LA SÉRIE CONTINUE DES, ÊTRES
Il est évident, d'après cette exposition de la prétendue science :
Que, la sensibilité est : le résultat de l'organisme ; le résultat des forces vitales, des forces malérielles; le résultat de la matière.
Et, comme l'àme, base exclusive de raisonnement, base ex-
clusive d'intelligence, ne peut être autre que la sensibilité; il s'ensuit : que, les âmes sont des résultats d'organisme, des résultantes de la matière.
Dès lors : plus de vie future; plus de responsabilité religieuse; plus de sanction religieuse possible; plus de droit ayant une sanction autre que la force.
Cette conséquenc est nécessaire, comme logique.
Mais, il en est une autre, à laquelle la prétendue science actuelle n'a pas fait attention ; ou, plutôt, à laquelle les prétendus savants n'ont point voulu faire attention.
C'est, que dans l'hypothèse du matérialisme, l'homme n'est qu'un automate, une machine ; et, que si même, un automate, une machine, pouvaient paraître raisonner; ce raisonnement ne serait qu'apparent, illusoire : puisque, pour raisonner réellement, il faut un raisonneur : non point seulement apparent ; mais, un raisonneur réel; et, qu'un raisonneur, pour être réel, pour choisir réellement, pour raisonner réellement, doit être IMMATÉRIEL : pour, ne pas être matière ou nécessité ; doit être ÉTERNEL : pour, ne pas être temporel ou dépendant de la matière; doit être absolu : pour, n'être point relatif ou esclave.
Si, M. de Lamartine a exposé, admirablement, la prétendue science matérialiste ; M. Proudhon n'a pas été moins admirable, dans l'exposition des conséquences de cette prétendue science.
— « Tous, ilil-il, tant que nous vivons, nous sommes, sans nous en apercevoir, et selon la mesure de nos facultés et la spécialité de notre industrie, des ressorts pensants, des roues pensantes, des pignons pensants , DES POIDS pensants, etc., d'une immense machine qui pense aussi et qui va toute SEULE. »
— Ainsi, sous la prétendue science actuelle ; et, vis-à-vis de la raison , supposée alors pouvoir exister ; pas de pensée réelle; pas de raisonnement réel; nous sommes des automates; nous sommes des fractions du grand automate I'uni- VERS : PAS DE LIBËUTÉ.
Les conséquences de cette doctrine : à supposer qu'elle puisse elle vraie; et, vis-à-vis de ceux qui, néanmoins, croient pouvoir raisonner réellement ; vis-à-vis de ceux qui , malgré cette
prétendue science, ne se croient pas des automates ; ainsi que, probablement, le cas se trouve être pour M. Proudhon; les conséquences de cette doctrine, dis-je, sont :
Plus de droit : que, celui de la force;
Plus de bien : que, d'être fort;
Plus de mal : que, d'être faible ;
De là : hypocrisie générale ; emploi de la ruse et de tous les crimes, au besoin ; pour arriver : à être le plus fort.
Ces conséquences, conduisent la société au despotisme le plus atroce : tant, que l'examen peut être comprimé ; et, à une anarcliie, devenant nécessairement le tombeau de l'humanité; du moment : que, l'examen ne peut plus être comprimé.
Cet état de despotisme existe en Chine, depuis un temps immémorial. Là, et presque depuis l'origine sociale ; les lettrés , les gouvernants, les savants, sont à hauteur de la prétendue science matérialiste. La possibilité de comprimer l'examen ; et, l'invention d'une langue, qui demande la vie de l'homme pour arriver à connaître la prétendue science ; mettent une barrière presque insurmontable : entre les minorités, les gouvernements, les savants, les maîtres; et, l'immense majorité, les gouvernés, les ignorants, les esclaves. Là, les masses sont plongées et maintenues dans l'anthropomorphisme le plus abject; là, elles meurent, comme des brutes, sans raisonner ; ou, plutôt, les maîtres ont employé la raison des esclaves , à chérir la mort : dès qu'elle leur est imposée par les lettrés.
L'état d'anarchie, inhérent à la prétendue science .iciuelie, dès qu'elle est vulgarisée par l'incompressibilité de l'examen, est facile à concevoir. A cet effet , il n'y a qu'à ouvrir les yeux pour s'apercevoir : que , si la vulgarisation de cette prétendue science n'est pas encore complète; nous marchons rapidement à ce but : où, se trouve le tombeau de l'humanité.
J'ai consacré plus d'un demi-siècle de ma vie : au renversement, à l'anéantissement de la prétendue science actuelle. J'ai eu le bonlieur de l'anéantir, d'une manière rationnellement incontestable : vis-à-vis de tous et de cli.icun.
Quel était, à cet égard, le but qu'il fallait atteindre?
il fallait prouver, d'une manière rationnellement incontestable :
088 SCIliNCIi SOCIALE.
Que, la série dite contiuue des êtres, n'est rien moins que scientifique ; n'est rien moins que rationnelle ;
Que, les sensibilités, les âmes ne sont point : des résultats d'organisme ; des résultats de matière ; et, que par conséquent : les sensibilités , les âmes , sont immatérielles ; que , par conséquent : les sensibilités, les âmes, sont éternelles, absolues ;
Que, la sensibilité ne s'étend pas au delà de l'homme, carnclérisé par la capacité du verbe ;
Que, le verbe se développe nécessairement : partout, où il
va : SENSIBILITÉ RÉELLE; MÉMOIRE CENTRALISÉE; et, SOCIÉTÉ NÉCESSAIRE ;
Que, chez les animaux, il y a toutes les conditions nécessaires au développement du verbe ; si , leur sensibilité apparente est vne sensibilité réelle ;
Que, néanmoins, le verbe, chez les animaux, ne se développe pas ;
Et, que par conséquent, leur sensibilité n'est (/m'apparente.
Le résultat logique, de cette démonstration, est le suivant :
Avec, le matérialisme; le raisonnement est illusoire ; ainsi, que le dit fort bien M. Proudhon ;
Avec , l'immatérialité des âmes; le raisonnement , n'est plus illusoire; mais, alors : la raison est réelle , éternelle; comme, les âmes sont immatérielles, éternelles et réelles;
Avec, le matérialisme; l'ordre matériel, l'ordre physique, existe seul : l'ordre intellectuel, l'ordre moral, étant alors : purement illusoire;
Avec, l'immatérialité des âmes; l'ordre physique, l'ordre de nécessité, n'existe plus seul. Alors, l'ordre intellectuel , l'ordre moral, l'ordre de liberté, existe : réellement;
Avec, le matérialisme; les vies, exclusivement physiques , sont temporelles par essence; et, par conséquent, exclusivement livrées : à la l'atalité.
Dans l'ordre physique, point d'actions réelles; par conséquent, point de sanction possible. Dans l'ordre physique : fatalité; fatalité; et, toujours : fatalité.
Avec , l'immatérialité des âmes ; les vies morales sont éternelles ; comme les âmes, bases de ces vies morales. Et , si <e qui est coniorme à la l'ulalilé, est rex])ressiuii de l'ordre
physique; ce qui est conforme à l'éternelle liberté, à l'éternelle raison, est l'expression de l'ordre moral. Dès lors , les actions , dérivant : des libertés, des raisons; ou, plutôt, dérivant : des âmes unies à des organismes , constituant liberté , raison ; les actions, dis-je, ont une sanction : conforme, à l'éternellfe raison. Et, les actions, commises dans cette vie, qui n'auront point été punies ou récompensées dans cette même vie ; seront, punies ou récompensées, dans une vie à venir ; comme, le bien-être et le mal-être, éprouvés dans cette présente vie; sont la sanction : des actions commises, dans des vies antérieures.
L'ordre moral; dès, qu'il est démontré exister en réalité; se trouve ètn^, nécessairement : l'harmonie éternelle :