PRIÈRE AVANT DE COMMENCER LE JEUNE
« Je vais commencer le jeûne du mois béni de Ramadan, abstinence d'obligation divine. O mon Dieu, accepte cette privation, toi qui entends tout, et qui sais tout. »
EDGOLOGE MUSULMAN. k2t>5
Avant de rompre le jeune :
(( 0 mon Dieu, j'ai jeûné pour obéir à ta loi. C'est de toi que j'attends ma nourriture. Je vais la prendre par ta miséricorde, ô le plus miséricordieux des miséricordieux ! »
le Tarawih.
Ce sont des prières consacrées aux trente jours de jeûne du Ramadan, dont tout fidèle doit s'acquitter de nuit, à la suite des cinq prières ordinaires.
Avant le Ta raie i h :
(( Je vais consacrer à Dieu les deux ricats de la prière tarawih, pour imiter la pratique du Prophète, en dirigeant mes regards vers la sainte Caaba. Dieu est trèsgrand. »
Première prière que Ton dit après les deux Ricats :
« Ceci est du nombre des bienfaits de mon Seigneur. O bienfaiteur généreux et éternel, comble-nous, de tes bontés permanentes ; affermis nos cœurs dans ta religion par ta miséricorde, ô le plus miséricordieux des miséricordieux ! »
Seconde prière après les quatre Ricats :
« Louanges à~toi, possesseur du royaume spirituel et temporel, maître de la gloire, de la grandeur, de l'honneur, de la puissance, de la splendeur, de la majesté. Louanges au vivant qui ne dort ni ne meurt ; au saint
des saints, à notre Dieu, le Seigneur des anges et de l'esprit. 0 mon Dieu ! protége-nous, et délivre-nous du feu. 0 protecteur ! ô protecteur ! ô protecteur ! »
A minuit, les muezzins chantent :
le Tamjid.
« O grand Dieu ! ô Seigneur des seigneurs ! La clémence est ton partage. Tu es seul, tu es unique en prescience et en grandeur.
« Qu'il est étonnant de voir ses amis, ses adorateurs dans les bras du sommeil !
« Lève-toi, ô mortel endormi! c'est trop se livrer au sommeil. L'homme dont le cœur est plein de l'amour de Dieu ne dort jamais.
« O Dieu clément, ô Dieu éternel ! O souverain Seigneur ! ô roi immortel !
« C'est à toi qu'appartient toute souveraineté, toute puissance.
« La caducité n'a point d'accès en toi.
« O mon Dieu ! ô l'arbitre souverain des miséricordes et des vengeances célestes !
(( O le maître suprême du cœur et de l'esprit des humains !
« Sauve-nous des tourments de la tombe et du feu éternel !
« Il n'y a de Dieu que Dieu. Seigneur Dieu ! »
A la suite de ce cantique, les muezzins des grandes mosquées chantent un ou deux Ilahis> qui sont des poèmes spirituels composés par des cheikhs ou par des derviches morts en odeur de sainteté.
Quelques muezzins y ajoutent la profession de foi qu'ils répètent plusieurs fois de suite, de cette manière :
EUGOLOGE MUSULMAN. 227
(( Il n'y a de Dieu que Dieu, et Adam est le pur en Dieu. Il n'y a de Dieu que Dieu, et Abraham est l'ami de Dieu. Il n'y a de Dieu que Dieu, et Ismaël est le sacrifié en Dieu (1). Il n'y a de Dieu que Dieu, et Moïse est l'allocuteur de Dieu. Il n'y a de Dieu que Dieu, et Mahomet est le prophète de Dieu. »
Avant la prière de YId-fitr (2) :
« Tourné vers la Caaba sacrée, je vais consacrer à Dieu les deux ricats de Ud-fitr et six tebkirs, pratiques d'obligation canonique. Dieu est très-grand. »
Avant la prière de Yld-dua (3) :
(( Je vais offrir au Très-Haut les deux ricats de la prière de Yld-dua, avec six tehbirs (pratique d'obligation canonique), en tournant mon visage vers la Caaba sacrée. Dieu est très-grand. »
le Tekbir-Teschric (prière particulière à cette fête).
« Grand Dieu ! grand Dieu ! Il n'y a de Dieu que Dieu. Grand Dieu, grand Dieu ! les louanges sont pour Dieu. »
(1) Ils disent ceci en faisant allusion au sacrifice d'Abraham. Selon les musulmans, ce fut Ismaël que Dieu ordonna à Abraham d'immoler, pour éprouver la foi de ce patriarche.
(2) A la lettre, fête de la rupture (du jeûne); on la nomme en Turquie petit beyram. Celte fête termine le carême musulman, comme la Pàque chez nous. Elle a lieu le premier jour du mois de schawal.
(3) Ou fête des sacrifices, nommée en Turquie grand beyram. Elle a lieu le 10 de zou'lhijja (ou mois du pèlerinage), soixantedix jours après la première. Elle répond assez bien à la Pentecôte des chrétiens.
Avant d'offrir le sacrifice :
« Mon Dieu, cette victime me représente moi-même. Sa chair représente ma chair ; son sang, mon sang ; ses poils, mes poils ; sa peau, ma peau ; ses os, mes os. 0 mon Dieu, mes prières et les pratiques pieuses que j'observe, ma vie, ma mort, sont pour le Seigneur des créatures. Il n'a point d'associé. Dieu m'a commandé cette croyance, et je suis le premier des musulmans (1). Mon Dieu ! accepte mon sacrifice, comme tu acceptas celui de ton ami Abraham (sur qui soit la paix), toi qui entends tout, toi qui sais tout. Au nom de Dieu. Dieu est très-grand. »
Avant d'immoler la victime :
«Je vais immoler cet animal en sorte que son sang soit répandu, et que sa chair devienne une nourriture permise (2) à tous les croyants et à toutes les croyantes. Au nom de Dieu. Dieu est très-grand. »
(1) Passage du Coran, vi, 163.
(2) Pour égorger légalement un animal et le rendre propre à la nourriture du fidèle, il faut que celui qui fait celte opération coupe le cou à l'animal avec toutes les artères, et prononce en même temps le nom de Dieu.
SURATES (ou chapitres) DU CORAN qui s'emploient dans la prière.
surate de l'introduction (la première).
Donnée en partie à la Mecque et en partie à Médine, et composée de sept versets.
(( Au nom de Dieu clément et miséricordieux (1).
« Louanges à Dieu, Seigneur des créatures (2), trèsclément et très-miséricordieux. Il est le souverain maître du jour du jugement.
« Nous t'adorons, Seigneur, et nous implorons ton assistance ; dirige-nous dans le sentier du salut, dans le sentier de ceux que tu as comblés de tes bienfaits, de ceux qui n'ont pas mérité ta colère, et qui se sont préservés de l'erreur. Amen. »
(1) Tous les chapitres du Coran commencent par cette formule. Les musulmans l'emploient aussi fréquemment que les catholiques le signe de la croix.
(2) Des traducteurs ignorants ont rendu (ici et dans les surates 7, 15, 22, 25 et 32) par mondes le mot que je traduis par créatures, et Marracci a fait une mauvaise querelle à Mahomet là-dessus. Mais les commentateurs entendent généralement par ce mot « créature, » et en consultant les dictionnaires, on verra qu'il a effectivement ce sens. — Voir au surplus l'article de Silv. de Sacy à ce sujet, Journal Asiatique, 1829, t. II, p. 161 et suiv,