point aller sans nécessité à la porte (4) du sultan, du cazi-esker, du casi, du bey (2).

Faire les prières en commun. Ne point laisser les pratiques fondées sur une tradition sûre ; prendre garde de ne point donner dans des innovations (3).

(\) A la porte est ici dans le sens de chez. Nous dirions en français : faire sa cour au sultan, etc.

(2) Gouverneur d'une province de l'empire ottoman.

(3) J'omets ici une page de minuties concernant la prière.

Commencer ses prières par les louanges de Dieu et par des vœux pour le Prophète. Faire mention dans ses prières de tous les croyants, et nommément de son père, de sa mère, de ses maîtres et de ses frères et sœurs ; prier avec humilité et à demi-voix. S'humilier devant Dieu ; confesser ses fautes et les pleurer ; demander au Très-Haut la direction dans la voie du salut, le pardon, la santé, son bon plaisir et sa grâce ; dans la crainte de perdre la foi, demander toujours une bonne fin ; remercier constamment Dieu du bienfait de l'islamisme.

Ne pas manquer d'instruire, sur la religion, ses enfants et ses femmes ; les empêcher de faire ce qui est contraire à la loi.

Ne pas envoyer ses épouses à la maison de quelqu'un qui n'est pas mahrem pour elles, non plus qu'aux noces, aux bains publics (1); ni visiter ni complimenter ceux qui sont étrangers à la famille. Ne pas obtempérer aux discours de ses femmes dans les affaires importantes ; s'accorder de temps en temps avec elles, soit en ce qui concerne l'ordre de la maison, soit sur la nourriture ; vivre avec elles en bonne harmonie, fermant les yeux sur bien des choses, pourvu qu'elles ne désobéissent pas (2).

(1) Notre docteur est bien sévère, et je ne conçois pas même la raison de ce conseil rigide. Chaque sexe a ses bains particuliers, et lorsque les mêmes bains servent aux deux sexes, il y a des jours marqués pour les femmes, ou bien le jour est pour elles, et la nuit pour les hommes. D'ailleurs, tout s'y passe dans la plus grande décence.

Je n'ai pas besoin d'entrer dans des détails sur les bains des Turcs •' tous les voyageurs en parlent dans leurs ouvrages.

(2) « Les hommes sont supérieurs aux femmes, lit-on dans le Coran... Les femmes doivent être obéissantes et taire les secrets de

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Ne revêtir les petits garçons ni de robes, ni de bonnets, ni de ceintures de soie (1) ; ne leur teindre de hinna (2) ni les mains ni les pieds.

Faire commencer à prier ses garçons et ses filles à l'âge de sept ans. Si, parvenus à l'âge de dix ans, ils ne font pas leurs prières, il faut les battre.

Si on a des élèves, il faut en user de même envers eux.

Enfin, on doit sans cesse demander pardon à Dieu, et avoir sur la langue ces mots : Je remercie Bien de sa grâce; je lui demande pardon de toutes mes fautes (3).

leurs époux, puisque le ciel les a confiées à leur garde. Les maris qui ont à souffrir de leur désobéissance peuvent les punir, les laisser seules dans leur lit, etmêm? les frapper. La soumission des femmes doit les mettre à l'abri des mauvais traitements. » (îv, 38.)

Cette sévérité, qui choque nos mœurs, a lieu de nous étonner dans un homme aussi passionné pour les femmes que Mahomet ; mais qui bien aime, disaient nos bons aïeux, bien châtie.

Mahomet répétait souvent que Dieu avait créé deux choses pour le bonheur des hommes, les femmes et les parfums.

Il est bon d'ajouter que les femmes sont bien loin d'être esclaves en Orient, comme on le croit communément. Lady Montagu n'hésite pas d'assurer, au contraire, qu'elles sont beaucoup plus libres qu'en Europe (t. I, p. 145-147); Richardson, dans sa Dissertation onthe lang. Lit. and mann. of eastern nat., p. 330 et suiv., et Atkinson, dans le Schah-Nameh, p. 24, disent la même chose.

(t) Les étoffes de soie, quoique permises aux femmes, sont interdites aux hommes. (Voyez les Oiseaux et les Fleurs, p. 216, et M.d'Ohsson, Tabl. del'emp. oit., t. IV, p. 101 et 132.)

(2) Poudre de troène dont les Orientaux se teignent la barbe, et les femmes les ongles, etc. Cet usage est très-ancien ; il vient des Arabes païens.

(3) Ici suivent vingt-deux pages de minuties sur les cérémonies que l'auteur désire que l'on observe à sa mort, sur les purifications et sur certaines prières, etc. Je n'ai pas cru devoir traduire ces

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