‹ Science sociale (volume 3)Chapitre 24 sur 102 · HEREDITE PAR TESTAMENT · texte numérisé non relu

HEREDITE PAR TESTAMENT

« Un des signes les plus frappants que l'humanité ait fournis de sa grandeur, c'est d'avoir, par les lois civiles, donné h la pensée persistance et durée, même après que riiouime a disparu de la terre dans sa manifestation matérielle ; il n'y a rien, dans le droit civil des nations , de plus grand, de plus profond, de plus mystique, que le droit de testament. » M. Pierre Leroux.

— "Ce n'était pas sans raison que le droit romain unissait si profondément la puissance paternelle et la faculté de tester. »

Lerminier, Philos, du droit.

L'hérédité par testament est nécessaire à l'excitation au travail, premier moteur social.

A la vérité, cette hérédité teud continuellement : à diminuer la richesse collective; à augmenter les richesses individuelles; par conséquent à tendre vers le paupérisme des masses.

Mais, la société, qui seule protège l'organisation de la propriété et l'organisation de la famille, peut placer, sur cette espèce d'hérédité, un impôt aussi fort que possihle : pourvu qu'il ne porte point atteinte à l'excitation au travail.

Nous ne porterons cet impôt qu'à vingt-cinq pour cent.

Il est évident : que, celui qui héritera, par testament, d'une somme de 100,000 fr., ne croira point éprouver une injustice, en ne recevant que 75,000 fr.; quand il sait : que, lui-même a sa part dans toutes les successions pos.--ibles , faites par testament.

Donc :

Êlablissement, jmr la loi, d'un impôt de vingt-cinq pour cent sur toutes les successions par testament. Et enfin :

Déclaralion que le sol, une fois entré à la propriété collective, est IjValié^able.

Tel est, en fait d'organisation de propriété, le remède social, anéantissant le paupérisme, anéantissant toute espèce d'esclaYage : pourvu, que le joug de l'ignorance sociale, soit préalablement brisé.

— C'est facile à dire, vont s'écrier les prétendus conservateurs : appartenant à toutes les sectes possibles. Car, jusqu'ici, il n'en est pas une seule, qui ne veuille conserver la vieille société : soit le sachant ; soit sans le savoir.

Je vais prouver :

Que, les prétendus conservateurs, n'importe à quel drapeau ils appartiennent, sont tous : des destructeurs de l'ordre, des conservateurs d'anarchie; tandis que, moi : je suis destructeur d'anarchie ; et, conservateur, pour l'avenir, de l'ordre rétabli.

Pour faciliter nos preuves, énumérous les éléments de l'ordre; puis, examinons ces mêmes éléments mis eu rapport : avec l'entrée du sol à la propriété collective.

FmAKCES, EDUCATION ET IKSTRUCTIOX , AGRICULTURE, MANUFACTURE ET COMMERCE.

Finances.

Je commence par les finances ; parce qu'elles sont, à la vie collective, ce que le sang est à la vie individuelle.

De quelque magnificence, de quelque poésie que puisse être revêtue une théorie ; elle est toujours réductible aux Mille et une Nuits; si, elle n'est réellement réalisable. Voyons, ce qui peut se réaliser.

Le revenu du sol est, actuellement, d'environ dix-sept

cents millions. Voilà déjà, du moment que le sol appartient à la propriété collective, un assez joli budget de recette. Et, cette seule branche de revenu social peut être portée au QUADRUPLE : lorsquc l'agriculture, la production et la con-^ sommation : seront a leur maximum.

Les héritages ab intestat; lïmpôt sur les successions; et, les revenus des capitaux acquis par les générations passées, qui arrivent successivement à la propriété collective : sans jamais faire tort à qui que ce soit; sans nuire à l'excitation au travail; sans nuire aux propriétés individuelles; sans nuire à la famille: le tout joint au revenu du sol et à l'impôt sur la richesse mobilière; portent les finances à un tel point de splendeur : que, la société fera très -facilement et très-utilement crédit aux individus, sans jamais avoir à le demander. Simaginer : que, la société rationnelle peut demander le crédit aux individus, sera aussi ridicule alors, qu'il le serait actuellement de s'imaginer : qu'un père de famille doit demander le crédit, à ses enfants au maillot.

Ainsi, du côté des finances, pas l'ombre dune objection raisonnable.

A'oyons maintenant les résultats!

Aussi longtemps, que le sol est aliéné ; l'impôt, quelle que soit sa forme, de quelque manière qu'il paraisse peser sur la richesse, retombe toujours, et nécessairement: sur le travail. ÎS'ous l'avons prouvé : dans l'exposé de la théorie générale de l'impôt.

De là, l'existence nécessaire du paupérisme; et, en présence de l'incompressibilité de l'examen, l'existence néceS' saire des révolutions.

Du moment que le sol, par l'anéantissement de l'ignorance sociale, peut entrer à la propriété collective; l'impôt, quelle que soit sa forme, et quand même vous voudriez le placer sur le travail, retombe nécessairement: sur la richesse. Nous l'avons également prouvé: dansla'théorie générale de l'impôt.

32i SCIENCE SOCIALE.

De là, l'aiiéantissement nécessaire du paupérisme ; par conséquent : l'anéantissement des révolutions.

Aussi longtemps, que le sol est aliéné; le salaire est toujours et nécessairement: au plus bas possible; et, l'intérêt du capital: au plus haut possible. Car, alors, les travailleurs se font nécessairement concurrence, pour obtenir des possesseurs du capital : soit du travail, au plus bas prix possible; soit du capital, à l'intérêt le plus haut possible. C'est, linévitable résultat: de l'existence du paupérisme. Et, en présence de l'incompressibilité de l'examen, c'est une source continuelle: de révolutions.

Du moment, où le sol peut entrer à la propriété collective; le salaire est toujours, et nécessairement : au plus haut possible ; et, l'intérêt du capital : au plus bas possible. Car, alors, les capitalistes se font nécessairement concurrence pour offrir aux travailleurs : soit, du capital à l'intérêt le plus bas possible; soit, du travail au prix le plus haut possible. C'est, l'inévitable résultat : de l'anéantissement du paupérisme ; c'est, lanéantissement : de toute révolution (1}.

(1) J'aime à être aussi bref que possible dans le texte. Qu'il me soit permis, néanmoins, de donner un léger développement aune proposition essentielle.

Du moment : que. toute la dépense sociale pèse exclusivement sur la richesse; et, que rien ne pèse sur le travail; le travailleur travaille pour satisfaire tous ses besoins. Et, comme ses besoins sont développés, au maximum possible, par le complet développement de son intelligence; puis, comme son travail est complètement libre de tout impôt : la consommation générale se trouve au maximum possible des circonstances; et, par conséquent, la production générale. 11 est évident : que, dans ce cas, le prix du salaire, ou le salaire, est aussi au maximum possible : puisque, rien n'est prélevé sur le salaire; et, que l'intérêt du capital est, lui-même, au minimum possible. En effet : les capitaux a^ors, vont nécessairement se présenter|aux bras ; comme, actuellement, les bras vont se présenter aux capitau.t-. Actuellement, les bras, nécessairement aussi, vont se présenter aux capitaux. Actuellement , l'offre des bras, surpasse la demande. Alors, l'offre des capitaux surpasse la demande.

Il y a plus : le crédit, alors, se fait à l'individu ; et ne se fait plus au capital : parce qu'il y a concurrence, entre lÉtat et les individus, pour avancer au travailleur malheureux, et au plus faible intérêt possible,

Ainsi :

Anéantissemeut de tous les impôts actuellement existants ;

Élévation du revenu social, au maximum possible des circonstances ;

Élévation du salaire au maximum possible des circonstances ; et, par le seul effet de l'organisation de la propriété, sans qu'il soit besoin des utopies : du maximum légal du prix des produits; ni du minimum légal du prix des salaires ;

Abaissement de l'intérêt du capital au maximum possible des circonstances, et par le seul effet de l'organisation de la propriété : sans qu'il soit besoin de l'utopie du maximum légal de l'usure.

Tel est le résultat nécessaire de l'entrée du sol à la propriété collective, et quant aux finances : tant pour l'État que pour les individus.

le capital dont il a besoin. Ce fait serait ulopique, sous le matérialisme de l'époque. Mais, quand l'honnête homme n'est plus un sot , ce. qui existe dés que l'ignorance est évanouie ; ce même fait devient, aussi simple et aussi pratique : que, deux et deux font quatre.

Maintenant, remarquons bien et n'oublions jamais: qu'en présence del'ignorance socialesur la réalité du droit ; et, de l'incompressibilité de l'examen ; l'existence de l'humanité dépend :

1° Delà certitude, pour chacun : que, l'honnête homme n'est pas un sot : ce qui anéantit le paupérisme moral;

5" De l'entrée du sol à la propriété collective : ce qui anéantit le paupérisme matériel.

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