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L'ÉCHELLE DE GRADATION ORGANIQUE OU : LE PROGRÈS DE LA VIE

Toutes les formes sont analogues; cependant aucune ne ressemble k l'autre, et le chœur fait ainsi allusion h, une loi mystérieuse.

(Goethe.)

Tous les pas que nous faisons sur notre mère, la terre, nous conduisent au-dessus des sépultures de millions d'êtres qui ont vécu des millions d'années avant nous et qui sont morts en laissant leurs traces, leurs débris ou leurs empreintes dans la masse de pierres qui s'étend sous nos pieds. Les savants des siècles anciens prenaient ces figurations remarquables pour ùesjeuxdela nature sans acquérir un pressentiment de leur profonde et mystérieuse signification, bien que le philosopbeXenophanès, le terrible adversaire des dieux de la Grèce, les eût déjà précédés 2^00 ans avant notre ère en leur donnant un meilleur exemple. Il expliquait que les animaux pétrifiés étaient des êtres qui avaient vécu à une époque antérieure, et, de la présence des coquilles marines que Ton trouvait sur les montagnes ainsi que des empreintes présentant la configuration des poissons et de$ chiens de mer qui existaient sur la pierre et que Ton rencontrait dans les carrières à Smyrne, à Paros et à Syracuse, il con-

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cluait que la terre était autrefois couverte d'eau I ! Aujour<d'hui la science qui a progressé, tire de Tétude de ces pierres et de ces coufiguralions, comme de la lecture d'une ancienne chronique historique, l'histoire d'un passé presque infini et d'une longue, très-longue série d'êtres vivants qui ont peuplé la terre bien avant nous et qui ont vécu, sur la terre, y ont lutté et y ont souffert d'une manière qui n*e«t pas différente de celle des habitants actuels. Quelles relations existent entre ces êtres et ceux qui vivent aujourd'hui sur la terre ? Ont-ils été les mêmes à toutes les époques, où se sont-ils élevés peu à peu par un perfectionnement graduel jusqu'à leur hauteur actuelle dont la dernière cime forme notre espèce proprement dite, l'homme? — Tout cela constitue une série de questions qui sont susceptibles de stimuler au plus profond degré l'esprit de tout homme qui pense et qui dirige ses efforts vers la vérité. En effet, il n'a pas manqué d'efforts nombreux de la science pour répondre à ces questions et de tentatives de leur donner une solution satisfaisante. Un cssai^«des plus récents et des plus intéressants est celui de l'américain Tultle(l) qui cherche, avec une grande perspicacité et une profonde connaissance des choses, à écarter les objections qui peuvent être opposées à l'adoption d'une échelle de gradation organique ou d'un progrès insensible de l'organisation des êtres vivants pendant les temps primitifs par suite duquel ces êtres sont arrivés jusqu'à leur hauteur actuelle. Toute cette affaire a été sous un grand nombre de rapports mal comprise par les savants et par ceux qui ne le sont pas, et entendue de telle manière qu'il devait être possible de démontrer

(1) Hudson Tuttle : Gescbichte und GeseUe des Schopfungsvorganges (Histoire et lois de ce qui s'e^t passé lors de la création) ; traduction allemande d*Achner, 1860.

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Texistence d'une série simple de développement de Tespèce placée au degré le plus bas de l'échelle jusqu'à Tétre le plus élevé, par conséquent de la monade ou de réponge de mer en montant jusqu'au haut de l'échelle, à l'homme^ en passant par toutes les périodes géologiques, et en suivant la succession rigoureuse des temps. Mais avec une telle manière de voir qui se révèle dès le principe comme étant artificielle, vient se mettre en opposition^ non-seulement une quantité de faits divergents empruntés à l'histoire de la terre et des espèces éteintes^ mais encore cette circonstance que beaucoup d'animaux ou de végétaux de subdivisions séparées ne peuvent être comparés que diflScilement, ou ne peuvent môme pas être comparés entre eux sous le rapport de leur plus ou moins grande perfection. La série de la gradation organique n'est pas simple, mais elle se subdivise plutôt en un grand nombre de ramifications juxtaposées, souvent difficiles à reconnaître. On sait que l'intelligence de l'homme, qui tend à séparer et à établir diss distinctions, a rangé le monde actuellement vivant dans quatre ou cinq grandes subdivisions qui sont les rotifères ou rayonnes^ les mol- ImqueSy les articulés ou insectes, et les mammifères^ dont la dernière qui est en même temps la plus élevée, celle des mammifères^ renferme les êtres qui sont assurément les plus gros^ les plus forts et les plus parfaits dans leur espèce, mais dont on ne peut cependant pas dire qu'ils forment des séries de gradation placées les unes au-dessus des autres. Chacune de ces grandes subdivisions subsiste plutôt plus ou moins par elle-même, et toutes, ainsi que Tuttle l'exprime d'une manière caractéristique, ressemblent aux branches d'un arbre qui proviennent bien d'une racine commune, mais se développent ensuite chacune séparément. Nous ne devons pas nous étonner d'un fait

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qui joue le principal rôle parmi les preuves mises en avant contre Thypothèse d'une série de gradation — le fait que nous rencontrons déjà, dans les terrains dits ^siluriens j c'est-à-dire dans les terrains les plus anciens que nous considérons, comme contenant réellement des fossiles, les quatre principales subdivisions indiquées^ placées Tune à côté de l'autre^ et notamment la plus élevée et la plus parfaite de ces subdivisions, les mammifères, représentés par leur classe la plus inférieure, les poissons. Mais en réalité, suivant Tuttle, la vie n'a pas commencé à l'époque correspondante aux terrains où nous rencontrons, pour la première fois, les restes organiques réunis en grande quantité; mais elle doit avoir existé pendant des milliers de siècles sous ses formes inférieures avant de pouvoir laisser une trace durable dans les couches de terrain. Leur production primordiale ]

est donc inaccessible à notre observation. (Avec le temps, remarque l'auteur de ce mémoire, on doit môme trouver toujours des couches de terrains contenant des fossiles qui soient encore plus anciennes que les plus anciennes de celles qui nous sont connues actuellement (1)). Le

(1) L'espoir que nous exprimions ici s'est déjà réalisé depuis que les lignes ci-dessus ont été écrites. A la fin d'un discours remarquable (*) par lequel le célèbre géologue anglais Lyell a ouvert le congrès des naturalistes anglais à Bath, en septembre 186/k,il rapporte de la manière suivante une découverte faite au Canada (nord de l'Amérique) : « Dans le cours d'une exploration géologique iaite sous Thabile direction de sir William E. Logan^ il a été établi qu'au nord de la rivière du Saifit-Laurent il se trouve une série ou une succession de séries de couches stratifiées et cristallines, de gneiss, de micasehiste, de quartz et de pierre calcaire qui a une épaisseur d'environ 40 000 pieds et qui a été désignée sous le nom de « formation laurentienne ». Ces terrains sont plus anciens que les plus anciennes des couches fossilifères de l'Europe; celles aux-

(*) Ce diflcoun a été traduit en français et inséré dans la Revue de» eoun gcimtifiquet de la France et de Vitranger. 1. 1. p. 657 et 711. Paris, !'• année. 1864.

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système silurien se trouve précédé par le système dit cambrien, qui, pour une épaisseur de 1000 pieds, a dû avoir besoin de millions d'années pour se former. Dans ses couches inférieures, on ne trouve aucune trace d'ancienne vitalité, parce que des animaux à coquilles caU caires auraient pu seuls se conserver, et que de telles coquilles faisaient défaut chez les animaux qui vivaient alors. Les derniers temps de cette période sont au contraire caractérisés par les débris de quelques coquilles^ ce qui indique le progrès qui a été fait pour s'élever des

quellêt on a donné inoonsidérément le nom de « primordiales » on de primitive». Tout d*abord la portion la plus récente de celte aueceasion de couches cristallines vraiment très-conaidérables ne ressemble pas aux anciennes couches de terrains fossilifères ou soi-disant primordiaux qui se trouve au-dessus d'elle, de telle sorie qu'elle doit avoir déjà passé par des modiAcations de gisement avant que les dernières couches ou couches primordiales se soient formées. En outre, la moitié la plus anoienHe de la formation laurentienne môme ressemble ou s'adapte tout aussi peu à la moitié la plus jeune ou la plus récenle. C'est dans ce système de couches cristallines placées si profondément et si anciennes que l'on a découvert une eouohe de calcaire d'environ 1000 pieds d'épaisseur, contenant des restes organiques. Ces fossiles ont été examinés par le docteur Dawson, de Montréal, qui y a découvert, avec l'aide du microscope, la structure très«nette d'une très-grande espèce de HhiMopode* Cinq spécimens de ce fossile, VBoxoon eanadenee^ ont été apportés par M. W. Logan à Bath pour être examinés par les membres du congrès. Nous avons toute espèce de motif de supposer que les terrains dans lesquels se trouvent ces débris animaux, sont aussi anotens, sinon plu« anciens, qu'aucune des formations soi-disant agoiques (privées de débris d'animaux) d'Euro]pe, en sorte qu'ils sont de môme date ou de date antérieure aux terrains que l'on croyait autrefois avoir été formés avani toute création d'êtres orgaliiques » . Les rhifopodes on pieds-raeines dont il est ici question, sont de petits animalcules à très -petites coquilles ealcaires, qui habitent pour la plupart le fond de la mer^ et qui forment un ordre de la dernière classe de tous les animaux connus, c'est-à-dire des animaux désignés sous le nom A* animaux primordiaux ou de proiotoaires,

(Remarque de Tau/eur pour l'édition française,)

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mollusques nus jusqu'aux mollusques qui ont acquis des organes protecteurs. Il s'y trouve aussi déjè 3es traces confuses dé vie végétale, représentée par les végétaux désignés sous le nom de varechs (Seetangen). Suivant Tuttle, la vie végétale et la vie animale ont fait ensemble leqr apparition. Déjà, à cette époque très-ancienne, lés différentes subdivisions principales du monde animal peuvent avoir été représetitées par des êtres appartenant à leurs formes les plus inférieures; et chacune en particulier peut, à partir de ce moment, avoir poursuivi ensuite son cours particulier de développement. Même pendant la période silurienne qui a suivi la période cambrienne, les grandes ramifications principales des animaux sans vertèbres ne sont représentées que par des spécimens de leurs formes les plus inférieures, ce qui, suivant Tuttle, est bien assurément, d'une part, une preuve en faveur de la succession graduelle^ mais paraît, d'autre part, rendre insoutenable la théorie d*une ligne ascendante et du passage par transeformation de l'une des classes principales en l'autre. Les mollusques ne sont pas les ancêtres des poissons, mais toutes les subdivisions sont juxtaposées l'une à côté de l'autre sous leurs formes les plus inférieures, aussi bien que sous leurs formes les plus élevées; et chaque spécimen pris isolément a pour tâche de s'efforcer, non de se transformer en une espèce immédiatement plus élevée, mais d'arriver à une forme plus avancée et plus parfaite, conformément à ses aptitudes particulières. Ainsi, lés animaux qui sont désignés sous le nom de céphalopodes et qui forment une sous-division des mollusques, sont, dans leur genre, des animaux parfaits, et sont comme tels bien au-dessus des poissons, bien que ces derniers se trouvent placés à un rang plus élevé dans la série de gradation générale des animaux. En- général, la complication de

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l'organisation ne peut pas être considérée comme le signe d'un développement d'un ordre plus élevé; au contraire, te qui est compliqué devance souvent ce qui est simple, et il n'est pas rare que les animaux de la structure la plus compliquée et la plus tourmentée, soient aussi les animaux placés au degré le plus bas de Téchelle animale. Ainsi, par exemple, le superbe lis de mer {Seelilie) qui vivait à Tépoque de la formation dite permienne et triasique, et dont la coquille était composée de plus de 3000 segments séparés, disposés d'une manière tellement singulière, qu'il y avait conformité avec tous les besoins de l'animal qui s'y trouvait renfermé, a souvent été indiqué comme preuve de la perfection des animaux du monde primitif, et a été, à tort, le point de départ dont on a tiré la conclusion que le monde, au lieu d'être en progrès, est en repos, ou même recule! En général, la subdivision la plus inférieure, ou celle des mollusques formait, pendant l'époque silurienne, le type dominant, de telle sorte, qu'on a désigné aussi cette période comme étant le règne des mollusques. A la suite de ce règne, en même temps que les couches de l'ancien grès rouge se déposaient, est venu le règne des poissons^ représentés d'abord par des espèces qui se rapprochaient, d'un côté, du type des poissons, de l'autre, du type des insectes ou des crustacés qui se trouvaient au-dessous d'eux. Ce n'est que bien des siècles plus tard que ces deux types se sont séparés de manière à fournir des formes caractéristiques distinctes. A mesure que, dans le cours ultérieur de la formation de l'écorce terrestre, la terre ferme s'est élevée de plus en plus au-dessus du niveau de la mer, est arrivée la période houillère ou le règne des plantes^ durant lequel, avec l'aide d'une grande chaleur, d'une grande humidité et de l'existence d'une proportion abondante d'acide

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carbonique dans Tair^ la croissance des plantes a atteint une élévation comme cela ne s'est jamais présenté antérieurement, et ne se présentera jamais ultérieurement, et durant lequel ces dépôts incommensurables de charbon, qui sont aujourd'hui d'une si grande utilité pour l'homme, se sont amoncelés dans d'immenses forêts. Les poissons petits et informes de la période silurienne se sont déve* loppés en même temps de manière à se transformer en formes toujours de plus en plus élevées, et la famille des soi-disant sauroïdes qui vivait alors en même temps^ est déjà apparue sous la forme de reptiles ou d*amphibiesy se rapprochant des poissons par la moitié de leur développement. (( Tandis que des requins monstrueux et insatiables, et des sauroïdes gigantesques »^ telles sont les expressions qui se trouvent dans le livre de Tuttle, écrit dans un style plein d'élan, « s'adonnaient à leurs chasses sauvages au sein du vaste océan, les coraux et les zoophytes (animaux-plantes), qui s'en rapprochent, édifiaient tranquillement les îles qui leur servaient d'habitations^ travaillant siècle par siècle aux fondements des continents qui n'étaient pas encore nés. A proximité des côtes déjà recouvertes d'une flore continentale luxuriante, des varechs laissaient flotter les formes déliées de leurs entrelacements de feuillages' qui cachaient des formes innombrables de poissons et de mollusques », etc., etc. Dans la période permienne et triasique qui vient ensuite, a lieu une alternative plus fréquente d'échange entre la terre et la mer qui a fourni l'acheminement à la prépondérance ultérieure des^reptiles dans le monde animal vivant. De violentes commotions volcaniques modifiaient la surface de la terre; et, après qu'une rétrogradation temporaire se fût produite chez les animaux et les végétaux pendant la période permienne^ nous rencontrons pour les êtres

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organiques des conditions vitales nouvelles et modifiées. A la surface des couches de sable qui sont alors déposées sur le bord de la mer, nous voyons les traces des tortues simultanément avec les empreintes des pattes d'oiseaux gigantesques qui, n'étant pas propres au vol, se tenaient dans une région inférieure, par suite de leur organisation disposée pour qu'ils pussent en même temps vivre sur terre et dans l'eau. A côté se trouvent les traces de pas vraiment singulières, présentant l'apparence d'empreintes d'une main gigantesque qu'a laissées un quadrupède gigantesque, le fameux labyrinihodm, — intermédiaire entre le poisson, la grenouille et le lézard. Le phytosaurus^ au contraire, avec la forme du lézard, se rapprochait en môme temps de l'oiseau et du mammifère, ef le dycinôdon présentait des rapports d'analogie de cfonformation avec les serpents venimeux, les quadrupèdes carnivores, les tortues et les lézards. «^Ces sauriens et leurs congénères forment un groupe singulier et remarquable dans lequel nous observons une fusion d'êtres qui sont aujourd'hui profondément séparés les uns des autres, ils fournissent, pour cette période , un guide sûr pour poursuivre le développement de la vie qui, poussée lentement, mais visiblement, en avant par des circonstances favorables à son perfectionnement, s'élève de la structure des formes inférieures à des formes plus élevées ». De là^ en passant par la formation ô\ie jurassique^ on arrive à Vâge merveilleux durant lequel les plésiosaures et les ichthyosaureSj aux formes fabuleuses, animaient les vagues écumantes et les sauriens dits terrestres, indices d'un rapprochement insensible du type des mammifères, poursuivaient leurs proies au travers des forêts, tandis que \e ptérodactyle ou lézard -^ilé, qui se trouvait aussi bien chez lui sur les vagues de ner que dans l'air, s'élançait au-dessus de la mer d'un

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puissant batlement d'aile^ et que Yiguanodon^ long de \ingt-cinq pieds, s'amassait une litière de feuilles à rom* bre de forêts épaisses, broutant les pousses tendres des arbres. La période crétacée^ qui est venue ensuite, était, comrae la période permienne, une période de transition, et, tandis que les reptiles gigantesques y marchaient vers leur perte, les conditions vitales qui leur avaient octroyé l'existence, se changeaient peu à peu en conditions favo* râbles à l'existence des mammifères. Le changement important du climat, qui s'est produit dans la grande période de la formation tertiaire^ o a été le coup de la mort pour la grande famille des sauriens : cette famille s'est éteinte, et à sa place sont venus les quadrupèdes de cette période, consistant en pachydermes gigantesques, prédécesseurs des éléphant^ et des hippopotames, et en indices notables de l'existence de formes animales plus élevées qui se faisaient jour. Plus nous nous élevons à une grande hauteur dans les couches de cette période, plus les formes des atiimaux fossiles se rapprochent de celles qui vivent actuellement». En Europe, à l'époque des couches les plus récentes de la formation tertiaire, la terre était habitée par le cheval du Nil, le rhinocéros, le mastodonte, le mammouth, par différentes espèces d'éléphants, de bœufs sauvages, de cerfs, de chevaux et d'antilopes, et les fleuves étaient fouillés par le colossal dinotheriumy le plus gros de tous les animaux terrestres qui ont jamais habité la terre* Dans le sud de l'Amérique, vivaient vers cette époque de gigantesques paresseux, et la plupart des animaux qui nous sont connus comme étant actuellement vivants, étaient déjà représentés alors sur la terre par leurs types. Pendant la période diluviale qui a suivi immédiatement celle que nous venons d'indiquer, Vépoque glaciaire qui a duré environ mille ans, a- déterminé encore

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