‹ Science et philosophieChapitre 58 sur 60 · I. M. Darboux assistait à la cérémonie · texte numérisé non relu

I. M. Darboux assistait à la cérémonie

Depuis la publication deLiouville, d'année en année, l'importance de l'œuvre de Galois est apparue plus clairement ; les plus grands mathématiciens se sont plu à la proclamer. Ce n'est pas ici le lieu et ce n'est pas à moi qu'il appartiendrait de dire l'influence considérable qu'elle a eue sur le progrès des Mathématiques.

En 1894, l'École normale fêtait le centenaire de sa création. Un géomètre étranger, Sophus Lie, écrivit pour le Livre qui devait commémorer cette fête une étude scientifique sur Évariste Galois, qui restera un des plus beaux monuments élevés à sa gloire. A cette même occasion, M. Paul Dupuy, aujourd'hui secrétaire de l'École normale, commença de longues et patientes recherches sur la vie de Galois. Il a feuilleté les journaux du temps, compulsé les registres d'écrou des prisons ; les parents et les amis de Galois qui survivaient lui ont apporté tout leur concours ; ces recherches ont abouti à une biographie qu'on peut regarder comme définitive, et où M. Dupuy, à force de faire comprendre Galois, réussit presque à le faire aimer.

Je dois à la situation que j'occupe à l'École normale l'honneur de prendre la parole ici ; je vous remercie, Monsieur le Maire, de me permettre de faire au génie de Galois amende honorable au nom de cette École où il est entré à regret, où il n'a pas été compris, qui l'a rejeté loin d'elle et dont il est, malgré tout, une des gloires les plus éclatantes.

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