II PRÉFACE
une sympathie infinies. Comme tout homme digne (le ce nom, j'ai tâché d'acquérir une notion positive de la vie, et d'en tirer une conception idéale, qui me servît de guide et de soutien dans Texislonce privée et dans l'existence publique. J'ai constamment pensé qu'un bon citoyen avait pour devoir de ne refuser son concours à aucune œuvre, il aucun tâche d'intérêt général.
Certes, celui qui envisage uniquement le souci de sa gloire personnelle a tout profit à porter son efiort sur un seul point, à se concentrer dans le domaine spécial où il a réussi à acquérir et à faire constater sa supériorité. Un ancien a dit, peut-être avec quelque exagération, que Thomme est un animal jaloux et routinier : ce n*est pas sans résistance qu'il subit Tascendant et la renommée d'autrui, et il n'admet guère que son semblable prétende a l'exercice d'aptitudes multiples. Il est plus sûr de recommencer toujours à tracer le même sillon : cela ne suscite aucun nouvel ombrage.
C'est cependant un sentiment justifié, et souvent un devoir, qui pousse l'artiste et le savant à tenter de renouveler son œuvre et ses services, par une incessante évolution : il y est parfois sollicité près-