FRANCE ET ALLEMAGNE
(car il ne faut être ingrat envers aucun peuple dans ce concours universel), Galilée est le fondateur de rastronomie et de la mécanique modernes. Mais le développement scientifique se concentre bientôt en France, en Angleterre et en Allemagne.
En France, Descartes découvre les méthodes de la géométrie analytique, plus durables encore que ses théories philosophiques et cosmogoniques. En Allemagne, Kepler invente les lois du mouvement planétaire, et Leibnitz, esprit français plus qu'allemand peut-être, par son éducation et par la clarté de ses conceptions, institue les règles du calcul différentiel, sous une forme et avec une philosophie qui sont encore les nôtres. Allemand ou Français, Leibnitz est Texeniple le plus éclatant sans doute de la hauteur à laquelle peut atteindre un homme dans lequel concourent ces deux génies ethniques, que tant de gens voudraient aujourd'hui nous faire croire inconciliables.
Cependant, à la même époque, TAnglelerre a produit Newton, plus grand peut*être que Descartes, Leibnitz et Kepler, dans la science de la nature : car Newton a trouvé à la fois les nouvelles méthodes de calcul (sous une forme de langage moins parfaite que Leibnitz, à la vérité) et les lois de l'astronomie; nous n*avons guère fait depuis que développer ses
idées et ses doctrines dans Tétude des mouvements des astres.
Ce même concours des trois grands peuples roo' dernes se retrouve lors de la fondation de la science chimique, qui joue un si grand rôle aujourd'hui, soit dans les théories relatives aux atomes et i la constitution de la matière, à la formation des astres, à celle des couches successives du globe terrestre, et à Torigine de la vie elle-même; soil dans les applications de l'industrie humaine, qui concernent les métaux, les matières colorantes, les remèdes, l'agriculture et tant d'autres fabrications.
Vers la fin du xvin* siècle et au commencement du xix% la chimie a été fondée sur une base durable, après avoir flotté près de deux mille ans à travers des notions mystiques, obscures et incohérentes. C'est un Français, disons-le hardiment, c'est Lavoisier qui a fixé ces notions indécises par le principe définitif de. la stabilité de la matière, invariable dans la nature et le poids de ses corps simples. Lavoisier a'a découvert peut-être aucun fait particulier, comme l'ont, rappelé dernièrement quelques auteurs aliemands dans une intention de dénigrement. Mais coe qu'ai y a de plus scientifique, dit Aristote, ce senties* principes et les causes; car c'est par leur