Économie rurale et art vétérinaire
On reconnaît, à la vue de cette liste, l'esprit de règle symétrique et les idées absolument arrêtées des hommes de la fin du xviii* siècle. Cet esprit s^est perpétué plus qu'ailleurs dans TÂcadémie des sciences. Seule, en effet, dans l'Institut, elle est demeurée la même. Tandis que les autres classes ou académies, suivant la loi commune de toutes les institutions, ont changé par le cours de nos révolu-
lions, tandis qu'elles ont subi, dans leurs attributions, dans leur titre et jusque dans leur nombre, des changements considérables, qui ont altéré profondément le système général de Tlnstitut; au contraire, l'Académie des sciences n'a guère varié depuis sa fondation.
Les modifications les plus notables qu'elle ait éprouvées datent de 1803 : elles ont consisté dans la création de deux secrétaires perpétuels, l'un pour les sciences physiques, l'autre pour les sciences mathématiques; dans la création de huit associés étrangers; dans l'extension du nombre des correspondants nationaux, porté à cent ; enfin dans l'addition d'une demi-section de géographie et de navigation, laquelle a été complétée il y a deux ans : toutes dispositions qui étendaient les cadres académiques, sans les transformer. J'excepte cependant l'institution des secrétaires perpétuels, substitués aux secrétaires annuels : cette institution établissait dans la classe une autorité supérieure à celle des simples membres, et elle assurait à l'Académie les avantages et les inconvénients de l'esprit traditionnel.
Même en 1816, la classe des sciences physiques et mathématiques, mutilée par quelques proscriptions individuelles (Carnot, Monge), n'en conserva pas moins son organisation intérieure, sous le nom
L'ACADÊMIE DES SCIENCES. 189
d\4cADÉxiB ROYALE DES sciE!fCES. Les changements les plus importants qu'elle subit alors furent Tintrodoction du système hétérogène des académiciens libres, renouvelé de l'ancien régime, et surtout la rupture presque complète des liens qui assemblaient les diverses classes de Tlnstitut enun corps solidaire. Jusqu'à quel point minutieux l'Académie des sciences a maintenu son organisation d'il y a soixantedix ans, c'est ce dont on pourra juger, en comparant an tableau des sections originaires, le tableau suivant qui représente l'état actuel :
Deux secrétaires perpétuels ;
Onze sections sous les titres de : Géométrie, Mécanique, Astronomie, Géographie et Navigation, Physique générale, Chimie, Minéralogie, Botanique, Économie rurale, Anatomie et zoologie. Médecine et chirurgie.
Comptant chacune six membres titulaires, en tout soixante^ix ;
Huit associés étrangers ;
IHx académiciens libres ;
Cent correspondants, inégalement répartis entre les sections.
Telle est la composition présente de l'Académie des sciences.
Durantrintervallequînoussépare de sa fondation*, rAcadémie a compté deux cent trente-trois titulaires, la durée moyenne du titre ayant été de trente- deux ans par tête.
Héritière de Tancienne Académie des sciences, (1666-1793), la nouvelle Académie avait à continuer de grandes traditions : d'Alembert, BuiTon, les Jussieu, Lavoisier, comptent parmi les fondateurs des sciences mathématiques, physiques et naturelles. Un grand nombre des membres de l'ancienne Acîadémie, parmi lesquels je citerai Lagrange, Laplace,Lamarck, Monge, Haûy, BerthoUet, faisaient d'ailleurs partie de la nouvelle. Elle n'a pas été inférieure à son aînée. Les noms de Fourier,Cuvier, Geoffroy Saint-Hilaire, Ampère, Gay-Lussac, Fresnel, pour ne désigner aucun vivant, témoignent de l'éclat du nouveau corps et de l'influence que ses membres ont exercée, par leurs travaux individuels, sur la direction générale des sciences et de la civilisation. Mais l'Académie des sciences n'a pour ainsi dire pas d'histoire générale, puisqu'elle s'est perpétuée sans changement sensible dans ses cadres, depuis l'époque de sa fondation.
Cependant je veux essayer de donner une idée des travaux de l'Académie, afin de faire comprendre
L'ACADtHIE DES SCIENCES.
comment elle exerce son ioQuence collecti développement des sciences et comment se bilité même, au milieu des sociétés humaii sammeat renouvelées, a Qni par reslreiii rdle et menace, si elle n'y prend garde, à passer un jour à l'élal de ces mécanisme que l'on conserve plutôt comme de vénéra numents du passé que comme des machîi saotes etelQcaces.
Dès rorigine, l'objet et les attributions de TAcadémie des sciences avaient été fixés dans les termes suivants, qu'il est utile de rappeler, aQn de mieux caractériser son état actuel :
c Perfectionner les sciences et les arts par des recherches non interrompues, par la publication des découvertes, par la correspondance avec les sociétés savantes françaises et étrangères;, suivre les travaux scientifiques qui auraient pour objet l'utilité générale et la gloire de la République ^
En somme, dans la grande pensée de ses fondateurs, rinstitut était destiné à centraliser l'ensemble