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LES ÉLÉMENTS DE LA CONNAISSANCE

Pour tous ces phénomènes de transmission, que nous avons étudiés objecliveitient à partir d'une surface sensorielle, quels sont les éveils de consscience correspondants? L'hypothèse, à laquelle nous avons été précédemment conduits, de Texisience du (9) des liaisons protoplasmiques, nous permet, non de connaître dans le détail les épiphénomënes de conscience qui accompagnent les influx nerveux centripètes, mais du moins de concevoir que ces épiphénomènes soient liés aux activités extérieures qui ont frappé nos organes des sens, et cela assez étroitement pour réaliser, dans la conscience de l'être où ils se produisent, une représentation de ces activités extérieures. En d'autres termes, l'influence à laquelle est soumis un animal de la part d'un phénomène extérieur qui frappe un de

ses organes djes sens, est telle qu'elle permet à l'animal de connaître ce phénomène.

Il faut s'entendre immédiatement sur le sens dans lequel est pris ici le mot connaître,

La seule chose que nous puissions dire sans trop nous aventurer, c'est que deux phénomènes, impressionnant différemment une même surface sensorielle, créent, dans le système nerveux centripète qui naît de cette surface, des transmissions de résonances différentes'^ éveillant des états de conscience différents.

Ce sont ces états de conscience différents qui nous mettent à même de distinguer l'un de l'autre deux phénomènes extérieurs. Et puisque, toutes choses égales d'ailleurs, un même phénomène se passant dans les mêmes conditions par rapport à nos organes des sens, détermine dans ces organes des sens des modifications qui font naître en nous des éveils de conscience identiques, ces éveils de conscience constituent pour nous une représentation, un mode de connaissance du phénomène en question*

(le mode de connaissance est seulement caractérisé par le fait qu'il nous permet de distinguer le phénomène en question de tout autre phénomène extérieur impressionnant autrement nos surfaces sensorielles* Quel rapport y a-t-il entre ce que nous connaissons ainsi d'un phénomène et le phénomène

(1) V. Z)ç V Homme à la Science ^ op. cit. y chap. X.

lui-même qui est Tobjet de notre connaissance? Voilà une question qui paraît très importante et qui n'a, en réalité, aucune isigniOcation.

Qu'est-ce qu'un phéjiomène, en effet? Un changement qui se passe dans le monde extérieur peut être étudié à des échelles différentes, à des points de vue mesurables différents. Si je parle d'un mouvement sonore, par exemple, je pourrai le décrire au point de vue mouvement ou au point de vue sonore, c'est-à-dire en l'analysant avec mes yeux ou avec me& oreilles. Un autre animal doué de conscience,et capable de mes.urer, pourra le décrire à d'autres points de vue que nous ignorons. La langue géométrique nous permet d'en donner une description impersonnelle, mais il serait absurde d'affirmer que la description géométrique d'un phénomène représente, plus que toute autredescription, ce phénomène tel qu'il est. La description géométrique d'un phénomène est valable pour tous les hommes, mais voilà tout ce que nous avons le droit d'en dire ; il serait peu sage de prétendre qu'un phénomène sonore est un mouvement sinusoïdal et que l'image auditive que nous en avons est une illusion, parce qu'elle n'évoque pas en nous l'image d'un mouvement sinusoïdal.

Nos sensations auditives n'évoquent pas en nous Vidée de mouvement comme nos sensations visuelles; mais elles sont aussi bonnes au point de vue documentaire, et la musique, science des sen-

satîoBS sonores, n'est pas inférieure à l'acoustique. \ science de Tétude visuelle des mouvements qui h donnent à nos oreilles l'impression musicale.

La seule chose que nous puissions demander à nos sensations, c'est d'être différentes pour des phénomènes différents, de manière à nous permettre de les distinguer. Nous ne devons aucunement leur demander de ressembler aux phénomènes extérieurs qu'elles nous font connaître, car, je le répète, cette question n'a aucune signification, la forme extérieure d'un phénomène extérieur n'existant pas en dehors de. la connaissance par qvelquun de ce phénomène.

Cependant le langage des résonances pourrait laisser supposer que les phénomènes vibratoires, impressionnant une surface sensorielle, créent ^ dans le nerf centripète correspondant, une transmission de mouvements oscillatoires identiques à

ceux qui ont déterminé l'influx ; nous n'avons aucun droit de l'affirmer. Chaque mouvement périodique extérieur crée, par résonance, dans les protoplasmas sensibles, un mouvement correspondant; mais nous n'avons aucune raison d'affirmer l'identité des mouvements entre lesquels une correspondance est ainsi établie.

Un exemple fera saisir plus nettement ce. que je veux dire :

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