‹ Science et nature: essais de philosophie et de science naturelleChapitre 12 sur 19 · VOLONTÉ ET LOI KATURELLÊ · texte numérisé non relu

VOLONTÉ ET LOI KATURELLÊ

pétré, suivant lui (dans des circonstances données), avec autant de régularité que le flux et le reflux de la naer^ et le changement des saisons. Il en est de même du suicide^ bien que ce soit de ce dernier que Ton aurait dû le penser le moins. Les crimes reviennent dans un ordre déterminé : ce que nous venons de dire ne s'applique pas moins aux mariages, par rapport auxquels la statistique a démontré qu'ils se trouvaient dans un rapport déterminé avec Télévation du prix du blé et la rétribution du salaire.

Celui qui, en philosophie, ne part pas d'opinions préconçues, mais prend l'expérience et la réalité pour règle de ses idées, doit arriver à des résultats analogues. A proprement parler, un penseur allemand (FrauenstSidt, dans un article intitulé : Die Naturgesetze der sittlichen Welt^ a Les lois naturelles du monde moral ») a fait ressortir d'une manière encore plus riche en conséquence, la liaison nécessaire qui rattache le monde rnoral au monde naturel. Suivant ce philosophe, il n'existe aucune différence entre la nature et la loi morale, et le dualisme de ces deux ordres d'idées doit disparaître, aussi bien que le dualisme du corps et de l'âme, devant la manière moderne d'envisager le monde. L'impératif catégorique de Kant, en vertu duquel la loi morale ne possède aucune science empirique, mais provient à priori de la raison, n'est, suivant FrauenstUdt, qu'un énorme préjugé que l'on a répété jusqu'ici sans réflexion et sans raison. Il n'existe pas d'impératif catégorique, mais il existe des impératifs trèsdifférents et seulement relatifs : par suite il n'existe pas non plus une seule et môme mesure morale pour tous, et il n'existe pas non plus aucun type qui puisse être dit homme nurniaL Une règle morale qui pourrait servir pour tous dans toute situation, ne conduirait qu'à l'immoralité.

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