Que le present sidcle est corrompu comme
charongne.
Pour seur Tantechrist est ne f Pour seur la fin de cettuy bas monde est prochaine I Gela appert avec la plus lumineuse Evidence des choses impies et des prodiges de tout point horrifiques, qui esclatent quotidiennement a nos yeulx, tant a la surface de ceste terre que dedans le vaste pavilion des cieulx.
Tantost ce est la crouste terrestre, qui trepide et se tremousse dessous les pieds des coulpables humains, tantost ce sont les fleuves et rivieres, qui, au lieu de s'en aller perdre doulcement, en hymenee, dedans le vaste sein du fleuve Oc6an, leur pere, sortent tout enrages des licts profunds, creuses a eulx par la main de la divine Providence et s'espandent furieux et rabiconds par les champs et les cites, detruisant les moissons plaisantes et noyant les benoits laboureurs. Tantost, prodige en tout plus omineux et espouvantable encore ! les rayantes estoiles, fichees comme clouz par Dieu a la concavite de la voulte cristalline du solide firmament, se descrochent et tombent sur ceste terre, abisme odieux et puant de vices tant enormes.
Ne fault croire avec un mecreant astrologue de cettuy temps pervers, que ce sont la simples et naturels phenomenes, simples esclats d'astres virevoltant dedans
Wi SCIENCE ET MAT^RIALISME.
les espaces eth6reenset obeissant,comme varlets dociles, aux lois pretendues d'une certaine force universelle dicte gravitation. Ce sont la opinions estranges, damnables et heretiques. Ne conste-t-il pas, en effect, selon les sacres livres, source et fontaine limpides de tout vray et bon scavoir, que cettuy monde terrestre, sur lequel nous rampons, comme vermisseaux meprisables, est enclos de mesme que un fromaige par dessous la cloche vitree du firmament, lequel de son dos bombe supporte et supportera jusques au jour de Tultime jugement la masse gravide des mugissantes ondes, divinement trices, lors de la creation, des ondes marines et de relement aride, ainsi que le diet sans ambages la (icnese de Moise.
Mais la veridique signification de ces choses estranges a este apertement, quoique vainement apergeue, il ne y a gueres long temps de ce, par un prelat inclyte es sciences sacrees 1 . Ce sont \k horribles preludes, vindicatifs monitoires, signes et prodomes encore legiers de Tire celeste.
Mais quoy ! Nous sommes debvenus, en cettuy siecle lamentable, sourds et aveugles comme busches. Adonc ce est bien de nous miserables que il est convenable de dire avecque les paroles de Fauteur pay en :
Quos vult perdere Jupiter dementat,
entendant au lieu et place de Jupiter le vray et unique Dieu.