SUITE DU § P', ET DE LA PREMIÈRE OBJECTION
La fin du premier volume de M. Blanqui traite longuement : des ministères de Sully et de Colbert, comparativement considérés. Le premier protecteur exclusif de l'agriculture, de la rusticité ; le second protecteur spécial de l'industrie, du commerce, de l'urbanité. M. Blanqui reconnaît à ces deux ministres : du génie, de la probité ; mais, il préfère Colbert, tout en le condamnant d'avoir, malgré lui, dit-il, donné trop de protection au système mercantile ou de prohibition.
Avant, de discuter ces différentes critiques ; disons d'abord : que, personne moins que nous ne respecte les grands hommes, dans les torts qu'ils peuvent avoir eu. Mais, nous disons : que, pour les critiquer justement , il faut se placer au-dessus d'eux ; monter sur nu 1
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leurs épaules; et, prouver qu'on le mérite. Sinon : ce n'est plus connaissance de sa propre valeur ; ce n'est plus orgueil ; mais, vanité.
Lorsqu'une discussion, sur des points qui intéressent le bonheur général, dure des siècles sans obtenir de solution ; il est certain : que, chaque parti a raison, sous un certain point de vue ; et, que daaa fêtai respectif des choses, leur conciliation est impossible. Si, alors, une solution devient nécessaire à l'existence de la société ; la conciliation des partis ne peut avoir lieu : que, par une révolution sociale. Nous allons voir : que, tel est le eaâ. : pour la protection exclusive de l'apiculture; pour la protection spéciale de l'industrie et du commerce, système mercantile ou des prohibitions ; etc.,
Pendant, toute la période d'ignorance primitive, il n'y a de possible que deux espèces de droit : le droit (Ëf in ; et, le droit des majorités ; l'un, est la compression de l'examen; l'autre, en est la liberté.
La compression de l'examen nécessite : les entra* ves aux communications ; une force centrale immense, source alors nécessaire de la puissance militaire ; et, une grande simptieité de mœurs, qui aUyrs (nous disons alors ne l'oublions pas) , ne peut exister ; qu>n l'absence du luxe ; et, par conséquent des développements de l'industrie ; qu'en l'absence du commerce, en dehors duquel : tout développement d'industrie est impossible.
La liberté d'examen, est la suite nécessaire : de la liberté des communications ; ou, de l'impossibilité de le& enspécher.
La liberté des oommunicatioUB, est la suite nécessaire : de la protection de Tindustrie. Car, quand l'industrie est protégée, si les prohibitions gênent le commerce, la contrebande produit les communications ; 00, rindustrie périt.
Maintenant, des embarras sociaux immenses vcmt s'élever. La liberté des communications, le développement de l'industrie , amène, nécessairement, au sein de l'ignorance primitive, la domination du capital. Car, alors : la domination de l'intelligence en dehors de la vérité, basée sur la domination du sol, est devenue impossible en présence de l'examen ; et, la domination de l'intelligence, basée sur la vérité, n'est pas encore possible. Ici, nous ne considérerons la domination du capital ; que, dans ses conséquences matérielles ; sans nous occuper : du scepticisme, qu'il amène nécessai^ rement.
La domination du capital, rend maîtresse universelle de l'industrie, la nation qui a le plus fort capital. Et, la nation qui opprimera davantage le travailleur ; la nation qui pourra produire à meilleur marché ; aura le plus fort capital. Il s'ensuit : qu'au bout d'un certain temps, les travailleurs des autres nations par impossibihté d'avoir du travail, deviendront s'il est possible, plus malheureux que la nation qui a le plus fort capital ; et, qui n'a pu l'avoir : que, par le malheur de ses propres travailleurs. Ici, nous ne sommes pas inventeurs ; nous ne faisons que répéter les leçons : que, M. Blanqui fait lui-même, au Conservatoire des arts et métiers.
■ Nous pourrions, ici, donner mille exemples : des supplices que l'on fait subir aux malheureux proietaires. Celui que nous allons donner est le premier, qui nous tombe sous la main ; et, il est loin d'être le plus atroce. Si, l'on osait nous interpeller, à cet égard, nous en donnerions d'autres.
— « VAthseneum, dit la Réforme du 5 décembre 1845, donnait dernièrement, sur la condition des enfants paurres en Angleterre, des détails qu'on ne pourra lire sans frissonner. Ces détails, empruntés à un rapport de la commission du travail des enfants dans les manufactures, ont un etractère d^nutlienticilé iout à fait irrécusable, et il faut bien y croire en dépit de riiorreur qu*i1s inspirent. Âpres avoir parlé des duretés sans nombre qu'ont à souffrir les enfants employés cbcz les modistes et les couturières de Londres, le rapporteur s'exprime ainsi :
t Des marchands de modes de Londres passons aux fabricants de laceta de Nottingham.
« La fabrication des lacets est un procédé mécanique qui demande l'attention la plus constante et la plus soutenue. La plus grande partie des métiers sont encore aujourd'hui mis en mouvement par la main. En ite5, la valeui^e la fabrication s'est élevée à 2,212,000 livres sterling ; et la quantité énorme que représente un tel produit a dû s'accroître encore , depuis qu'un machinisme plus parfait a permis d'abaisser beaucoup le prix de la vente. Chaque paétier fait tourner environ dix-huit cents bobines, et il est à peine croyable de dire qu'on emploie à ces métiers des enfants de trois à quotre ans qui travaillent avec leurs mères douze et même quatorze heures par jour.
« Or, pour obtenir de ces pauvres petits êtres une tranquillité qui n'est pas de leur ûge, on leur administre une certaine mixture ajoutée à la liqueur de Godfrey (Godfrey's cordial). Un apothicaire de Nottingham a déclaré au coroncr qu'il en avait délivré lui seul plus de treize cents potions dans une année. Non-seulement cette mixture est du laudanum, c'est-à-dire de l'opium dissous et suspendu d'une façon particulière, mais encore le chimiste ajoutait qu'il était obligé d'employer du laudanum d'une bien plus grande force que la pharmacopée anglaise ne l'indique, et de préparer en outre le cordial beaucoup plus énergique que celui qu'on vend à Londres, autrement ses pratiques se seraient plaintes.
« Voici maintenant comment l'empoisonnement procède. Il doit commencer le plus tôt possible après la naissance. La mère débute par le sirop de rhubarbe et de laudanum mêlés ensemble; puis elle passe au cordial de Godfrey pur, et ensuite au laudanum pur, à mesure que les effets
paraissent diminaer par Tliabitude. Une demi-cuillerée à thé du mélange est d*abord donnée à l'enfant^ une cuillerée à thé de cordial succède^ et finalement on arrive à quinze ou vingt gouttes de laudanum à la fois. Quand TcnCant est sufGsamment accablé, il tombe immobile , stupide sur les genoux de sa mère , qu'il n'empêche alors par aucun mouvement de poursuivre le dévidage des bobines. Le résultat d*un pareil régime ne tarde pas à apparaître. Les petites victimes deviennent pâles, blêmes; leur face présente un caractère d'émaciation tout à fait particulier» et la destruction marche assez rapidement pour qu'en deux ans la mort puisse saisir le plus grand nombre.
« En lisant cet effroyable exposé^ continue le journal de Tinfanlicide industriel, le premier besoin qu*éprouve notre &me soulevée, c'est de nier; le second, c'est de maudire. Gomment des mères ont-elles pu concevoir un si infâme sacrifice, des chimistes s*en faire les instruments, des négociants en profiter? Qu'y a-t-il de plus accusateur pour une époque et pour nu peuple, de cette misère des uns ou de cette cupidité des autres? La mère lue son enfant pour vivre, la malheureuse ; si elle le soignait, s'il vivait, ces soins, celte vie lui prendraient du temps, à elle, et elle mourrait de faim sans doute, car sa journée ne serait pas assez longue ! Horreur! etc., etc. »
— Toutes ces déclamations sont fort belles ; mais, un remède vaudrait mieux... peut-être. Que le gouvernenâent empêche ces atrocités, et le capital passera à une autre nation; puis celle qui aura été humaine mourra de faim. Sous le régime bourgeois, le peuple doit mourir de faim ; ou, vivre d'assassinats et d'empoisonnements. Si, les journalistes, au lieu de faire de la sensiblerie sur le malheur des masses, non-seulement reconnaissaient : que, le gouvernement bourgeois, aussi bien républicain que njonarchique, en est la source nécessaire ; et, qu'ils engageassent à rechercher l'organisation rationnelle, qui doit remplacer Tinfâme organisation bourgeoise-, ils feraient beaucoup mieux.
De la nécessité , d'empêcher la nation qui a le plus
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ffpw capital, comme étant la plus inhumaine, de venir faire concurrence et annihiler l'industrie des autres nations ; naissent : les prohibitions ; les guerres de douanes; et l'impossibilité de pacification. Ce sont des brochets dans un étang ; il faut : que, le plus gros , mange le plus petit. C'est juste : ils sont sous la domination de l'organisme; ilfautjque l'oi^nisme triomphe.
Voyons, maintenant, en quoi chaque parti, dont Tua est représenté par Sully , et l'autre par Colbert, peut avoir tort ou raison .
Le système de droit divin, nobiliaire ou militaire, prêche : la simplicité des mœurs, la rusticité, l'absence de luxe , la. suffisance du fer, la superfluité de l'or. C*est très-bien 1 Mais, après avoir vaincu les peuples riches, industrieux, le vainqueur finit : par se trouver vaincu par les richesses, et devient bourgeois. Vouloir empêcher de jouir : de ce que l'on a , de ce dont on a connu le besoin, est impossible ; y prétendre , est utopiqne ; et, vouloir empocher d'abuser socialement des richesses ; ne peut appartenir : à l'époque d'ignorance primitive .
Ce n'est pas tout : l'empirisme seul inspire les Sully, qui auraient tort pour Vépoqite absolue, sous laquelle tout le monde calcule eii théorie; et, qui n'ont raison : que, pour leur époque relative, que personne ne recoonait en théorie; tandis, que tous les sophismes protègent les Colbert, qui auraient raison pour l'époque absolue y dans laquelle tous les sophistes se croient ; et, qui n'ont tort : que, pour leur époque relative; ce qu'alors personne n'iq[>erçoit«
AmvoDS : aux parUfiaus des prohibitico^ ; et, aux purtisaiis 4u commerce ]ibre.
Les prettien ont raison, pour leur époque relative ; 4mt raieoQ m pratique ; quoiqu'ils airat tont^ ea théorie abscdue, qcd u'est qu'une fausse théorie : qusmd on l'applique à l'époque relative. Aussi, voyons-nous le système prohibitif se soutenir : malgré tous les économistes de bonne foi ; qui, comme M. Blanqui : n'ont pas distingué l'époque absolue , de l'époque relativiS. Qu'arrive-t-il de là? Que, nous verrons souvent M. Blanqui : chanceler, transiger avec ses principes ; et , chercher des échappatoires, pour colorer son ac-> quiescement au régime prohibitif ou protecteur .: qui est le même sous deux noms différents. Il est bon 4e remarquer : que , pendant toute l'époque d'Ignorance primitive, ceux qui raisonnent le mieux en théorie, sont ceux qui ont les plus mauvais résultats en pratique; et, vice versa. Faut-il en conclure : qu'une bonne théorie diffère jamais de la pratique. Nullement. Une bonne théorie n'est bonne : que , lorsque son application ne rencontre aucun obstacle. Quiconque veut appliquer, en époque relative , une théorie seulement bonne en époque absolue , est un utopiste ; et non un véritable théoricien. M. Blanqui est un ute- {Hste.
Ce que nous venons de dire, des partisans du système de prohibition, démontre : que, les partisans du système de liberté ont raison, pour l'époque absolue ; et tort, pour l'époque relative.
Il devrait être inutile de dire^ l'ayant d^à énoncé,
10 SCIENCE SOaALE.
On a souvent dit : que, c'étaient les dépenses de iiouis XIV et les débauches de Louis XV, qui ont conduit Louis XVI à réchafaud. C'est une erreur : la cause prochaine de la révolution française a été Golbert : qui a fait prédominer le capital. Mais, la cause r^//e^ est le développement de Tintelligence , rendu incompressible par la presse. L'industrie devait se développer. Si, Colbert n'en eût été la cause ; c'eût été un autre.
Nous venons de dire : que, s'il fallait mettre à l'hôpital de 1662 ceux qui, a présent, auraient droit d'y être admis ; il s'y trouverait une population de plus de 25 millions d'habitants. M. Blanqui partage cet avis ; car, il avoue souvent : que, le paupérisme a beaucoup augmenté depuis Louis XIV. Et, il cite le passage suivant du maréchal de Vauban, comme partant d'une voix généreuse , qui ose prendre la défense du peuple.
— « Par toutes les recberchet (fue j'»i pu faire depuis plusieurs années que je m*j applique , dit le maréchal de Vauban , j*ai fort bien remarqué que dans ces derniers temps près de la dixième partie du peuple est réduite i la mendicité et mendie effectivement (i); que des neuf autres parties il y en a cinq qui ne sont pas en étnt de foire l'aumône à celle-là, parce qu*ellcs-mêmes sont réduites , à très-peu de chose près, à cette malheurensc condition ; que des quatre autres parties qui restent, trois sont fort malaisées ei embarrassées de dettes et de procès; et que dans la dixième, où je mets tous les gens d^épce, de robe, ecclésiastiques 6l laïques, toute la noblesse et les gens en charge militaire et civile, les bons marchands, les bourgeois rentes et les plus accommodés, on ne peut pas compter sur cent mille familles, et je ne croirais pas mentir quand je dirais qn^il n'y en a pas dix nûlle^ petites on grandes, qu'on puisse dire être fort à leur aise. »
(l) Aujourd'hui H y en a 4 millions.
5GIEIfC£ SOCIALE. li
— Voili^ OÙ, le développem^iit de rindnstrie, avait déjà conduit la France, à Tépoque de Vaaban. Voici, l'état actuel démontré par Pierre Leroux dans sa Phutocraiie. Les calculs sont établis sur documeats a/*- ^ieh; ely qu'il est impossible de contester.
PTIAMIDE SOCULB.
Familles prapriétmiret.
Grands finopriéUbet «46^000
Moyens propriétaires 150,000
Très- petits propriétaires . 830,000
Familles prolétaires»
Ayant le logement assuré (i) 5,600,000
Ayant à gagner mémo leur logement par le salaire. 800,000
Indigents 800,000
Mendiants 800,000
6,000.000 A cinrf individus par famille : prolétaires. . . . 30,000,000
— Croire qu'un pareil état de choses puisse persister et même empirer, en présence de l'incompressibilité de Texamen, est une foi : digne des Petites-Maisons.
Plus loin, M. Blanqui, cite un passage de Vauban, qui demande : Vabolition des impoU indirects . Ce grand homme avait compris : que, ces impôts sont incompatibles avec la liberté du travail. Mais, ici Yauban était aussi un utopiste. L'abolition des impôts indirects
(1) NousTavons déjà dit et nous le répétons : là-dessus trois cent cinquante miUe maisons n^ont qu'une ouverture , c'est-à->dire pas de fenêtres ; et près de deux millions n*ont qu'une fenêtre. (Rapport du ministre des finances en 1830.)
i2 SaSRCB SOCIALB.
ne peut se réaliser : que, sous le régime de liberi absolue, seule liberté réelle.
M. Blanqui attribue les malheurs du peuple ai dépenses de Louis XlV, qui gaspillait ce que produ sait le développement de Tindustrie. M. Blanqui oi blie : qu'il dit en plusieurs endroits : que le malhei des prolétaires augmente en raison de la richesse d( nations. Si donc, Louis XIV n'eût pas dépensé : h capitalistes eussent seulement été plus riches; et, h travailleurs plus pauvres.
Hais, laissons de côté la cause ; et , prenons l'ave de M. Blanqui.
— « La France, dit-il, était devenue un îminense atelier , d*où no Tojons déjà poindre les questions de pampériswne, malgré le peu de dév loppement des machines et les obstacles opposés à l'encombrement Tindustrie par le système dei: corporations. »
— Ainsi, M. Blanqui avoue : que, les machines i sont point la cause du paupérisme. Cela est vrai ; c'e la domination du capital. Mais, sous cette domination^ l machines y contribuent immensément : car, elles i sont que le développement de cette puissance. Le pa périsme est l'ensemble des pauvres libres, libres ( mourir de faim. Sous la domination du sol, le paup risme ne peut exister; et, quand il y apparaît; c'es que déjà le capital a pris l'empire : sur la religi( dominante.
M. Blanqui termine ce chapitre, par l'admiration d passage suivant de Boisguilbert; qui, dit-il en le ci tan est remarquable.
— « Bien que la magnificence et l'abondance soient extrêmes en France, comme ce n'est qu'en quelques particuliers, et que la plus grande partie est dans la dernière indigence, cela ne peut compenser la perte que fait l'État pour le plus grand nombre. »
— Et, M. Blanqui convient : qu'alors, le paupérisme ne faisait que poindre. Le système bourgeois, qui a porté le mal à un point où il n'était jamais arrivé, est donc essentiellement mauvais.
A propos du système mercantile ou prohibitif, M. Blanqùi nous dit :
— « Tous les fabricants intéressés à rélévation du prix des marchandises détinrent, dès ce moment, ses auxiliaires, et prirent avec ardeur la défense d'un système qui leur assurait d'immenses bénéfices. En même temps le fisc avait sa part des droits auxquels étaient assujettis les articles importés ; et cette alliance contribua encore à fortifier le préjugé public. Personne n'aurait osé désavouer un expédient assez heureux pour enrichir tout à la fois les propriétaires et l'Èlat. »
— Et plus loin il ajoute :
— « La contagion avait gagné tous les peuples, et les guerres de douanes n'ofni cessé d* affliger le monde depuis cette époque. »
— Comment M. Blanqui, et tous les faux théoriciens de son parti, qui veulent appliquer, à une époque relative, ce qui ne peut être appliqué qu'à l'époque absolue, ne s'aperçoivent-ils pas : que, du moment que tous les gouvernements du monde sont unanimes, pour s'entêter sur une mesure repoussée par une théorie ; c'est, que cette théorie est fausse, utopique, inapplicable dans l'état des choses. Les douanes ne peu-
14 SCIENCE SOCTALE.
vent être abolies : que , par l'anéantissement des nationalîtés.
Toutes les prédications pour l'abolition des douanes, la liberté du commerce, etc., sont du pur bavardage ; qui , cependant, pourra conduire aux chaires et aux académies. En attendant, les douanes s'abolissent, de fait, par la contrebande ; et, malgré tous les obstacles que LES gouvernements lui opposent ; et, avec raison, tant qu'il y a des gouvernements ; le monde va bientôt devenir : un seul et même champ de paupérisme; où, le riche , à chaque instant, se verra à la veille d'êti^e égorgé : par cela seul qu'il est riche.
Voici, maintenant, un aveu bien remarquable, dans la bouche de M. Blanqui. Écoutons-le, d'abord; en suite, nous en tirerons les conclusions.
— (( Une autre conséquence fâcheuse du système mercantile ou res- Irictir^ ce fut, dit M. Blnnqui, Tasservissement des travailleubs aux capitalistes, ET l'accroissement DE LA MISÈBE INDIVIDUELLE EN PRÉSENCE
DE LA RICHESSE GÉNÉRALE. Ce terrible contraste n*a cessé d*effrayer depuis lors les sociétés modernes. »
— Ainsi, quelle qu'en soit la cayse, le fait est : que, le travail est asse^^i au capital ; et, que la misère individuelle s'accroît : en raison de l'augmentation de la richesse générale ( 1 ) .
(1) H y a trois règnes possibles, et seuls possibles : celui d'une b^rpo^ thèse fondamentale, socialement tenue pour vérité; c'est le règne du droit divin. Il devient sans valeur, en présence de l'eiamen. Celui de la vérité incontestablement démontrée, vis-à-vis de tous et de chacun ; c'est le règne rationnel ou scientifique. 11 est impossible, en présence de Tigiïorance primitive qui dure encore. Celui de Tabsence de toute vérité , so-
scifEHCB sacuiac t$
Mûatenant qneile ert la cause ?
Ce ne peut ètre^ de l'aveu de M. Blanqui : que, la dMUBOtioii: du capital sur le travail j #u, que (es douanes.
Eh bien : abolissez les douanes , sans anéantir les nationalités ; et, la nation qui opprimera le plus ses prolétaires ruinera les autres nations (1).
M. Blancpii nous apprend : que, M. Huskisson a prêché l'abolition générale des douanes. M. Blanqui n'a pas remarqué : que, M. Huskisson, en sa qualité d'aristocrate et de patriote anglais, avait parfaitement raison* L'Angleterre, par Texploitation de ses prolétaires, est devenue maîtresse du plus fort capital du monde, qui lui a donné 150 millions d'esclaves dans Tlnde; et, l'Angleterre augmente continuellement son capital, tout en augmentant la misère des peuples. Abolissez les douanes l et, le monde entier devient l'esclave de l'Angleterre ; jusqu'à ce qu'une [anarchie, universelle, vienne tout remettre dans le chaos.
— « Toutes les nations, continue M. Blanqui, sont obligées désormais de se replier sur elles-mêmes et de chercher un asile dans le commerce intérieur^ après avoir épuisé toutes les ruses des traités et subi toutes les représailles des tarifs. Qu a-t-on recueilli sur le champ de bataille pour tropbée de fktoire? Le paupérisme, les guerres de douanes, les crises
ciilemeiit tenue pour telle; c*eslMe règne de la farce brutale. Socs ck RÉGHB, la^rkiUne da forUdiM augmenter, proportionnellement à la misère des faibles. Ces messieurs donnent à 1& richesse des forlSy le nom de richeue générale. C*est la mise en pratique de la théorie d*Aristote f que l«i iiiUeSy kA eaelavet , ne saat que des choses.
(i) Voyez à cet égard notre Économie politique, source des révolutions eldtinfi9pfesprétendtie9 9ôciaH9(ef. «'j
commerciales et la cherlé de tout les produits que la Prorideuca afiil semés pour ainsi dire sur nos pas. Et cependant le système mercantile a snrrécn au concert de malédictions dont il a élé accablé par les éeûnotnistes du dix-buitième siècle ; il règne encore de nos jours dans les conseils des gouTcrnements, et il maintient, sous le masque d'un patriotisias intéressé, (ous les monopoles dont l'Europe souffre et se plaint. »
— Il est bien singulier : que, MM. les économistes; qui, de leur vie, n'ont étudié Tordre social; qui, ne se sont occupés que de la richesse, et encore très-imparfaitement ; veuillent savoir mieux gouverner, qae ceux qui sont à la tète des gouvernements ; et, qu'ils puissent croire : que, les gouvernants soient assez sots, pour ne pas vouloir comprendre : ce qui pou^ rait les soustraire aux dangers des révolutions ; qui, continuellement menacent : et leur fortune ; et leur vieil
M. Blanqui chante ensuite : les bienfaits de la contrebande ; et , l'utilité sociale des contrebandiers. 11 cite les vers de Béranger :
« Cbftteau, maison, cabane, Nous sont ouverts partout ; Si la loi nous condamne , Le peuple nous absout. »
— C'est, que l'empirisme dit au peuple : que, Tabolition des douanes est l'anéantissement du despotisme. Mais, ce peuple ne sait pas : que, l'abolition des douanes,, avant l'anéantissement des nationalités; n'est , que la généralisation de l'anarchie.
Et, nous aussi, nous louons les contrebandiers. Mais, c'est parce qu'ils amènent l'anarchie. L'anarchie
seule Y peut oirmr les jeux et les oreiOes, à MM. de l'Institut; et, à d'autres encore.
— « Les vices du système mercantile, dit M. Blanqni, ont été signalés tree le dernière érîdence par les écrtrainsde Fécole économiste, et réFutés SMS répliqua par Adaa Smith, par J.-B. Sny; et par les antears las pins renommés. Ce système ne se soutient plus aujourd'hui que par les difficnltés dont sa tongne existence a été forigiiie. Aucun bomme éclairé ne CTiil fisB em Buropt «m oMtf tilkes d» la bnlmna ém CMMMice. »
— Nous allons attaquer M. Blanquî : soft, sur son raisonnement; soit, sur sa bonne foi. Il assimile le système mercantile ou prohibitif, à la balance du commerce. Ces deux systèmes n'ont rien de commun. En fait de douanes, il ne s'agit : ni de balance^ ni d'accaparement de numéraire ; il s'agit : de ne pas laisser ruiner les tabricants; et^ par suite les traraillears. 11 n'y a plus, en Europe, que les sois ; et, ceux-ci ne sont point parmi les gouvernaols ; qui croient : à l'utopie de balanee commerciale. Si, les gouyernements soutiennent les douanes ; c'est, nouft le répétoDs, pour empèeber la mine des travailleurs ; et, non par amour pour les rêves des- économistes. Il est vrai : que, les gouvernants ne font que retarder l'explosion ; et, qu'elle n'en sera que plus terrible. Mais, cela ne prouve point : que, Messieurs les économistea soient de bons conseillers d'ÉUU
« n faudra bien, dit M. Blanqni, revenir au système de la liberté,
^ saié paul f^tmUér ré^vHkr» ealrt la froduclioA ai 1* coMoamttion. »
nu S
— Revenir ! Et quand , donc , a-tron eu le système de liberté?
Rétablir Véquilibre entre la production et la consom-mation! Cet équilibre, M. Blanqui, n'a jamais existé': que, par le despotisme le plus énergique. Sous l'empire de la liberté réelle, sous l'empire du raisonne-* ment réel dominant le monde, cet équilibre existe r par l'anéantissement des nationalités; cet équilibre existe : par la soumission du capital et du sol ; au tra— Tail, à l'intelligence. Du reste, vous verrez bientôt où vous conduira : la domination du capital.
M. Blanqui passe à l'invention du crédit.
— « Ce futy dit-il y une conquête nouvelle du génie de Thomme, et une force immense ajoutée à Coûtes celles dont il peut ût disposer. »
— Avant d'aller plus loin, arrêtons-nous un instant 8ur le mot crédit; et, surtout, ne nous en servons ici : qu'appliqué aux nations. Le crédit d'homme à homnde a toujours existé (1).
Dans sa véritable signification, le mot crédit signifie : croyance en la solvabilité de son débiteur. Le crédit est donc une foi; et, son invention une véritable révélation : c'est la foi, qui en fait tout le mérite. Il n'y a, ainsi, de crédit : que, là où il peut y avoir banqueroute. Si, le remboursement de la créance et de ses intérêts, étaient aussi certains ; que, le lever du soleil pour chaque jour ; il n'y aurait plus crédit; mais, raison^ calcul.
(1) Disons cependant : que, le divin Platon, Tinventeur du maximum et autres belles choses, avait voulu l'abolir.
Aussi , SOUS le règne rationnel , la monnaie de papier n'appartient plus au crédit ; c'est du calcul': et, pour le gouvernement qui la donne ; et, pour le particulier qui la reçoit. Alors, le papier est préférable à Vor.
Le crédit n'est, ainsi, qu'une arme à l'usage des fripons, pour faire des dupes ; c'est, le pendant de l'éloquence , qui toujours se moque de la vérité ; c'est, le pendant de toutes les inventions sociales, pendant l'époque d'ignorance; quoique plusieurs d'entre elles soient : non-seulement utiles ; mais, nécessaires, pour maintenir Tordre au moyen du despotisme .
— • Chex les anciens, continue M. Blanqui, la production n'avait de ressources que dans le Iravail des esclaTes et dans les capitaux des usu* riers ; chez les modernes, elle eut pour appui la liberté de TouTrier et les fiscilités du crédit. »
— Et , les usuriers donnaient-ils leur argent , sant faire crédit?
Nous avons déjà fait remarquer : que, tant qu'il y a des esclaves domestiques , il n'y a pas besoin de crédit national. Celui-ci n'est utile : que, pour remplacer les produits de l'esclavage domestique, en centralisant les produits de l'esclavage politique. Mais laissons cela, nous en parlerons ailleurs.
Le grand défaut de M. Blanqui, et nous ne pouvons trop le répéter : est, de confondre, par une espèce de manie que lui-même contredit à chaque instant, la liberté du travail avec la liberté des bourgeois, c'est-àdire, avec la domination du capital. En effet : M. Blanqui répète à satiété : que, l'ouvrier est plus malheu-
SO iCIEKGE tOCIALS.
reux qu'il n'était ; tous les économistes laissent échs^ per le même aveu ; la phrase de M. Blanqui^ raUoor sellement traduite, a donc la valeur suivante :
— « Gli«i les anciens, k prodnclMn n*af ait de resiovrces z que, dans le tnnrml des esclaves dorafstiqdes ; et, dans les capitaux des usuriers qui faisaient crédit. La production se partageait entre les maîtres el les usuriers. Chez les modernes, la preduetum n*a de ressources : que, dam le travail des esclaves politiques^ c'esl-à-dire des prolétaires; et, dans tes capitaux des usuriers qui font crédit. La production se partage entre les naitres et les u^nriers. Mab, comme k producffon est dix fois pks considérable, les maître» sont dix fois plus riches, et les esclaYet dix fois plus malheureux. »
— C'est-à-dire : qu'il n'y a rien de changé pour les maîtres : qu'un accroissement de rickesses ; et, pour les esclaves : que, la Ifberté d'aller se noyer.
M. Blanqui s'évertue ensuite : à nous étaler les avantages des banques. Pour la production des richesses , qui en doute ? En est-il de même pour le bonheur (lu peuple ? Non ^ si, comme le dit avec raâson M. Blanqui, le malheur du peuple crott en raison de la richesse sociale. Certes, sous Ta domination de Tinteliigence^ sous la domination du travail, les banques sont utiles au peuple, c'est-à-dire à tous : parce qu'alors, les richesses sont justement, rationnellement réparties. Sous la domination du capital, au contraire : les banques font le malhem* du peuple ; et^ par suite d'anarchie, le malheur de tous : parce que la production des richesses fait alors et définitivement : le malheur de tous. Maintenant, distinguons encore. Une banque de dépôt^ n'appartient pas au crédit : quand
sennes bocials. 91
on est sûr de la fidélité et de la puissance de celui qui garde le dépôt. Il n'en est pas de même , pour les banques de circulation.
«- € Oa avait fait ma ^ii4 pas, dit M. B(aaq«i, ta pariant dei banques de dépôt ; il fallait en faire un plus grand encore, et les banques de dépôt devinrent des banques de circulation. Puisque les certificats des premières étaînit acceptés comme monnaies^ en raison de la confiance qu'on avait dans la garantie des dépôts, pourquoi u'aurait-on pas poussé celte coDÛ^nce «a peu fUut loin, en augmentant le nombre des billets jusqu'à concurrence d'une somme plus forte que le montant du dépôt? ji
— Le pourquoi est délicieux. C'est^ tout uniment : pour ne point courir le risque de banqueroute. C'est, au moyen de pareils arguments, qu'on finit par prouver : que, trois ne font qu'un (1).
En parlant des emprunts ou des dettes de VÉtat, M. Bianqui s'écrie :
— «On a bientôt compris rimportance d'une telle solidarité et la confiance publique s*altacbe à la fjrtune de TElat comme à la meilleure ancre de salut. i>
— D'abord , il eût fallu dire : la confiance des hour^ geois; et non la confiance publique.
Ensuite, pourquoi les bourçeois ont-ils confiance dans la dette de l'État, malgré une série continuelle de banqueroutes ?
Pourquoi? C'est, que le budget, payé par les prolétaires , mangé par les bourgeois , et augmenté par
(I) M. Bianqui connaît ce proverbe de pot-au-feu : quand il y en a pour deax, il y en a pour trois. Au moyen de ce préverbe continué; le miracle des cinq pains n*est plus qu*un argument d'éooBemîste.
^ SCIENCE SOCULE.
l'emprunt , est le seul mode public d'exploiter les esclaves politiques ; et, qu'il faut un mode d'exploita* tion publique, depuis que raccroissement des populations et des communications, a forcé : d^ émanciper^ dit-on, les esclaves domestiques : en rendant ceux-ci^ plus malheureux qu'ils n'étaient.
M. Blanqui cite ensuite l'adage de Ricardo :
— a La monnaie est arrivée au maiimum de perfection^ quand elle est à l*élat de papier. »
— Cela est vrai ; incontestablement vrai. Mais, Ricardo n'a pas distingué l'époque absolue de l'époque relative. Cela est vrai pour l'époque absolue ; cela est faux, incontestablement faux, pour l'époque relative.
«- « Bicnlôt, dit M. Blanqui, les banques de circulation^ et surtout la banque d^Angleterre, donnèrent une inipulsion plus active à toutes les industries, et le travail entra dans une ère nouvelle, »
— Est-il donc possible que ce soit de bonne foi : que, M. Blanqui confonde sans cesse le .travail et le capital; après avoir dit lui-même : que, le travail se trouvait asservi par les capitalistes? Oui, nous croyons M. Blanqui de bonne foi. Mais, qu'il réfléchisse ; et il verra : qu'il faut, de notre part, un bien grand acte de confiance : poiir porter un pareil jugement.
Arrivons à l'école de Quesnay, à l'école économiste.
— « Quelle lumière, dit M. Blanqui, ont versée sur celle grande question les hypothèses bardies (1) de l'école ^onomt^fe / Quelles immenses
(1) M. Blanqui a aussi nommé une hardiesse : la proposition de Platon sur la promiscuité des sexes.
SGIglICB 80GIALB. 23
coBséquencei noas tTOiis tirées de celte proposition si simple que la richesse des nations ne consiste pas dans les richesses non consommables , telles que For et Targent; mais dans les biens consommables reproduits par le iniTail incessant des sociétés? »
— Quel gaUmatias !
Et, en note, M. Blanqui ajoute :
— « Cetle proposition est nettement exprimée dans le passage suivant de Mercier de la Rivière :
« Qu'on me permette de répéter ici que Tangent ne pleut point dans nos mains, ne croit point dans nos champs en nature. Pour avoir de Targent, il faut Tacheter, et après cet achat on n'est pas plus riche qu^on Tétait auparavant ; on n*a fait que recevoir en argent une valeur égale à celle qu*oo a donnée en marchandise. »
— La glose ne vaut pas mieux que le texte .
Et, c'est M. Blanqui qui vient nous assurer : que, l'or et l'argent ne sont point des richesses, des marchandises, qu'ils ne sont point des biens consommables?... Et, que signifie cette note de Mercier de la Rivière, énonçant : que, l'argent ne pleut point dans nos mains ; et, ne croît point dans nos champs en nature? Mais, le blé n'y croît pas davantage, il faut l'y semer; et, l'on n'a du blé de la terre : que, comme on a de l'aident de la mine, par le travail. La richesse dite des nations, qui n'est que la richesse des forts , pendant toute l'époque de force, consiste : dans le sol, dans le capital, résultat du travail sur le sol ou sur ce qui en provient; et, cette richesse, se conserve, s'accroît, ou se diminue : en raison du travail, pour la société ; en raison de l'organisation sociale , pour les individus. M. Blanqui l'a dit lui-même : un pays peut
M SCIJUICB 60CULI«
être trà3-ri«liey et le plne grand noeibre de ses hthih
tants très-mallieureux. Dans le système social actuel, c'est même la règle ; la majorité des hahitaiits est malheureuse : en raison directe de l'augmentation de la richesse dite nationale.
M. Blanqui rend grâce à l'école économiste du Làis- SEz FAIRE, LAISSEZ PASSER. Nous traitcrous ce principe quand nous parlerons de la concurrence tant fausse que réelle (1). Disons en attendant :
Qae laissez faire ^ laissez passer y signifie exehisiTement laissez faire^ laissez passer : tout ce qui est permis par Torganisation sociale. Faut-tl laisser assassiner, tuer, voler? Faut-il laisser passer une armée qui vient nous envahir ; faut-il laisser passer de la poudre, des balles et des arn»es qui vont à l'eoiieim ? Tout œLa est logomachie*
M. Blanqui die, ensuite, les paroles suivantes de Mercier de la Rivière. Elles sont remarquables ; et, aussi ce que M. Blanqui y ajoute.
— « AloHérc I votre «oUiousiasmc, t'écriait Mercier de la Etwîère, €ve»gles admirateurs des faux produits de Tindustrie! Âfant de crier miracle, ouvrez les yeux et Toyez combien sont pauvres, du moins malaisés, ees mêmes ouvriers qui ont l'art de changer 20 sous en une valeur de mille écus : au profit de qui se fait donc cetle multiplication de valeur? Quoi! ceux par les mains desquels elle s'opère ne connaissent pas Taisaace! Ah! déftez-vons de4)e«ontrasle] »
— Puis M. Ëlanqui ajoute :
— « Mercier n*attribuait sans doute les misârks de l^industrib qu'à <!) Toyer notre Écwtonâc pf/miqttej source des révolutions^ eic.
ftCIfiMCC 60CIALB. 2S
la détretie de rKgricalture et 1 riamiffisuice du firodÊiii net^ nudf fMÎ- ^^1 se trompât sur les canset (1), il sign^ilait très-bien les effets, et le coalrasfe ^UmbI 3 reoMimasdait de «e défier rmfenÊmit ie fnidèm Qoi
ACTOBU.K m'jWT «AB XlCÛftS PAiyXHDK A BKflOUMLK. »
— Ainsi^ M. Blanqui en convient : les effets, la misère des ouvriers^ est parfaitement signalée ; et le problème n'est pas résolu. Eh bien ! M. Blanqui a deux fois plus d'esprit qu'il n'en faut pour le résoudre. Qu'il se corrige de ^iire : les misèc^es de l'industrie ; l'industrie e^ composée : de capital et de travail ; qu'il dise alûTB : le iriomplie du capital ; et la misère des trairaiileurs. Quand il sera sur cette route, le problème ne lui paraîtra plus aussi difûcile ; et il arrivera au but, beaucoup plus tôt qu'il ne pense.
Mais, qu'il est difficile de maintenir M. Blanqui sur la bonne voie. Uécole éctyiwmisie, l'y a j)lacé, lui-même ledit; et, il l'abandonne, cette route, pour se jeter: dans le dédale anarchique du bourgeoisisme.
— • « Les "éeenemlsles, dil-rl, oonsiéérarent comme «i^)Hraîre et îrjusie tout in pot personnel, et ils enveloppaient dans une r£|»robalioii commune toutes les taxes indirectes, Qu^auraient-ils dit, s^ils avaient vu de Bos jours ces taxes produire en Angleterre plus d'un snilKard et en France plus de 500 millions? »
— €e qu'ils auraient <lit ? <}ae c'était là que se trouvait la cause de la misère du peuple ; et, s'ils avaient eul'empirisme de la vérité, ils auraient ajouté : qu'aussi longtemps qu'il y aura l'ombre d'un impôt personnel, l'ombre d'une taxe indirecte, le peuple sera esclave et
(1) Et Monsieur Blanqui aussi.
malheureux. Du reste M. Blanqui se trompe encore ici. Ce n'est pas 500 millions qui sont prélevés en France, indirectement, sur le travailleur; c'est 1,500 millions ; c'est, tout le budget et tout ce qui n'est pas au budget. Car, même la contribution foncière est encore prélevée, indirectement, sur le travailleur (1).
— « Celte erreur fondamentale^ continue M. Blanqui, qui devint plus tard la base des doctrines Onancières de rassemblée constituante, malgré les efforts de Rœderer et de quelques-uns de ses collègues , était le résultat d'une fausse appréciation des principes de la richesse. La théorie de la i^ur^ créée depuis par Adam Smith, aurait appris aux économistes que le travail est, aussi bien que la terre, une source de richesse. 9
— Rien n'est présompteux comme l'ignorance. M. Blanqui vient de se reconnjiître ignorant, en disant : que, le problème n'est pas résolu ; il a dit ailleurs : qu'il était incapable de le résoudre. Et, voilà qu'il décide en maître, sur le problème, en affirmant : que le travail doit être imposé. Nous avons prouvé, dans notre théorie générale de l'impôt : que, le travail paye tout ; ou, que la richesse paye tout. Et , que quand l'un paye la moindre parcelle ; l'autre ne paye absolument rien.
— « Ce qui est certain , dit M. Blanqui , c'est que Técole économiste n*a*pas moins contribué que Técole philosophique à la réforme de Tordre social européen. »
— La réforme I Et où donc se trouve-t-elle ? M. Blan-
(1) Voyez notre théorie générale de l'impôt : Qu^cst-ce que la science sociale? t. IL
[îonvient : que, les majorités, les masses sont plus
beureuses qu'elles ne l'étaient^ Est-ce que , pour
la réforme sociale consiste : dans l'amélioration du
des capitalistes? Ce serait faire injure à M. Blanqui
de lui attribuer de pareils sentiments.
L cbaque instant M. Blanqui affirme : que, le tra-
a été rendu libre par la suppression des corpoons ; et, en parlant de l'édit de Turgot, qui les avait primées, il ajoute :
- « Qui lui eût dit qu'après un demi-siècle la concurrence des traenrs engendrerait la baisse des salaires , le paupérisme et toutes les res qui ternissent réclat de notre civilisation? »
—L'abolition, des corporations, n'a donc point consé : la liberté des travailleurs. Quant, à ce cri de haro, itre la concurrence ; rien, ne serait aussi risible : si, ujet n'était aussi sérieux. Pas un de ces Messieurs s'est avisé de se demander : si, la libre concurrence stait. Cesontles paysans du moyen âge criant contre oup-garou. Certes, il y a concurrence, entre les pau- 8, pour avoir du travail ; mais, elle n'est pas libre, î est forcée. Y a-t-il concurrence, chez les maîtres, u*'en offrir? Y a-t-il libre concurrence entre tous; 3t-à-dire : tous ont-ils les mêmes moyens de travailler, ant au moins que la société peut en organiser Téité? Et, jusque là, peut-il y avoir libre concurrence? ant vaudrait mettre des entraves à un cheval, le e lutter pour la course .avec un autre, dont les mbres seraient libres ; et dire : qu'entre eux il y a •e concurrence.
M. Blanqui passe à Adam Smith. L^auteur de la Rieh^se des nations mérite les éloges qu'il lui domie , pour autant qu'ils ne concernent que l'analyse de h production. Il n'en est pas de même : pour la répartition des richesses et Timpôt. Adam Smith impose le travail. C'est, nous le répétons, frapper la richesse dans sa source et l'homme dans sa libellé. Quant à la terre, Adam Smith ne s'est jamais aperçu : que, la liberté du travailleur se trouve attachée à la liberté du sol. Mais, il ne faut pas lui en faire un reproche. L'entrée du sol, à la propriété collective, ne sera jamais proclamée*; que, dans le sang versé par l'anarchie, pour punir la société de son entêtement. Elle ne veut pas reconnaître une vérité : dont l'application est devenue nécessaire. Laissez passer aussi : laissez passer la justice de Dieu.
— - a Cliacuu , dit M. Blanqpil , expliquant et approuvant 1rs doctrines de récononnste anglais ^ oiiteuait la liberté de soa indostrie ca échange de sa coopération nux diarges publiques, et il n'y avait plus de professions stériles, puisque tout le monde était capable de donner aux choses une valevr échangeable par le travail. »
— Quels sont les plus ignorants : de ceux qui sont capables d'établir de pareils arguments, de bonne foi; ou, de ceux qui les acceptent? H nous est impossible de résoudre cette question. Contentons-nous de montrer : que, les arguments sont absurdes.
Pour donner une valeur aux choses, il faut avoir des choses ; et d'abord, toutes les choses proviennent du sol, qui est aliéné. Ensuite, pour travailler sur les choses d'un autre, il faut : que, ceux qui ont des choses,
YeuiUeDt bien VOUS faire travailler ; et^ si l'organisation sociale oblige la majorité des masses, à travailler pour la moitié de ce qui est nécessaire pour vivre ; il faut : ^e, cette majorité finisse par mourir de faim ; car, la minorité, possédantes choses, ne payera jamais le travail un y quand, elle peut Tavoir pour demi. Ce serait d'ailleurs folie ; car, elle se ruinerait ; et, ne ferait que déplacer la minorité. Enfin : prélever Timpôt sur la nourriture, avant que Touvrier ne Tait gagnée ; et, qui plus est, sans qu'il puisse la gagner; c'est, l'assassiner. Or, dans Tordre social actuel , vouloir forcer le capitaliste, à donner de louvrage aux ouvriers -, c'est, conduire aux révolutions. Il est vrai : quof ne pas leur en donner ; c'est, y conduire également.
En oi^anisation sociale. Messieurs les éc<Miomistes ! il faut que le bien se fasse : non par force, et arbîlrailement i mais, par justice : volontairement de la part des individus ; nécessairement par les institutions.
, Après avoir dit : que, tout le monde était capable de travailler ; sans s'inquiéter : ni sur ^oi ; ni pou* qui ; M. Blanqui ajoute :
— « Quel encoaragement poar les homoMS disgraciés de la fortunt et pour tons ceux qui n'attendent pas la faveur de rBéritage ! »
— En vérité ! quand on se rappelle : que, M. Blanqui a dit lui-même : qu'il y a en France des millions d'hommes : qui ne mangent pas de pain, et qui ne boivent que de l'eau ; on ne sait que dire de pa;reilles propositions. M. Blanqui est cependant incapable : de se railler de la misère des pauvres 1 1
— - « Adam Smith, dit M. Blanqui, accorda une prépondérance trop exclusive an travail. )»
— Une prépondérance trop exclusive au travail 1 Et, il assassine les travailleurs par l'impôt I Eh grand Dieu! où est donc la logique; et, M. Blanqui n'est-il entré à l'Institut ; que, comme dans une salle d'armes : pour y faire assaut de sophismes ?
Nous allons citer, avec plaisir, un passage que nos lecteurs approuveront.
^- «En réservant exclusivement, dit M. Blanqui^ le nom de richesse aux valeurs fixées dans des substances matérielles , il raya dn livre de la production cette magse illimitée de valeurs immatérielles^ filles du capital moral des nations civilisées. »
— Très- bien! M. Blanqui : sauf, le galimatias de valeurs immatérielles et de capital moral.
Mais, la répartition de ces richesses, en supposant que vous ayez voulu parler des connaissances, appartient aussi^à la liberté, à la justice. En dehors de leur égale répartition, pour autant qu'il dépend de la société, il n'y a, pour le travailleur : qu'esclavage éternel, qu'assujettissement aux monopoles des développements de l'intelligence. Adam Smith y a-t-il pensé? M. Blanqui y a-t-il pensé ? L'Académie des sciences morales et politiques ya-t-elle pensé?
Après, avoir donné les éloges les plus exagérés à Adam Smith ; après, avoir conseillé plusieurs lectures de cet auteur ; comme, si un véritable traité d'économie politique ne devait pas être clair, comme un traité d*arithmétique ; M. Blanqui ajoute :
SCIENCE 80CULB. 31
— « C'est alors qu*on se hasarde à contester (1) quelques-unes des propositions qu'Adam Smilh a émises sous la forme la plus dogmatique ; telle est celle en vertu de laquelle Tintérèt privé libre d'entraves lui semblerait devoir déterminer l'emploi des capitaus le plus favorable à la communauté, puisqu'il était profitable aux entrepreneurs. »
— Avant d'aller plus loin, observons : que, cette doctrine est le résumé de toutes les théories d'Adam Smith ; et, qu'il ne pouvait conclure autrement. Nous ajouterons même : que, la conclusion est rationnelle sous un ordre rationnel. Voyons, maintenant, ce que va dire M. Blanqui de cette doctrine.
— « Cette doctrine, dit-il, qui a prévalu en Angleteihre et qui a donné à rinduslrie une impulsion extraordinaire, commence néanmoins à porter des fruits amers ; elle a créé des richesses immenses à côté d'une effroyable pauvreté. »
— Est-ce la faute de ce qu'a dit Adam Smith sur la production? Nullement. C'est la répartition, l'organisation de la propriété qu'il faut accuser. C'est, aussi, la répartition : de l'impôt, et des connaissances.
M. Blanqui, dit : que cette doctrine a causé ces mAix en Angleterre. Mais, il aurait pu dire aussi à la France : dans les limites de son capital ; et, de sa possibilité de martyriser le travailleur
Puis , M. Blanqui ajoute :
— « Cette doctrine a créé des richesses immenses à c6té d*une affreuse pauvreté. Elle a enrichi la nation (c'est les capitalistes qu'il fallait dire ) en traitant souvent bien cruellement une partie de ses citoyens. (M. Blan-
(1) Aussi longtemps, qu'une proposition d'économie sociale est contestable ; elle est une sevrée inévitable d'anarchie.
— - « Adam Smith, dit M. Blanqui, accorda une prépondérance trop excluaive an travail. »
— Une prépondérance trop exclusive au travail 1 Et, il assassine les travailleurs par l'impôt ! Eh grand Dieu ! où est donc la logique ; et, M. Blanqui n'est-il entré à l'Institut ; que, comme dans une salle d'armes : pour y faire assaut de sophismes ?
Nous allons citer, avec plaisir, un passage que nos lecteurs approuveront.
— «En réservant exclusivement, dit M. Blanqui^ le nom de richesse aux valeurs fixées dans des substances malérielles , il raya du livre de la production cette mwe illimitée de valeurs immatérielles^ filles du capital moral des nations civilisées. »
— Très- bien! M. Blanqui : sauf, le galimatias de valeurs immatérielles et de capital moral.
Mais, la répartition de ces richesses, en supposant que vous ayez voulu parler des connaissances, appartient aussi^à la liberté, à la justice. En dehors de leur égale répartition, pour autant qu'il dépend de la société, il n'y a, pour le travailleur : qu'esclavage éternel, qu'assujettissement aux monopoles des développements de l'intelligence. Adam Smith y a-t-il pensé? M. Blanqui y a-t-il pensé ? L'Académie des sciences morales et politiques ya-t-elle pensé?
Après, avoir donné les éloges les plus exagérés à Adam Smith ; après, avoir conseillé plusieurs lectures de cet auteur ; comme, si un véritable traité d'économie politique ne devait pas être clair, comme un traité d'arithmétique ; M. Blanqui ajoute :
— « C'est alors qu*on se hasarde à contester (1) quelques-unes des propositions qu'Adam Smilh a émises sous la forme la plus dogmatique ; telle est celle en vertu de laquelle Tintérèt privé libre d'entruYes lui lemblerait devoir déterminer l'emploi des capitaus le plus favorable à la communauté, puisqu'il était profitable aux entrepreneurs. »
— Avant d'aller plus loin, observons : que, cette doctrine est le résumé de toutes les théories d'Adam Smith; et, qu'il ne pouvait conclure autrement. Nous ajouterons même : que, la conclusion est rationnelle sous un ordre rationnel. Voyons, maintenant, ce que va dire M. Blanqui de cette doctrine.
— « Cette doctrine, dit-il, qui a prévalu en Angleterre et qui a donné à l'industrie une impulsion extraordinaire, commence néanmoins à porter des fruits amers ; elle a créé des richesses immenses à cdté d'une effroyable pauvreté. »
— Est-ce la faute de ce qu'a dit Adam Smith sur la production? Nullement. C'est la répartition, l'organisation de la propriété qu'il faut accuser. C'est, aussi, la répartition : de l'impôt, et des connaissances.
M. Blanqm*, dit : que cette doctrine a causé ces miùx en Angleterre. Mais, il aurait pu dire aussi à la France : dans les limites de son capital ; et, de sa possibilité de martyriser le travailleur
Puis , M. Blanqui ajoute :
— « Cette doctrine a créé des richesses immenses à c6té d*une affreuse pauvreté. Elle a enrichi la nation (c'est les capitalistes qu'il fallait dire ) en traitant souvent bien cruellement une partie de ses citoyens. (M. Blan-
(1) Aussi longtemps, qu'une proposition d'économie sociale est con-' testable ; elle est une sevrée inévitable d'anarchie.
32 S€IEIfCE SOaALE.
qui • Hit qn'i! y en a des inilfniiis en France qui ne mtngenf fu de ptio et ne boivent que de Fean]. Est-ce Ift le bat social de raecroiasaBeal des richessef , on pintdt n'est-ce pas vne c^Yiation malbeorense de la ffie socmie? Fent-on Yérihrblement appeler richesse cette exagération de pnfiCs prélevés, selon II. de Sismondf , svr la part dier pnnsres, et, leiiB
nous, PAl LE CAPITAL SU! LS TEAYAIL? 9
— Est-ce clair ? Y a-t-il^ selon l'auteur, domination du capital sur le travail ^ ou, des possesseora du ci^tal sur les travailleurs ? Pourquoi donc, et à duque instant, M. Blanqui nous crie-lriL : que, le travail est affranchi ?
— « Ainsi, coatiane II» Blanqnî, naquit la eoncnnance «liimrseUe de la libeHé iUiantée de i'iMkstrie (t); et de cette coMnmnce t*esi déwraé swr le naade n» torrent de ridasses qnifisriiliae Wndes prevîncas, mais qui a laissé dans plus d'une contrée des traces funestes de son paisage, semblable à un char brillant et mystérieux, dont les voyageurs qu*il emporte ne peuvent t^Ius même voir et plaindre les passants quil icnan. La qnesfion en est venne an point q»*on se demande s*il faut a'af^lattdir ou s^kiquiéler des progrès d'une richesse qut traiae à sa. suite tant de maux, et qui multiplie les hôpitaux et les prisons autant que les paliiis. »
— M. Blanqui est poëte. Peut-être, vaudrait-il mieux : avoir un peu moins de poésie; et, un peu 'plus de logique. 11 parle, à chaque instant : de concurrence universelle. Elle n'a jamais eiisié; et, il le sait : car, un peu plus loin, il affirme : que, les travailleurs ont encore les fers aux pieds. Est-ce là le moyen de courir; et de concoorir à chances ^ales : avec des adversaires moulés sur des pur-sang?
(1) Pour parler clair, cela aîgnifie : qu'il y a concurrence lUfre entre les possesseurs des capitaux ^ ce qui permet au plus gros, d^avaler le plus petit.
sancB SOCIALE. 33
-» ■ Voîliy cOBlnae ||» BiaoqBi, le grand pablcoM dm dit-Bemèaie nèele. • • • Nmh fonoirf obligés aojoiirdliBi de cbercLer ma régvbtear tl àm BMlIre ■■ fréta à ces iastraaieiiU gîga]ile5ipKs de la prodactiofl («afWinca à tapear et à filer ) qui nourrissent et affament ki WnuKt , qni les Tètiaaent et les deponilloU, qui les soulagent et qui les broient. Il ne s*agit pins exclusiTement, comme in temps de Sunib, d'accélérer U production ; il la Cint désormais gonremer et coulenir dans et sages lirailus.1l nest plus question de richesse reUtiTC. L'kuwÊamité cammamdt fuVu» eusse de Mocri/ler aux progris de Topalffute pmiMqme Eu muMcf 4rkBfmmtM qm m'en pro/Uemi point, Aixsi le tivust lis lou m la ne-
nCB ST DB LA. HOllLB TlOP LOSCmrS UÉMPSUSS DAXS LA BSPABTtTKMI
■US noms et ms peikis. a
— Estril possible de porter une condamna lion plus .absolue contre le système boui^eois ? Eh bien ! M. Haoqni est le plus ferme appui : de l'organisaion sociale existante : de Toi^anisation bourgeoise. ',. Blanqui craint de ne pas en avoir dit assez.
— « Nous ne eonsenlirons plof, conlinoe-t-il, & donner le nom de ri-
* kesM qu*i la sonmie du produit oational équitablememi distribué entra
ons les producteurs. Telle est réconomie politique fraoçaire , à laquelle
nous faisons proflbsion d^apparlenir, ri celle-là fera le tour du monde. •
— îVoilà, de très-beaux sentiments; et, nous y applaudissons. Mais, nous attaquerons encore BI. Blanqui sur leur expression. Nos lecteurs seront juges : entre M. Blanqui et nous.
— tt Nous ne conientiroDS, dil-il, à donner le nom de richesse qu*à la du produit national équitableroent distribué, etc. »
— La somme du produit signifie sans doute : du produit de la richesse. Et, comment M. Blanqui veut-il : que, le produit de la richesse soit équitablement rém. 3
parti ; si, préalablement, la richesse n'est elle->mème équitablement distribuée ? Ici, il y a mauvaise foi ou mauvaise expression; c'est à choisir. Et, quand on réfléchit : que, M. Blanqui ne veut rien changer à IV ganisation actuelle de la propriété ; les apparences sont contre lui.
— «Telle est réconomie fN>tilique française^ dit M. Blanqui^ilir quelle nous faisons profession d'appartenir, etc. » ■ ^^
— Cette phrase , traduite en langage clair , sf-
gniûe :
— «Tout actaellement est très-mal^ horriblement mal. Nous ne savons pas le premier mot de ce qui est bien. Mais, ce qui est bien , quel qu'il soit, nous rappelons : [économie politique française; parce que, ce qui est bien est^à nous ; et, pas aux autres. »
— Nous en appelons , encore une foi|^ à nos lecteurs ; cette traduction n'est-elle pas incontestablement vraie ; et, peut-on trouver déplus singulièr^j)ropositions, dans la bouche d'un professeur d'économie politique, membre de l'Académie des sciences morales et poh tiques?
M. Blanqui veut : que, le produit de la richesse, soit équitablement distribué. Cela ne peut avoir lieu : que, par les institutions ; ou, que, par un pouvoir. Les institutions ne peuvent répartir le produit équitablement; si, préalablement, la richesse n'est elle-même équitablement répartie. M. Blanqui ne veut point de ce préalable d'institution. M. Blanqui est donc saint-si^
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