‹ Science et philosophieChapitre 14 sur 68 · PhédoD, XCTII · texte numérisé non relu

PhédoD, XCTII

2. Âristote, Méîaphyiique, livre I*; trad. de MM. Pierron et Zévort, p. 13.

quelques exemples comment elle a procédé à Torigine. Le vrai caractère dé sa méthode se manifeste sans déguisement dans ces premiers essais naïfs, où chaque philosophe, frappé vivement par un phénomène physique ou moral, le généralise, en tire par voie de raisonnement une construction complète et l'explication de l'univers. Depuis lors jusqu'aux temps modernes, quels qu'aient été l'art et la profondeur de ses constructions systématiques, la métaphysique n'a guère changé de procédé. Elle pose un ou plusieurs axiomes, empruntés soit au sens intime, soit à la perception extérieure; puis elle opère par voie rationnelle et conformément aux règles de la logique. Elle poursuit la série de ses déductions jusqu'à ce qu'elle ait constitué le système complet du monde; car, comme dit Aristote, c le philosophe qui possède parfaitement la science du général a nécessairement la science de toutes choses. . . Ce qu'il y a de plus scientifique, ce sont les principes et les causes. C'est par leur moyen que nous connaissons les autres choses, tandis qu'eux, ce n'est pas par les autres choses que nous les connaissons ^ >

1. Métaphysique, livre I*% traduction déjà citée. Le texte est plus énergique :.Aià yàp laOTOi xal éx totStwv xfiXXa yvcopiÇerai, dXX* où ToOia àià t£)v 07rox8i(iév(ov.

Le triomphe de cette méthode est dans Térection des grandes machines scolastiques du moyen âge, où le syllogisme, partant de certains axiomes imposées dogmatiquement et au-dessus de toute discussion, règne ensuite en maître de la base au sommet. Jusque dans les temps modernes, Descartes, qui renverse l'ancien édifice de l'autorité philosophique, demeure fidèle à la méthode déductive. € J'ai remarqué, dit-il S certaines lois que Dieu a tellement établies dans la nature, et dont il a imprimé de telles notions en nos âmes, qu'après y avoir fait assez de réflexions, nous ne saurions douter qu'elles ne soient exactement observées en tout ce qui est ou qui se fait dans le monde. » Et plus loin ^ : € Hais l'ordrQ que j'ai tenu en ceci a été tel. Premièrement j'ai taché de trouver en général les principes ou premières causes de tout ce qui est ou qui peut être dans le monde, sans rien considérer pour cet efiet que Dieu seul qui l'a créé, ni les tirer d'ailleurs que de certaines semences de vérité qui sont naturellement dans nos âmes. Après cela, j'ai examiné quels étaient les premiers et les plus ordinaires effets qu'on devait déduire de ces causes, et il me semble que, par là, j'ai trouvé des cieux, des

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