LIGUE DE L'ENSEIGNEMENT
Toast de M. Berthelot.
Messieurs,
J'avais pensé à beaucoup de choses susceptibles d'intéresser la Ligue de l'Enseignement, mais je me félicite de voir ma tâche déjà accomplie : M. Léon Bourgeois, notre président, vous a exposé d'une façon admirable ce que je me proposais de dire sur le rôle de la science et sur son importance dans un régime démocratique.
Il est cependant un point sur lequel je crois essentiel d'insisler pour mon propre compte, c'est sur l'utilité morale de la science dans les civilisations f modernes. Ceci vous intéresse au plus haut degré, j car vous êtes les promoteurs de la morale pour
l'éducation populaire- et générale; c'est un des buts fondamentaux de la Ligue de l'Enseignement. Il convient d'en parler avec d'autant plus de netteté, que dans les applications sociales de la science, il existe plusieurs points de vue.
Les gens qui signent trois étoiles, comme celui dont parlait tout à l'heure notre président, ces genslà ne voient dans la science qu'un côté, c'est le côté d'utilité matérielle. Assurément nous ne devons pas le dédaigner; nous devons même y appuyer d'autant plus, que c'est là l'une des grandes puissances de l'esprit moderne, c'est Tune de nos principales garanties contre l'esprit de réaction et d'obscurantisme. En effet la science a pour effet immédiat de donner au peuple les moyens de vivre d'abord, et, par suite, de se développer intellectuellement, en l'affranchissant des antiques servitudes de la pauvreté. Mais ) il y a aussi d'autres points de vue dans la science, des ; points de vue plus élevés : je veux dire l'affranchissement des dogmes imposés, la liberté de la pensée, qui résulte d'une manière nécessaire de l'éducation scientifique.
I J'ajouterai que la science est aussi la plus grande
II école de morale qui existe. J'insiste sur ce point. On a dit bien souvent et on répète encore, dans certaines classes, que ce sont les religions qui ont