‹ Science et moraleChapitre 45 sur 50 · I. — LES INVINTIONS · texte numérisé non relu

I. — LES INVINTIONS

Le nom de Papin, sans être celai d*un génie supérieur, tel que Galilée, Newton» Lavoisier, ou même Cavendish, Ampère ou Laplace» mérite cependant de rester dans la mémoire des hommes, en raison de sa valeur propre et du temps où il a accompli ses travaux. Le XVII* siècle est Tune des époques critiques de riiumanité moderne : c'est le moment où les sciences commencent à apercevoir les lois générales de la phy* sique et de la mécanique, celui où elles s'essaient à sortir des laboratoires pour mettre eea lois en œuvre» dans la pratique des diverses industries; préludant ainsi au vaste développement des qiplications des théories scientifiques auquel nous assistons aujourd'hui, ainsi qu*à la puissance et au Uen-étre chaque j our, croissants qui en résultent pour les races européennes. Il est intéressant d'en examiner les commencements. A ce point de vue, les expériences et les imaginations mêmes de Paphi, le jugement qu'en ont porté ses contemporains, enfin ses relations personnelles avec quelques-uns des plus distingués d'entre eux, tels que Boyle, Huygens et Leibnitx, sont très dignes de notre attention.

Disons d'abord que la caraetérisque de Papin. D*est

pas celle (run savanl pur : il n*a découvert aucun principe général en physique, ou en mathématiques; ses idées même n'y sont pas toujours justes, et il a soutenu contre Leibnitz, sur la question des forces vives, une controverse où il n'a pas témoigné une reconnaissance suffisante de l'infériorité de son génie, comparé à celui de son adversaire. Cependant, je le répète, on ne saurait lui contester le mérite d*a¥Oîr développé avec opiniâtreté tout un ensemble d*idées et (le tentatives, qui ont servi de base h la découverte des machines à vapeur. Papin est en réalité un inventeur demiscientitique, demi-industriel, fécond en propositions de tout ordre, les unes neuves et ingénieuses, les autres médiocres ou banales, quelquesunes chimériciues.

Alin de mettre le talent d'expérimentateur de Papin dans son jour et d*en bien montrer la valeur positive. nous parlerons d'abord de Tune de ses premières inventions, celle du digesteur, ou marmite autoclave, qui porte son nom et qui la conservé jusqu'à noire temps, où il est encore en usage. C'est l'appareil qu'il a le plus complètement étudié et réalisé; son origine vient d'une idée de Boyle, l'un des maîtres de Papin. Mais c'est ce dernier qui lui a donné sa forme et son véritable caractère. La publication de sa description eut lieu d'abord en Angleterre, en 1681, sous le titre

Page 1