YOLONTÉ IT LOI NATURELLE
treiit un appui trop grand, et la fantaisie se développe à l'excès aux dépens du bon sens. Ainsi, dans les pays civilisés non européens, toute la nature était conjurée en quelque sorte pour augmenter la puissance de la fantaisie et affaiblir celle du sens commun. On se rappelle la fantaisie effrénée qui s'est épanouie dans la poésie de Tliide ancienne, le caractère despotique et dénué de toute considération de rhistoire de TOrient, et enfin le fait que les dieux et les rois les plus populaires ont toujours été les plus terribles et les plus despotiques. Nous rencontrons des relations tout à fait opposées en Europe^ et, par suite aussi, tout d'abord en Grèce, un développement tout à fait différent, même opposé sous différents rapports, de l'humanité relativement à l'état, à la religion^ aux mœurs, etc. Tandis que, en Asie, la nature a la prépondérance sur l'homme, ce dernier possède^ en Europe, la prépondérance sur la nature, et à mesure que son développement a progressé, il a toujours appris de plus en plus à devenir le maître de la nature. C'est une croyance fausse que les hommes ont été autrefois plus vertueux, plus forts, mieux portants, ou bien ont vécu plus Âgés. Au contraire, nous possédons même aujourd'hui tous ces avantages à un degré plus élevé, et l'excès d'estime que l'on a pour l'antiquité n'est rien qu'un préjugé. Par suite enfin, en Europe, l'esprit humain est plus à étudier que la nature.
Dans la question de la liberté de la volonté, Buckle attribue avec raison une valeur particulière à cette science de la statistique, cultivée notoirement surtout en Angleterre, qui fait voir qu'il existe une symétrie de tous les phénomènes, et que les mauvaises actions des hommes tournent différemment suivant les modifications de la société environnante, Vassassinat^ par exemple, est per-