‹ Science et philosophieChapitre 57 sur 60 · ÉVARISTE G A LOIS · texte numérisé non relu

ÉVARISTE G A LOIS

guste Chevalier où se montre toute sa science, où éclate tout son génie. Quelle nuit tragique, Messieurs, que cette nuit-là, où Tenfant de génie, qui sait que la lumière qu'il porte va s'éteindre, voit passer devant lui ce qu'il a fait, ce qu'il aurait pu faire, où, en s'eiForçant de fixer les résultats les plus essentiels, il écrit d'une main fébrile : Je n'ai pas le temps.

Quinze ans plus tard, en 1846, Joseph Liouville publiait dans son journal les Œuvres mathématiques de Galois: cette publication a été faite avec autant d'intelligence que de conscience; Liouville a publié tout ce qu'il importait de publier; ses papiers témoignent du travail considérable qu'il s'est imposé pour pénétrer la pensée de Galois ; ces œuvres ont été réimprimées en 1897 par les soins de la Société mathématique, avec une très belle préface due à M. Emile Picard. Il y a trois ans, M°^° de Blignières, une des filles de Liouville, a su retrouver les manuscrits de Galois dans les papiers de son père : elle les a légués à l'Académie des Sciences. Ces feuilles jaunies, déchirées, maculées, couvertes de griffonnages, les calculs inachevés, les fragments venus de Sainte-Pélagie qui sentent la haine et la fièvre, la lettre écrite dans la nuit funèbre, le glorieux Mémoire qui fut jugé incompréhensible, les injures à ses membres d'il y a quatre-vingts ans, l'Académie a recueilli tout cela pieusement, comme une inestimable relique; et aujourd'hui. Messieurs, son Secrétaire perpétuel * est au milieu de vous ; il s'unit à vous pour honorer Galois.

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