CEUX QUI SONT ATTENTIFS
Nous prions nos lecteurs : d'examiner, sévèrement, ce qui va suivre. La société nouvelle, la société désormais nécessaire, va s'y trouver exposée, quant à ce qui concerne : l'organisation de la richesse; l'organisation de la propriété; et, l'impôt, revenu social, qui doit en résulter.
' « Les philanthropes sont insensibles à la misère du prolétaire français, au dénûment de l'ouvrier qui habite le même toit qu'eux; mais aussitôt qu'aux antipodes quelques iniquités se commettent, oh! alors leurs passions s'exaltent, l'humanité qui souffre au bout du monde leur parait bien plus digne de pitié que celle qui languit dans leur propre patrie. » L.-N. Bonaparte,
— "C'est, parfaitement apprécié. Vojezle succès : de I'Oncle Tom. ■>
Commentaire du Sens commun.
— « Par l'impôt foncier, vous faites renchérir le pain et la viande du peuple. »
M. Thiers, de la Propriété.
Tout produit, toute richesse proprement dite, toute chose utile, échangeable, transmissible, peut, sans exception aucune, être représentée : par du capital et du travail ; ou, par du travail et du capital. Ici, le mot capital renferme : et le sol; et les richesses acquises. Le sol, comme propriété, est même acquis : par le travail, par la prise de possession, en faisant abstraction : de juste et d'injuste (1).
Ainsi, tout produit primitif, toute propriété primitive, est une rémunération du travail; un salaire (2).
(1) .J'expose ici la valeur que je donne au mot capital : parce que, selon Rossi lui-même, il n'y a pas deux économistes qui soient d'accord : sur la valeur de cette expression. En traitant de l'économie politique, j'indiquerai les innombrables logomachies de cette prétendue science : qui est, aux sciences morales, ce que l'alchimie a été : aux sciences physiques.
(2) Il en est, du mot salaire; comme : du mot copilal. J'ai dû en déterminer la valeur : rémunération (ht travail.
Du moment que, dans un produit secondaire, nous distinguons la part du capital de la part du travail ; que devons-nous entendre : par cette distinction ?
Le capital, alors, est ce qui a déjà été nommé : du travail accumulé. Dans la circonstance actuelle, la valeur du mot capital sera mieux exprimée par l'expression : salaire accumulé. Ce salaire accumulé est : ce qui n'aura point été KÉCESSAiRE '. à la vic, à la conservation, au développement du travailleur : tant, pour le physique; que, pour le moral.
Ainsi, salaire accumulé équivaudra : à salaire passé; salaire, ayant plus que suffi : à l'actualité ; et, ce sera : ce qui se rapporte à cette source, dans chaque produit; qui constituera : la part du capital.
Le travail est alors : tout, ce qui agit sur le capital; et, la rémunération, de cette action proprement dite, (l)sera : du salaire actuel; du salaire devant servir : à la vie, àla conservation, au développement, etc., de celui qui agit réellement; en un mot : du travailleur.
Maintenant, comoie il faut être parfaitement clair; et, ne laisser aucun doute, sur la distinction pratique : entre salaire passé; et, salaire actuel; comment connaîtrons-nous le passage : d'un salaire, d'une chose, de Yétat actuel, h l'état passé,- et, réciproquement? Sans possibilité, de faire cette distinction ; nous n'avons rien de déterminé ; et, nécessairement, alors : nous restons dans le vague.
Nous venons de dire : que, le salutaire actuel doit servir : àla vie, à la conservation, au développement, etc., du
(1) Le travail, proprement dit, est exclusif à l'humanité. Si, le cheval, le bœuf, l'àne, etc., les machines, etc., travaillaient, d'une manière proprement et non figurément dite; ils seraient des hommes; ils a])partiendraient à l'humanité; et, en auraient tous les droits : ce qui serait l'anéantissement de tout droit, autre que la force. Nous verrons, ailleurs : que, toute l'économie politique, consacrant l'exploitation des masses, est basée : sur, des expressions figurées prises au propre; comme : la terre produit, sluVicm de fonclionne ; les chevaux /r«(«j//p»/, les machines travaillent, au lieu dc/onciionnent.
travailleur. Dès lors, toute chosC;, représentant le salaire, appartiendra : au salaire actuel; tant, "que le travailleur conservera cette même chose; ou, celle qu'il aura obtenue eu échange, pour sa conservation, ou pour sou travail, dans l'état où elle se trouve. Mais, du moment qu'il s'en servira : pour la transformer en un nouveau produit; au moyen de son travail ou du travail d'autrui; celte chose, qui appartenait au salaire actuel, pourra passer à l'état de salaire passé : selon, que cette chose sera, oui ou non, en sus des besoins relatifs : à la conservation, au développement, etc., de son propriétaire. Si, alors, la chose transformée passe à l'état de salaire passé; elle contiendra : une part relative au salaire actuel. Et, le tout redeviendra même salaire actuel : si, le tout est nécessaire : à la vie, au développement, aux jouissances eniin : du travailleur.
Ainsi, un même capital peut appartenir : soit au salaire passé; soit au salaire actuel ; selon l'individu, qui en a la propriété. Un sac de blé, s'il dépasse ce qui appartient au salaire actuel du fermier, fera partie du salaire passé. Dès, que ce même sac est donné à un charretier, etc., comme salaire; ce sac devient salaire actuel, dans les mains de l'ouvrier. En repassant entre les mains d'un marchand : une partie de ce sac deviendra salaire actuel, pour le travail du marchand; et, l'autre partie, salaire passé; comme, ayant été échangée avec du capital : salaire passé.
Eésumons : par un exemple relatif à notre société actuelle.
Le capital du propriétaire, dépassant ce qiii est nécessaire à ses besoins; est, du salaire passé.
Le capital du prolétaire, est toujours du salaire actuel ; et, reste tel, dans ses mains; tant, que le prolétaire ne passe point : à l'état de propriétaire (1).
(1) Quand je traiterai de l'économie politique, la dislinction, entre le propriétaire et le prolétaire, sera parfaitement déterminée; et, rapportée à
Quand, dans la société nouvelle, il n'y aura plus de prolélaires ; et, que tous seront propr/éfaiVes ; la quantité de capital qu'un individu devra posséder : pour, que ce même capital appartienne au salaire actuel; et^ ne puisse être frappé 2)ar l'impôt; sera socialement déterminée : toujours, par le rapport de la richesse sociale à la population. Ce qui dépassera, appartiendra au salaire passé ; et, son propriétaire prendra le nom : de capitaliste.
Maintenant, nous distinguons parfaitement : ce qui doit être nommé salaire actuel; de ce qui doit être nommé : salaire passe.
Avançons.
— Qu'est-ce que l'impôt?
— C'est le revenu social.
— L'impôt doit-il ètie prélevé :
1" Tout entier sur le salaire passé; c'est-à-dire : sur le propriétaire capitaliste; ou mieux : sur la richesse?
2" Tout entier sur le salaire actuel; c'cst-à dire : sur le travail; ou mieux : sur le travailleur?
.3° Ou bien : partie sur le salaire passé; c'est-à-dire : sur la richesse ; et, partie sur le salaire actuel ; c'est-à-dire : sur le travailleur?
— C'est, ce que nous allons examiner : après avoir fait remarquer : qu'il ny a point de quatrième alternative.
« L'impôt i)oiT-il être prcleié, tout entier, sur le salaire « passé; c est-à-dire : sur le propriétaire capitaliste; ou " mieux : sur la richesse P »
des chiffres dérivant : du rapport de la population, à la richesse sociale. Celte distinction est alsolument nicessaire : pour ne point parler sans rien dire. Jusqu'à présent, lesexprcssions,y;/o/;/((7fl<?e et ptolcluiie^onl été vides de sens. Mais, je ne puis tout dire à.la l'ois. Le Itcleur supposera : que, la distinction, entre le propriétaire et le prolétaire, Cbt déjà : |)arfailcmjnt claire.
Pour résoudre cette question, il faudrait : qu'elle fût mieux déterminée; et, c'est à dessein : que, nous y avons laissé une indétermination; celle-ci se rapporte : au mot doit. Ce doit: est-il absolu ou relatif? Appartient-il à l'humanité, sans distinction d'époque ? ou bien, se rapporte-t-il : à l'époque d'ignorance, sur la réalité du droit ; ou, à l'époque de connaissance? Il est nécessaire de le savoir : si, la solution ne doit pas être : aussi indéterminée que le problème. D'abord, éclaircissons ce point.
La base de l'ordre, la base du droit, est essentiellement une sanction religieuse : soit démontrée; soit hypothétique ; mais, socialement acceptée : comme réelle.
L'époque d'ignorance, sur la réalité du droit, n'a de base d'ordre possible : qu'une sanction religieuse hypothétique; et, l'époque de connaissance a pour base d'ordre : la sanction religieuse, rationnellement et incontestablement démontrée.
Et, ici, nous faisons remarquer très-particulièrement : que , la théorie générale de I'impot mis en rapport avec l'ordre ; repose exclusivement : sur les données relatives aux sanctions religieuses, socialement admises; hors lesquelles, il n'y a pas d'ordre, plus qu éphémère : possible. Ceux, qui n'acceptent point ces données ; ne doivent pas nous lire. A quoi bon, étudier des ouvrages mathématiques; quand, on n'accepte pas : que, l'unité n'est pas : plus ou moins un; mais, viii ni plus ni moins? Prétendre, alors, pouvoir arriver : à concevoir la solution d'une intégrale ;' est absurde (1).
Maintenant, revenons à l'indétermination relative au mot
(1) Pour discuter utilement, il faut, préalablement : avoir un point de départ commun. Ce n'est point la logique qui manque aicx hommes, a dit Voltaire : c'kst, le point de départ. L'absence de ce point de départ, reconnue par Voltaire , démontre évidemment : l'ignorance sociale qui dure encore. Cette vérité admise, tout homme raisonnable devrait borner ses raisonnements à la proposition suivante : Je ne sais pas. Et cela, jusqu'à ce qu'il sache.
doit; et cela, pour prouver : que, nous ne roublions pas.
Néanmoins, et pour un moment, laissons-la de côté. Nous y reviendrons, quand ce sera nécessaire. Commençons, par faire usage : de ce que nous avons.
Pour résoudre notre question, dans l'état que nous venons de la concevoir, portons l'hypothèse dans ses dernières limites ; en supposant : que, l'impôt doit frapper sur le salaire passé; et, qu'il doit I'absorcer : tout e.ntier. C'est, le bon moyen de juger la question : puisque, ce qui peut le plus, peut le moins.
Dans ce cas : le sol, tout entier, appartient à l'État; c'està-dire : à la collectivité; et, sa rente à l'impôt, au revenu social.
Dans ce cas, encore : tout le capital, non relatif au salaire actuel, appartient à l'impôt ; moos, la partie : qui doit rester entre les mains des individus, comme excitant au travail; et, comme critérium matériel de mérite: partie, qui se trouve distribuée entre les familles : par suite, de l'organisation de la propriété.
Si, maiutenant, le revenu social que nous venons d'indiquer, comme dérivant de tout le sol et de la plus grande partie du capital acquis par les générations passées ; n'est point suffisant; le complément nécessaire, toujours dans notre hypothèse: que, Yimpôt doit porter exclusivement sur le salaire passée devra être pris : sur le capital, resté entre les mains des individus, comme appartenant : au salaire passé.
11 est évident : que, de cette manière; et, exclusivement de cette manière; rien, n'est prélevé : sur le salaire actuel; sur le travail; sur le travailleur. C'est clair : comme un est un.
Voyons, maintenant, quel sera, sur I'existence de l'ordre, vie sociale ; le résultat de cette manière de prélever l'impôt : et, pour l'époque d'ignorance, sur la réalité du droit ; et, pour l'époque de connaissance, sur cette même
réalité. Cest, seulement, de cette reclierclie ; que, pourra ressortir : ce qui doit être. Car, le devoir qui, socialement, domijne tous les ALTiiES ; c'cst : Texiste^sce dl l'ordre; I'existe.nce de la vie sociale.
Rapportons ce mode de prélever l'impôt : aux deux époques ; et, rappelons-nous :
« Que, l'époque d'ignorance sociale, sur la réalUé du « droit, n'a de bnse d'ordre : quime sanction religieuse « Injpolhélique; et, que l'époque de connaissance, a pour « base d'ordre : la sanction religieuse, rationnellement et « incontestablement démontrée. »
Si, ce mode de percevoir l'impôt : de manière, que rien ne puisse être prélevé sur le travail, est en rapport, avec une organisalion sociéiîe, basée sur une sanction religieuse hypothétique; chacun, pourra examiner l'hypothèse. Car, avec ce mode de prélever l'impôt, personne ne peut être exploité, nous venons de le voir; et, il suffit de ne pouvoir être exploité, pour pouvoir examiner. Or, partout où il y a pouvoir d'examiner; il y a certitude d'examen. Car, Tevamen n'est autre : que, le raisonnement sur son propre intérêt.
La sanction religieuse étant examinée, sera, dès lors : reconnue HYPOTHÉTi(>LE. Et, la basc sociale, une fois reconnue HYPOTHÉTIQUE ; la sauctiou religieuse, perd toute valeur sociale. Dès lors, la force, indépendante de cette sanction, reste seule : dominatrice.
Ce mode, de prélever l'impôt, tend ainsi : à détruire la base de l'organisiition sociale existante ; et, pour l'époque d'ignorance sociale, sur la réalité du droit; ce mode est ainsi : essentiel le.me.nt a^^archique (I).
(1) Je placera note, pour ne point encombrer le lexle de pareutlicses : ce, que j'ai dc'jà dit plii^ieurs fois ailleurs; et, ce que je voudrais pouvoir répéter mille fois :
Tous les économistes, sans exception, ne considèreut pas la sanction
Mais, si l'organisation sociale est Lase'e sur la sanction religieuse, scientifique ou nv cois test ablemeist démo:>- . TRÉE. Dans ce cas : l'instruction est essentiellement une ; et, reste nécessairement ujxe. Chacun, alors, ne choit plus, mais SAIT : que, l'organisation sociale est établie, dans son propre intérêt. Et, le prélèvement de l'impôt, conformément à ce qui est ordonné par la raison rendue incontestable, a pour résultat : l'ordre permaneîst, par le plls