‹ Science et philosophieChapitre 57 sur 68 · A H. A. HÉBRARD · texte numérisé non relu

A H. A. HÉBRARD

21 féTrier 1872.

Vous avez désiré savoir à roccasion mon sentiment sur les choses de ce temps, dans la pensée d'en tirer quelque proG l pour notre malheureuse patrie : au* jourd'huiy chacun a le devoir, parmi les gens qui réfléchissent, de dire son opinion; le concours de toutes les bonnes volontés est nécessaire.

C'est des relations morales entre la France et l'Allemagne que je veux vous entretenir. Nul sujet n'est plus brûlant; nul n'est plus pénible. Il faut cependant l'aborder; car les Allemands, nos vainqueurs, semblent comprendre aujourd'hui, je parle des philosophes et des esprits sérieux, que

rhumanité ne peut vivre de haine, et que tout progrès est impossible désormais, sans le concours volontaire et amical des grandes nations qui représentent la civilisation moderne : l'Allemagne, la France et,j'ajouterai, l'Angleterre, dontils ne parlent pas : ce sont là les trois grands facteurs du progrès universel.

Peut-être avons-nous le droit, autant que personne, d'élever la voix aujourd'hui, nous qui, vous le savez, avons réprouvé cette funeste guerre dès son début et en principe , sans nous préoccuper de l'opportunité qui a déçu tant de gens en juillet i870. Nous savions, je le répète, que la civilisation moderne repose sur trois peuples, qui devraient rester unis à tout jamais et à tout prix : la France, l'Allemagne et l'Angleterre ; chacune avec son génie propre et sa part dans le développement historique de la race humaine.

Dès le xvu* siècle, chaque peuple marque son rôle. Pour ne parler que des sciences mathématiques et physiques, l'initiative de leurs progrès dans les temps modernes est due principalement à quelques hommes : un Italien d'abord, Galilée, héritier de ces grandes traditions du xvi* siècle, que les jésuites et l'Inquisition ont fini par éteindre presque complètement en Italie. Avec le Polonais Copernic

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