CHIMIE ET THÉORIE DE LA CHALEUR
nelle à cette dimination. Les deux ordres de phénomènes sont donc équivalents.
Ce principe d'équivalence est démontré, je le répète, par des expériences directes, lorsqu'il s'agit des forces vives immédiatement mesurables et du travail extérieur et visible des macbines. On est dés lors conduit à appliquer le même principe aux changements de force vive moléculaire, et aux tra» vaux des dernières particules des corps, changements accomplis dans un ordre de mouvements et de parties matérielles que Ton ne peut ni voir ni mesurer directement, n s'agit en particulier de rediercher si les mouvements insensibles qui règlent les phénomènes chimiques obéissent aux mêmes lois que les mouvements sensibles des machines motrices. Mais on rencontre ici une difficulté fondamentale : les mouvements insensibles développés pendant les actions chimiques ne pouvant être ni décrits, ni mesurés directement, conune ceux des machines proprement dites. C'est pourquoi la question ne saurait être décidée que par voie indirecte; je veux dire par la conformité constante des expériences avec des résultats prévus par la théorie. Réciproquement, une telle conformité étant supposée établie, il en résulte cette conséquence capitale, queles travaux des forces chimiques sont ramenés à une même définition et à
une même unité , communes à toutes les forces naturelles.
De là résuite une science nouvelle, plus générale et plus abstraite que la description individuelle des propriétés, de la fabrication et des transformations des espèces chimiques. Dans cette science, on se propose d^envisager les lois mêmes des transformations, et de rechercher les causes, c'est-à-dire les conditions prochaines qui les déterminent. On démontre d'abord que les quantités de chaleur développées par les actions réciproques des corps simples et composés donnent la mesure des travaux des forces moléculaires. Par là, les énergies chimiques se trouvent nettement caractérisées et mises en opposition avec les autres énergies naturelles : les unes et les autres obéissent d'ailleurs également aux lois de la mécanique rationnelle.
Les conditions qui président à l'existence et à la stabilité des combinaisons étant définies d'abord pour chaque corps traité séparément, on en déduit les conditions qui président aux actions réciproques.
C'est ici le résultat fondamental de la nouvelle science. En effet, nous avons réussi à découvrir un principe nouveau de mécanique chimique, à l'aide duquel les actions réciproques des corps peuvent être prévues avec certitude, dès que l'on sait les condi-