Neues Jahrbuch fur Minéralogie, etc
Canada. En plusieurs endroits, ces marbres offraient un enchevêtrement de calcaire et de serpentine où les savants dont nous venons de rappeler les noms crurent reconnaître les caractères d'un gigantesque protozoaire. Jusqu'alors la nature vivante n'avait rien offert qui lui fût directement comparable. Le BathybUis venait à point pour combler cette lacune et il apportait à la thèse de MM. Dawson et Carpenter un renfort dont ils ne manquèrent pas de tirer profit contre ceux qui se refusaient à voir dans VEosoon Canadense autre chose qu'une particularité minéralogique.
Enfin, M. Zittel, en publiant, en 1876, la première livraison de son traité de paléontologie, accepta les déterminations des précédents auteurs, et décrivit le Bathybius en tète de la classe des Monères ', la première de la famille des Protozoaires.
Après l'affirmation de M. Giimbel, que le Bathybius se rencontrait dans toutes les mers et à toutes les profondeurs, il ne restait plus, pour être délinitivement édifié sur la nature de ce singulier organisme, qu'à attendre les résultats de la grande exploration scientifique entreprise par le navire anglais Challenger à travers l'Atlantique et le Pacifique.
On sait qu'à la suite des brillants résultats
1. Zittel, Handbuch der Palœontologie, l, 59. — Munich. R. Oldenbourg, 1876.
fournis par les explorations sous-marines des vaisseaux Porcupine et Lightning, la Société Royale de Londres avait obtenu qu'un navire de l'Etat, le Challenger, serait mis à la disposition d'un état-major scientifique placé sous la direction de M. \Yyville-Thomson. Le commandement de ce navire avait été confié aux marins les plus expérimentés en matière de sondages; parmi eux se trouvait le capitaine Nares, qui devait quitter bientôt le Challenger pour s'illustrer dans la dernière expédition arctique.
Pendant trois années, le vaisseau anglais sillonna l'Atlantique et le Pacifique, opérant des dragages à des profondeurs qui parfois dépassèrent huit mille mètres; partout on recueillit les dépôts du fond et tous les organismes, aussi bien ceux de la surface que ceux des couches profondes, amassant ainsi un trésor de matérieux dont l'examen sommaire a déjà produit des résultats scientifiques de la plus grande importance.
Chose surprenante, dans aucun des dragages ou des sondages, on n'avait jamais observé quoi que ce soit qui ressemblât à un protoplasme quelconque. Le chimiste de Pexpédition, M. Buchanan ', pensa que, si par quelque circonstance inexpliquée, le Bathyhius échappait ainsi aux regards, l'analyse chimique du moins décèlerait sa présence en révélant, dans Peau de mer, une matière organique distincte de celle des forami-